ÉCRASEMENT DES ARTÈRES
A oici d'abord le résultat des expériences que j'ai faites, le 20 octobre 1854, avec MM. Parisot, Luys et André, sûr la section des artères au moyen de l'écrasement linéaire.
En agissant sur des artères trop petites et isolées, j'ai remarqué qu'elles se coupaient mal avec l'écraseur. De plus la tunique externe est tellement élastique, qu'après l'écrasement des tuniques internes, elle s'étire dans la canule de l'écraseur, de telle sorte qu'on peut épuiser la course des crémaillères sans que la tunique celluleuse soit divisée.
Ces faits tendent à prouver que l'écraseur ne pourrait remplacer l'action de la ligature pour des artères petites et isolées, tandis que, lorsqu'il agit sur des tissus en masse, il remplace parfaitement l'action de la ligature.
Le 22 octobre 1854, les artères carotides ont été détachées sur le cadavre d'un vieillard, dans le même hôpital et devant les mêmes personnes que ci-dessus, et nous avons fait l'expérience suivante :
A Tune des extrémités du tube artériel on place une canule à insufflation ; on fixe, au moyen d'une ligature, l'artère sur la canule ; après quoi on pratique l'insufflation pour s'assurer que l'artère est bien perméable.
Le vaisseau est alors engagé dans la chaîne de l'écraseur que l'on met en mouvement et qui le divise complètement. Immédiatement après, on insuffle très-fortement la carotide sans pouvoir rompre l'obstacle qui résulte de l'accolement de la tunique celluleuse à elle-même et du tanipon formé par les deux tuniques internes. Il est indispensable pour la réussite de ce genre d'expériences que les artères soient fraîchement retirées du cadavre et que la celluleuse n'ait pas eu le temps de se dessécher.
Dans des expériences faites à l'abattoir de Grenelle, le i*' octobre 1854, avec un vétérinaire fort instruit, M. Charlier, nous avons constaté que la chaîne de l'écraseur passée sous la carotide d'un mouton, après la mise à nu de cette artère, permettait d'en opérer la section sans donner lieu à aucune hémorrbagie.
La section des artères ovariques de la vache, faite par le même procédé, a donné lieu aux mêmes résultats.