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TITRE VIIL — PROTHÈSE CHIRURGICALE

des poids qui, suspendus à des liens fixés sur le malade, produisent un effort de traction en rapport avec leur masse; tantôt, c'est le poids du corps lui-même qui devient l'agent de tension.

Les poids ont cet avantage qu'ils agissent d'une manière constante, et qu'étant susceptibles de se laisser soulever par un effort du malade, ils n'ont pas le mode d'action des forces à tension fixe dont la résistance invincible peut avoir, dans le, cas d'un mouvement brusque, des conséquences filcheuses; mais ils ont cet inconvénient que, soulevés par un mouvement subit, ils peuvent, en retombant avec la rapidité que leur imprime la pesanteur, déterminer un surcroît d'action nuisible. 11 faut ensuite, dans l'application des poids aux machines orthopédiques^ faire attention que leur action conserve la même intensité pendant toute la durée de leur application, et qu'il ne faut pas compter sur un amoindrissement dans l'effort primitif de traction, comme cela a lieu dans l'emploi des ressorts, dont le degré de tension diminue au fur et à mesure du résultat qu'il produit. C'est ce qui montre qu'il faut toujours, dans l'application de ce genre de force (les poids), redoubler de précautions pour ne pas excéder la limite.

Quant aux divers modes suivant lesquels on peut augmenter d'une manière progressive l'intensité d'action de ce genre de force, voici en quoi ils consistent : i* on peut augmenter la masse des poids; ^ on peut, quand les poids reposent sur un plan incliné, augmenter l'inclinaison du plan ; 3* enfin, on peut augmenter la longueur du levier auquel ils sont suspendus.

i II. L'éloÈtieité, — C'est au moyen des pièces d'appareils appelées ressorts, que l'on met en jeu cette propriété dans les appareils orthopédiques. Ces ressorts sont souvent le meilleur moyen d'action soit qu'ils aient* pour effet d'exercer une pression ou de produire une traction, car, dans l'un comme dans l'autre cas, ils proportionnent, d'une manière en quelque sorte intelligente, leur action au degré de la résistance à combattre, tandis que l'action des autres forces se maintient toujours la même. Toutefois, les ressorts cédant toujours dans certaines limites conviennent peu (>our surmonter une résistance considérable et continue. Les appareils inflexibles sont alors plus utiles. Leur élasticité rend de grands services dans les cas où, en raison de la structure des parties, une force constante serait intolérable et nuisible aux organes.

Les ressorts que l'on doit préférer, dans la construction des appareils orthopédiques, sont ceux qui n'offrent ni trop de raideur ni trop de souplesse ; dans le premier cas, ils fatiguent par leur dureté, dans le second, ils n'offrent qu'une action impuissante.

{ III. Farces à tension fixe, — Ce sont celles qui résultent de manivelles à enctiqnetage, ou de vis^ qui, arrêtées à un point, ne permettent pas le plu» léger changement dnns le degré de tension. L'action de ces forces

doit à son unirormité parfaite cet avantage qu'elle ne laisse pas un seul instant de relâche, pendant toute la durée de l'application ; mais cei avantage est, dans certains cas, plus que compensé par un inconv^ient grave que voici : si, sous Tinfluence d'une cause quelconque, le malade se livre à un brusque mouvement volontaire ou involontaire, des désordres fâcheux peuvent en être la conséquence.

Direction des forces. — D'après les principes les plus élémentaires de mécanique, la direction la meilleure pour les forces serait toujours la perpendiculaire abaissée sur le levier à mouvoir: mais, par suite ^e la conformation des parties et de leurs connexions, on est souvent obligé de manquer à cette règle, et de faire agir les forces dans une direction plus ou moins oblique.

Du degré d'intensité des forces. — Nous poserons ici une règle d'appréciation qui a quelque actualité, dans un temps où l'on n'a pas craint d'appliquer au corps de l'homme, des puissances d'une intensité d'action vraiment dangereuse : cette règle, cest qu'on doit proscrire tout appareil capable de déterminer des solutions de continuité .des tissus vivants, en donnant lieu soit à la déchirure des parties molles, soit à la fracture des parties osseuses. Quand bien même des moyens de cette nature produiraient quelque résultat orthopédique favorable, quelle compensation poui^ raient-ils offrir, en échange des dangers qu'ils font courir aux malades, dangers dont on a été témoin plus d'une fois?

On peut encore prendre pour règle, dans l'appréciation de l'intensité des forces, qu'elles doivent toujours plutôt rester au-dessous de ce qui est rigoureusement nécessaire que de dépasser la limite maximum.

Quant à la limite d'intensité, elle ne saurait être déterminée d^ine manière générale; c*est là qu'il convient d'avoir égard à l'âge, au sexe, au tempérament, à.-Vétat de susceptibilité plus ou moins marquée des parties du corps sur lesquelles on agira : ainsi, par exemple, chez l'enfanU chez les sujets lytnphatiques, à ligaments plus ou moins relâchés et a muscles débiles, on devra modérer avec prudence l'intensité d'action des forces.

Un autre fait qui taache, de la manière la plus directe, à l'action des appareils orthopédiques, c'est la graduation dans Tintensité dos efforts produits; tel effort qui ne saurait cire supporté s'il se produit d'une manière instantanée, pourra être porté au double et au triple s'il est accru d'une manière lente et graduelle : c'est ainsi qu'en mettant de suite en jeu toutes les brisures de certains appareils, on se trouve bientôt forcé d'en cesser l'emploi, tandis que cela n'existe pas, quand on les fait agir successivement et en quelque sorte une à une.

Il y a donc ici un principe, celui de la graduation d'action des appareils.

De la manière d'agir des forces. — On peut rattacher à deux modes toutes les formes, excessivement variées, que peuvent revêtir dans

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