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CAUTÉRISATION DES ARTÈRES

Les divers agents de cautérisation ont été appliqués au tissu artériel dans un but hémostatique.

('eux des caustiques chimiques qui sont les mieux appropriés à ce genre de cautérisation sont les caustiques appelés coagulants.

Mais c'est surtout le cautère actuel qui a été longtemps et qui est encore dans certains cas le moyeu hémostatique que le chirurgien préfère. — Personne n'a plus recours aujourd'hui au cautère actuel comme moyen hémostatique à la suite des amputations ; mais loi^squ'on pratique l'ablation de certaines tumeurs cancéreuses ou de mauvaise nature, on se sert du

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plaie quelle est l'artère qui a fourni rhémorrhagie, nous avons cm pouvoir, en raison de la situation et de la profondeur de cette plaie, ainsi que du volume du jet artériel et de sa projection à une grande distance, attribuer riiémorrhagie à la terminaison de la radiale dans la paume de U main, au moment oti elle vient de franchir Tespaee inter-osseux pour former l'arcade palmaire profonde. Le seul vaisseau artériel qui, à défaut de U radiale elle-même, aurait pu fournir une pareille hémorrhagie, est un rameau qui, sous le nom de radio- palmaire, se détache de la radiale à quelques travers de doigt au dessus du poignet et vient se placer dans la région thénar pour s'anastomoser avec l'arcade palmaire superficielle venant de la cubitale ; or, ce rameau est beaucoup trop faible pour donner lieu à une hémorrhagie inquiétante. Nous croyons donc pouvoir persister à regarder l'arcade palmaire profonde comme étant celle qui a été aUeiote.

On sait qu'il est de règle en chirurgie que, quand une plaie d'artère e^t récente et quand l'inflammation ne s'est pas encore développée, de chercher dans la plaie même les deux bouts du vaisseau divisé, afin d'appliquer ime double ligature. C'est ce que j'ai fait en 1842 à l'hôpital Cochin pour une plaie récente de l'artère cubitale un peu au dessus du poignet et au moment où l'hémorrhagie donnait encore. Pourquoi donc la même conduite n'at-elle pas été suivie à Fégard du malade dont il vient d'être question ? Cela tient à une distinction qu'on doit établir entre les plaies des artères de troisième ou de quatrième ordre et celles des artères volumineuses.

Si l'artère blessée eût été une brachiale, la blessure ne datant que de U veille, alors même qu'il n'y eût pas eu retour de l'hémorrhagie, la plaie eiU été mise à découvert et la recherche du vaisseau eût été faite immédiatement afin que l'on pût appliquer une ligature sur les deux bouts du vaisseau. En effet, l'inflammation n'ayant point encore eu le temps de se développer, et de grandes probabilités existant que la compression serait un moyen suffisant pour arrêter définitivement l'hémorrhagie, il eût été peu rationnel en présence d'un retour aussi présumable de cet accident, de s'exposer à être obligé de faire la recherche et la ligature de l'artère au milieu de tissus altérés par l'inflammation, mais, pour une artère du volume de la radiale à sa terminaison, l'observation a appris qu'il y a de nombreuses chances d'une suspension définitive de l'hémorrhagie par suite d'une compression

bien faite.

Supposons maintenant que l'hémorrhagie se fût reproduite au bout de quelques jours, et alors que l'inflammation eût créé des obstacles à ce que la ligature fût faite dans la plaie même ; j'aurais procédé inmiédiutement à la ligature de la radiale au dessus du poignet, après m'être assuré que la compression de cette artère, faite momentanément avec les doigts, pouvait arrêter sur le champ l'hémorrhagie. C'est là une sorte de réactif qui fait connaître si l'hémorrhagie vient particulièrement de la radiale ou de la cubitale et qui indique celle des deux artères que l'on doit lier d'abord.

ACUPRESSURE DES ARTÈRES. 309

Dans les hémorrbagies de la main, il en est qui peuvent être entretenues à la fois par Tune et par l'autre de ces deux artères à raison des anastomoses nombreuses qu'elles ont entre elles. Cependant nous croyons pouvoir avancer que le plus habituellement c'est une seule de ces artères qui alimente ia source hémorrhagique. Le moyen de discerner celle des deux artères qui est dans ce cas, c'est de comprimer alternativement chacune d'elles et de reconnaître celle dont la compression suspend Thémorrhagie.

Quant à lever le pansement, dans le cas pailiculier, c'eût été ôter au malade la possibilité de guérir par une simple compression qui a agi de la manière la plus heureuse.

C'est donc une règle pour nous que, quand à la suite de la plaie d'une artère du volume de la radiale à sa terminaison, l'hémorrhagie s'est arrêtée sous l'influence d'un appareil compressif bien appliqué, il ne faut point toucher à cet appareil, parce qu'il y a des chances d'une suspension définitive de l'hémorrhagie par la simple compression ; que si au contraire l'artère est plus volumineuse, ces chances favorables devenant beaucoup moindres, temporiser en pareil casserait perdre un temps précieux, puisqu'à une plaie récente et non enflammée, très-favorable par conséquent pour le placement d'une ligature, on attendrait qu'il se fût substitué une plaie dans des conditions inflammatoires, c'est-à-dire, avec friabilité des tissus et menace d'une section de l'artère sous la ligature.

Ce moyen hémostatique dont l'invention est due au professeur Simpson u été employé en France par un de nos excellents collègues des hôpitaux, M. Foucher, qui, dans une lettre adressée à l'Académie de médecine, a fait connaître ses opinions au sujet de cette méthode.

Il a employé l'acupressure dans trois cas d'amputation.

Chez un premier malade atteint d'une tumeur blanche tibio-tarsienne, l'amputation fut pratiquée au dessus des malléoles. Trois aiguilles furent appliquées sur les artères tibiales antérieure et postérieure, et sur l'interosseusc. — L'écoulemcnt'sanguin cessa aussitôt, et au bout de trois quarts d'heure, on réunit la plaie au moyen de la suture entortillée. On retira dès le deuxième jour l'aiguille qui comprimait l'artère tibiale antérieure, les autres ne furent enlevées que le troisième jour. La réunion par première intention se fît pour les deux tiers externes de la plaie, mais le tiers interne fournit une suppuration qui, bien que peu abondante, se prolongea assez longtemps. Cependant on espérait obtenir la guérison, lorsqu'au trentième jour le malade succomba à une infection purulente.

Dans le deuxième cas, l'amputation nécessitée par un écrasement du pied fut encore pratiquée au dessus des malléoles. Quatre aiguilles à ucuprcssure furent appliquées sur les artères tibiales antérieure et posté-

rieure, sur l'inter-osseuse et la péronière. L'écoulement sanguin cesû aussitôt, et une demi-heure après, on put faire la réunion au moyen de It suture entortillée.

Dans la Quit frissons, agitation, délire. Le lendemain, rougeur, tuméfaction, et emphysème du moignon. -— Aggravation des accidents généraux ; augmentation de la tuméfaction locale ; teinte violacée du moignon, écoulement roussâtre, sanieux et fétide, et dès le neuvième jour, morl. <- Les aiguilles à acupressure n'ont pas été enlevées.

A l'autopsie, on constata que chaque artère contenait un caillot deose au dessus du point comprimé, que les parois artérielles étaient intactes eo ce point, que les artères tibiales antérieure et postérieure étaient ossifiées et que leurs tuniques n'auraient probablement pas résisté à la striction exercée par une ligature. L'acupressure avait cependant suffi pour arrêter l'écoulement sanguin fourni par ces artères.

Le troisième cas est relatif à une vieille femme de Thospice des Incurables qui fut amputée de la cuisse vers le milieu du mois de mai 1860. M. Foucher ne songea pas alors à employer l'acupressure, mais lorsqu'il voulut appliquer un fil sur l'artère fémorale, les parois indurées et friables se rompirent à deux reprises ; il passa sdors au dessous de l'artère une forte aiguille ordinaire, et l'écoulement sanguin s'arrêta aussitôt. La malade a parfaitement guéri.

Enfin notre collègue signale deux cas de plaies artérielles, l'une de l'artère temporale et l'autre de la radiale, dans lesquelles l'aiguille à acupressure a suffi pour arrêter l'hémorrhagie sans déterminer le moindre accident.

On voit par ces faits que dans aucun cas l'acupressure n'a été suivie d'hémorrbagie soit primitive, soit consécutive. La terminaison fatale ne doit pas, selon M. Foucher, être attribuée au moyen hémostatique employé.

Dans le premier cas, les aiguilles étaient enlevées depuis vingt-deux jours lorsque arriva l'infection purulente qu'on a pu attribuer à l'osléomyélite du tibia. Dans le deuxième cas, Tinfiltration sanguine trouvée dans les muscles du mollet indiquait assez nettement une contusion des parties molles de la jambe, ce qui explique très-bien les accidents locaux qui se manifestèrent.

Toutefois on ne saurait conclure des observations qui précèdent que l'acupressure, en tant que moyen hémostatique, soit préférable à la ligature dans tous les cas.

L'acupressure constitue un moyen hémostatique efficace, dont le chimrgien tirera grand profit dans certaines circonstances, comme dans les cas d'artères ossifiées ou à parois indurées et friables. Ce moyen ne mol pas plus que la ligature à l'abri des accidents inflammatoires et de la suppuration.

L*appIicaiioii de racupressure offrant quelquefois d'assez grandes difficultés et ses avantages n'étant pas évidents, il n'y a pas de raison pour la substituer à un moyen aussi généralement utile que la ligature.

Artérlotomle.

A diverses époques de la science, on avait cru pouvoir proposer de pratiquer la saignée par section des artères. Ce moyen thérapeutique nous parait devoir être péremptoirement repoussé comme pouvant donner lieu soit à des hémorrhagies, soit à des anévrysmes, soit enfin à quelque chose de plus grave encore que Tanévrysme, à la dilatation variqueuse de toute une région artérielle.

SECTION II

OPÉRATIONS QUI SE PRATIQUENT SUR LE SYSTÈME

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