‹ Traité clinique et pratique des opérations chirurgicales (volume 2)Chapitre 106 sur 141 · TITRE VIII. — PROTHÈSE CHIRURGICALE. 21 R · texte numérisé non relu

TITRE VIII. — PROTHÈSE CHIRURGICALE. 21 R

que, confié à d'autres mains qu'à celles des hommes qui ont une connaissance vraiment médicale de l'organisme et de ses maladies ?

Il est si vrai que c'est seulement entre les mains des méAecins que l'emploi des appareils orthopédiques peut être véritablement fructueux et sûrementinoffensif pour les malades, que souvent Ton n*a encore rempli qu'une partie de la tâche, quand on a déjà résolu des problèmes très-délicats relativement à l'appropriation des moyens à chaque cas particulier, et qu'il faut encore tenir compte d'une foule de considérations relatives à l'âge, au sexe, aux tempéraments, et à des maladies qui coexistent avec la lésion orthopédique (qu'on me passe l'expression), et dont l'existence actuelle, ou le germe, ne peut être soupçonné et reconnu que par le médecin.

Redresser les parties du corps qui sont déviéeSy telle est l'indication la plus générale des appareils orthopédiques.

Ces appareils doivent leur principale puissance à ce qu'ils agissent : i"* avec une continuité plus constante que celle de beaucoup d'autres appareils de clyrurgie, 2" avec une graduabilité d'action qui permet de lutter d'une manière progressive en gagnant toujours du terrain, au fur et à mesure de la rétrocession des obstacles. On peut donc dire, d'une manière générale, qu'ils sont indiqués toutes les fois qvi'il s'agit de pro* duire sur nos oignes, en vue.de détruire une déviation, une action mécanique continue et graduée. Ainsi, par exemple, s'agit-il d'imiter ce fait si souvent reproduit dans l'organisme, de la dépression et de l'atrophie du système osseux, par une pression longtemps continuée, les appareils orthopédiques sont indiqués. S'agit-il de produire sur le même système un allongement dont nous voyons encore de fréquents exemples dans l'influence (les causes purement mécaniques, l'indication est encore évidente.

Ce n'est pas seulement pour des déviations purement osseuses, que sont employés les appareils orthopédiques, c'est aussi pour des états particuliers aux organes musculaires et ligamenteux. En ce qui regarde les muscles, les appareils orthopédiques peuvent avoir pour objet de remédier : i* à leur état de contracture qu'il ne faut pas confondre avec une rigidité purement spafanodique'j^" à une faiblesse relative qui nécessite l'action auxiliaire de certains appareils; 3** enfin, à un état de paralysie confirmée dans lequel une puissance artificielle doit subvenir à l'absence complète des fonctions. Quant aux tissus ligamenteux (ligaments normaux rétractés, ligaments de formation npuvelle, brides, tissu inodulaire), ils peuvent aussi comporter l'application des appareils.

Parmi les circonstances formant contre-indication absolue à l'emploi des appareils orthopédiques, nous devons mentionner les dispositions organiques telles que l'action des appareils ne peut détruire la difformité existante, qu'en lui substituant une lésion plus fâcheuse. Ainsi, lorsque, dans certaines ankyloses très^anciennes, la configuration des surfaces a été altérée à on point tel qu'on ne peut détruire l'ankylose qu'en produisant une

luxation, il ne faut pas recourir à l'emploi des .appareils; d'autres contreindications naissent de certains états morbides du système osseux et des articulations : famollissement, inflammations, destraction partieUe, mal de Pott ; certaines ankyloses, certaines cicatrices, etc.

U y aurait ici, sans aucun doute, des considérations neures et importantes à exposer sur la question de l'âge des sujets auxquels peut ôtre faite l'application des appareils orthopédiques : cette question, que je formulerai en ces termes : de l'âge dans ses rapports avec Vapplicatùm des «ppareils orthopédiques^ devrait comprendre ce qui a trait aux limites eo deçà et au delà desquelles ne doit pas être faite Tapplication des appareils; la question de savoir, si, dans certaines difformités, il n'est pis convenable de temporiser et d'attendre telle ou telle époque de la vie o(irant plus de chances pour le succès des moyens mécaniques; ce qu'exigent de modifications appropriées à l'âge, la construction et le mode d'application des appareils, la durée de cette application, le degré d'intensité d'action, les lieux d'application, etc., etc. On comprendra que les détails d'une pareille question, et de tant d'Autres, que je me bornerai aussi à indiquer, m'entrdneraient bien au delà des limites que comporte la nature de cet ouvrage.

La question des âges se présenterait même ici sous divers aspects à cause des changements profonds que le travail si curieux et si complexe de l'ossification amène dans la structure, dans la résistance, dans les connexions des os ; car, pour le système osseux, l'âge, ce n'est pas seulement, comme pour d'autres organes, une série de changements dans les dimensions, e'esi encore une succession de phases dans lesquelles' la nature même de ^o^ gane change complètement, témoin les parties cartilagineuses qui sont remplacées^ par du tissu osseux, et le fait si capital de la soudure des épiphyses.

Des forces employées dans les appareils orthopédiques, — Nous étudierons sucoessivement, 1"* la nature des forces (à action constante^ à action variable)'^ 2" le caractère des forces {dans certains cas y jeu continu^ dam dt autres^ jeu intermittent); 3^ la direction des forces {perpendiculaires, obliques) ; 4" le degré d'intensité des forces {et ici l'importante question de la graduation des efforts); 5^ la manière d'agir des forces par traction, par pression); 6* le lieu d'application des forces; 7** le mode d'application des forces; 8° la déperdition des forces {frottement y décomposition par obliquité de direction^ par extensibilité des parties qui transmettent le mouvement).

Nature des forces employées en orthopédie*

i I*'. La Pesanteur. — L'action de la pesanteur, dans les appareils orthopédiques, peut s'exercer par deux mécanismes différents : tantôt, ce sont

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