AMPUTATIONS RETARDÉES
A dater du 1 5 juin, la malade put commencer à se lever et & faire usage d'une jambe à pilon. Les forces revinrent rapidement, et le 5 juillet la malade sortit presque entièrement guérie. La surface du moignon était complètement cicatrisée, de forme un peu conique.
Le procédé dont il vient d*être question se trouve décrit dans le Moniteur des Hôpitaux, numéro du 10 décembre 1857.
Amputation des membres par l'écrasement linéaire.
Je n'ai point encore pratiqué sur l'homme 1 amputation des membres par l'écrasement linéaire. Quelles que soient mes convictions en faveur d'un mode opératoire qui pour la division des tissus mous donne constamment des résultats favorables, je n'ai pas cru pouvcrir me permettre d'exposer la vie des malades dans des tentatives qui doivent être préparées de longue main par de nombreuses expériences sur les animaux.
C'est donc sur les animaux seulement que j'ai pratiqué les amputations par écrasement linéaire.
Le mode opératoire que j'ai suivi est très-simple. II consiste à traverser toute l'épaisseur du membre au moyen d'un trocart qui va raser l'os. — La chaîne d'un écraseur substituée à la canule du trocart permet de diviser en une seule fois toute une moitié de l'épaisseur du membre. — Au moyen du même trocart dont la pointe contourne celle des deux faces de l'os qui n'a pas encore été mise à découvert, on passe une chaîne destinée à diviser la seconde moitié de l'épaisseur du membre. — Après quoi l'os est sectionné avec la scie à chaîne.
Des amputations différées ou de la retardatlon des amputations dites
primitiTes.
Parmi les avantages du pansement par occlusion, il faut noter que dans les lésions traumatiques les plus graves, ce mode de pansement fait éviter des amputations naguère encore considérées comme indispensables et que dans les cas où leur nécessité est de prime abord évidente, il permet de ne les mettre à exécution que tardivement.
Arriver au moyen d'une méthode facile et simple à franchir sans accidents, presque sans fièvre, les premières périodes du traumatisme ; transformer ainsi d'emblée la forme suraiguê ou celle des affections chroniques pour lesquelles les amputations sont généralement couronnées de succès, ne serait-ce point réaliser un de ces progrès sérieux et féconds qui portent tôt ou tard leurs- fmits ?
La méthode de l'occlusion nous permet donc :
1^ De formuler l'interdiction absolue de certaines amputations pour cause traumatique, les amputations des doigts par exemple ;
2"" D'établir sur des bases plus solides que ne l'ont jamais fait les longues et stériles discussions do Faure et de Boucher, ainsi que de leurs continua-
teun, le principe de la ret»p«»ttoH des am»Htetl«m jusqu'au vmm\ où elles peuvent se pratiquer fevec des chances de succès presque «asiirées.
Pour se convaincre de la réalité de cette assertion, il suffit de faire k raisonnement suivant : Tout chirurgien expérimenté ne convienl-il pas qu'ayant à choisir entre une amputation pour lésion récente et une arajHïtalion pour maladie chronique, il préfère de beaucoup la seconde, eu égard aux chances de succès ? S'agit-il de formuler par des chiffres puisés aux statistiques les plus exactes la proportion comparative des succès dans les deux cas, il dira que les chances favorables dans Tétai chronique compah à rétat aigu sont dans la proportion de 8 contre i ?
Si alors vous demandez comment il se fait qu'après avoir adopté un pareil point de départ on se dérobe à sa conséquence logique, à savoir, h préférence à accorder aux amputations tardives, on répond que Taroputation primitive a pour principal mérite de couper court aux premier accidents généralement si graves du traumatisme ? Mais, si on annihile ces accidents par un mode de traitement qui ne compromet rien, ne voiton pas que la question se résout tout do suite à l'avantage des amiMitatiens tardives ?
C'est pour cela qu'en principe, je ne fais Janal* d'am^HtaOoa »rl«i tiTe, et je considère la conduite des chirurgiens militaires qui coosellkjj. volontiers l'amputation primitive, comme leur étant imposée par la force dechoses et par les conditions spéciales dans lesquelles ils se trouvent plact^ Il est évident que le chirurgien militaire obligé d'aviser immédiateiDf «i pour rendre exécutables les déplacements de blessés sur tels ou tête lieu^ de dépôt, est dans l'impossibilité d'abandonner ses malades aux chaïKt-^ d'accidents auxquels il ne pouiTait pas porter remède en temps ulili' Mais dans la pratique civile, où de pareilles exigences ne se produiscni que bien rarement, les conditions ne sont plus les mêmes.
Ce qui pourrait justifier l'amputation primitive en pareil cas, ce m* pourrait être que la considération des accidents, et il est de fait qu'avec!» mise à déeouTert «Hoiidieiine des plaies, les accidents sont presque inévitables. Mais ces accidents sont-ils conjurés par l'efficacité d'une mothotie qui éloigne de la lésion primitive toute aggravation ? la question se ^^ nettement entre la valeur comparative intrinsèque de Tamputadon primitive et celle de l'amputation tardive,- et dès lors le choix ne saurait être douteux. Il ne l'est pas du moins pour nous qui ne reconnaissons l'urgroce de l'amputation immédiate que dans un très-petit nombre de cas pour k*^* quels tout sursis serait un grave contre-sens.
C'est un cas de ce genre que nous allons rapporter, parce que, toutes les fois qu'une règle générale est posée, le devoir de celui qui établît cetit* règle est de rechercher et de publier les exceptions qu'elle comporte.
Obs. — Plaie par éerasêment dé la tnain et de la partie inféneure de fûM/d-^^