TITRE VIII. » PROTHÈSE CHIRURGICALE. 2H
De Vutiiitéde Pautoplastie dans les opérations contre le cancer. — Gomme moyen de prévenir ou de retarder la récidive des cancers, l'idée de M. Martinet, de la Creuse, a trouvé déjà des partisans distingués. Mais en y regardant de près, on voit qu'il est plus facile de trouver des opinions favorables que des observations probantes. En effet , la loi de récidive des cancers n'est pas assez nettement formulée, pour que Ton puisse savoir au juste en quoi un lambeau aûtoplastique ralentit ou prévient le retour d'un cancer là où il en a existé un.
Pour établir qu'une récidive a été plus lente, pour confirmer qu'elle a clé prévenue^ il faudrait savoir d'une manière certaine si, dans le cas particulier, il y aurait eu récidive sans tautoplastie^ il faudrait savoir à quelle époque la récidive aurait eu lieu sans l'autoplastie. Or, il suffit de poser ces questions, pour faire sentir qu'elles nç sont pas susceptibles d'une solution précise. Et dès lors l'affirmation qui suppose ces questions résolues est éminemment contestable.
Toutefois je possède des faits et j'ai publié lyie observation qui semble prouver que l'autoplastie a une influence retardatrice sur la reproduction sur place de tumeurs qui ont presque toutes les propriétés du cancer sans en avoir la nature. (Yoy. Bulletins de la Société de chirurgie^ séance du 45 février 4854.)
Immunité des lambeaux autoplastiques dans les cancers récidives surplace, — Comme pteuve de cette immunité, j'ai présenté à la Société de chirurgie dans la séance du 44 août 4850, un vieillard que j'avais opéré un an auparavant d'un cancer de la paupière inférieure en remplaçant la perte de substance par un lambeau emprunté à la joue. La récidive avait eu lieu, mais en respectant le lambeau aûtoplastique. J'enlevai de nouveau le bouton carcinomateux qui s'était reproduit à l'angle interne de l'œil, et la plaie de cette nouvelle opération se cicatrisa parfaitement.
Inconvénients du tissu inodulaire dans les lambeaux autoplastiques. — Je repousse l'emploi du tissu inodulaire dans les lambeaux autoplastiques par les motifs suivants :
4* Ce tissu est beaucoup plus sujet à s'ulcérer que le tissu cutané normal sous l'influence des causes d'ulcération qui agissent sur les lambeaux.
^ Alors même que sa tendance à la rétraction parait complètement satis- Taite, si l'on fait cesser en le détachant des parties subjaoentes la tension à laquelle il est soumis, on le voit souvent se rétractef de nouveau. Dans un cas de. bride cicatricielle énorme qui réunissait l'avant-bras au bras, je voulus utiliser le tissu de la cicatrice ; je passai sous le milieu de la bride un couteau au moyen duquel je la détachai de l'avant-bras ; mais, aussitôt que ce lambeau fut libre, il se rétracta tellement qu'il ne put servir que trè»*faiblement à recouvrir la plaie.
3* Enfin il arrive très^uvent qu'une bride épaisse ne peut pas être
Nous avons cherché, autant qu'il était en nous, à poser les principes de la construction et du mode d'action de ces appareils et à faire l'appréciation de ceux qui sont déjà connus. Nous croyons qu'il ne sera pas sans utilité de rappeler ici les points principaux qui font la base de ce trjAvail.
Apparwlla orttopédlqiiefl.
Je m'occuperai des appareils orthopédiques dans leurs rapports^ i* avec les indications ou le but général de leur emploi; 2* avec les forces ou puissances mises en jeu dans ces appareils; 3** avec la position des sujets soumis à Taction des appareils {station ou position couchée) ; 4* avec les influences que ces appareils exercent sur l'organisme (effets locaux^ effets généraux, résultats cliniques); 5** je placerai ici l'appréciation, comparative des appareils orthopédiques, eu égard à d'autres moyens de la chirurgie générale (ténotomie).
Des appareils orthopédiques eu égard à leurs indications. — Dans l'appréciation des appareils orthopédiques, nous comprendrons non-seulement les machines qui, depuis longtemps, sont regardées comme essentiellement dévolues à l'orthopédie, mais encore d'autres moyens susceptibles de remplir, en agissant mécaniquement, des indications évidemment orthopédiques. Ainsi, les appareils inamovibles, l'appareil plàtit\ certains appareils pour la réduction des luxations anciennes, etc., etc.
Il est inutile aujourd'hui de faire une démonstration en règle de l'utilité des appareils orthopédiques. Ceux qui, comme Wilson, ont eu la pei^^c de proscrire d'une manière générale ces appareils, n'avaient conçu à leur égard des préventions défavorables que parce qu'ils avaient mal obsené ou mal interprété les résultats de l'observation, ou bien parce qu'ils avaient été témoins d'applications vicieuses des appareils orthopédiques. D est dans la destinée des 'moyens les meilleurs de provoquer des exclusions de cette nature , quand ils ont été l'objet de quelques contre-sens dans leur application. C'est ainsi que des pressions exercées sur le bassin de sujets rachitiqués, ont pu y développer des vices de conformation duâ à l'impéritie de ceux qui dirigeaient le traitement: c'est ainsi que, plus d'une fois, on a substitué à une déviation moindre, une déviation plus grande, ou qu'enfin on a même déterminé des accidents d'une nature tout à fait grave, soit par exagération dans le degré d'intensité des moyens, soit par l'inopportunité de leur emploi.
On devra donc apporter l'attention la plus scrupuleuse dans la recherche des indications,, et se rappeler que l'on peut aggraver, de la manière la plus fâcheuse, l'état des malades que l'on soumettrait mal à propos a l'action des appareils orthopédiques. Est- il besoin de rappeler tout ce qu'il y a d'irrationnel et d'abusif dans la direction d'un traitement orihopédi-