‹ Traité clinique et pratique des opérations chirurgicales (volume 2)Chapitre 131 sur 141 · AMPUTATIONS RETARDÉES · texte numérisé non relu

AMPUTATIONS RETARDÉES

éroiL *• AmpuiatUm primitive de Vovani-bras à sa partie supérieure. — Chiérison au bout de six semaines. — Fiaux (Pierre), chauffeur, est apporte à Thôpitai Salut-AntoiDe le 14 février 1853.

Cet homme était occupé au nettoyage d'une machine à vapeur. Au moment où il graissait les tiges des pistons, la machine, un instant arrêtée, se remit en mouvement, et le balancier vint frapper de toute sa force contre la main et la partie inférieure de Pavant-bras droit. Les parties atteintes furent littéralement écrasées, attendu qu'au moment du coup, la main reposait sur la plaie-forme du tube qui renferme le piston. L'accident eut lieu à onze heures du matin; A deux heures, le malade était à l'hùpitaL 11 y avait eu déjà une perte abondante de sang; l'hémorrhagie continuait; elle était artérielle. L'interne de garde établit au moyen d'un garrot la compression sur l'artère humérale. L'hémorrhagie artérielle s'arrêta, mais il y eut compression des veines au point de déterminer une tuméfaction considérable du membre. L'aiière cubitale versait du sang à la hauteur du poignet, l'interosseuse au milieu des chairs profondes de la région, la radiale par toutes les branches qui se rendent à la main.

A quatre heures, je fus appelé. L'hémorrhagie, imparfaitement arrêtée, obligeait de recourir immédiatement à l'emploi des ligatures; mais deux choses s'opposaient à ce qu'on eût recours & ce moyen avec chances de succès. Lier Thumérale à la partie interne du bras, c'était chose facile, opératoirement parlant ; mais Ténorme tuméfaction produite par le tourniquet, jointe à l'affreux délabrement de la partie terminale du membre, présentait comme perspective à peu près certaine une gangrène des parties subjacentes à la ligature; d'autre part, ces même circonstances, le gonflement du membre et l'écrasement des parties qui avaient perdu leurs rapports anatomiques normaux, ne permettaient pas de compter sur des ligatures faites au milieu d'un pareil désordre, les fragments osseux étant implantés au milieu des chairs. L'amputation fut donc décidée et exécutée sur-le-champ. Elle fut faite à lambeaux dans l'épaisseur des chairs énormément tuméfiées de la moitié supérieure de Tavant-bras.

Trots ligatures principales furent appliquées. Tune sur la radiale, l'autre sur la cubitale; la troisième sur l'interosseuse. Puis on pansa par occlusion.

1) y eut dans la nuit un écoulement abondant de sérosité sanguinolente qui traversa les pièces de pansement. Renouvellement du pansement externe.

A dater du moment de l'amputation, les parties n'ont été mises à découvert que tùus les huit jours; le pansement extérieur à la cuirasse était renouvelé aussi souvent que son humectation l'exigeait.

Au bout de six semaines, guérîson complète.

A côte de ce fait où des circonstances toutes spéciales ont dû faire plier le principe de la retardation des amputations, nous ferons connaître un autre cas où ce principe a été appliqué avec le plus grand succès.

Obs. — Fracture compliquée de la jambe, — Amputation de la cuisse vingt-deux jours après V accident. Guénson, — Petit (Alphonse), 42 ans, serrurier, entré à Saint-Antoine le 22 juillet I83i, est renversé le 21 au soir par un omnibus.

La jambe gauche ^st atteinte d'une fracture compliquée produite par le

passage de la roue. La plaie assez considérable est située au cOté intero? et au dessous de la partie moyenne de la jalînbe. Le doigt introduit dans U pUe sent une esquille; mais Tinterno préfère ne pas risquer de tentatives pour) arracher, parce qu'elles pourraient être longues et douloureuses.

Avec des ciseaux, on ébarbe quelques parties des muscles qui sont décliir*:?; la plaie a 6 à7 centimètres de longueur et 3 à 4 de largeur. Les fragments ciievauchent et sont très-irréguliers ; l'inférieur est très-mobile ; le tibia e^l <knudé dans une étendue considérable. Pansement par occlusion ; 40 sang>je< à l'aine, 2 grammes d'alcoolature d'aconit.

29. -^ Plaques gangreneuses. Renouvellement complet du pansement pir occlusion.

6 août. — Mauvais état de la plaie ; dénudation des os qui baignent dan.< \t pus. Le décollement s'étend assez loin, et l'on trouve à la partie latérale iott\'î t et postérieure de la jambe un vaste clapier que Ton ouvre et d'où il sort u-^e énorme quantité de pus. '

13 août. — On pratique l'amputation qu'on était parvenu à reculer jusqu: ce jour malgré des accidents assez graves. Pansement par occlusion.

20. — Renouvellement du pansement en totalité. État très-satisfaisant lieU plaie ; réunion immédiate dans une très-grande étendue: les points non rii:^-' donnent une suppuration peu abondante et de bonne nature.

26. — On change le pansement. La portion non réunie de la plaie teu:ii devenir linéaire. Bourgeons charnus de bon aspect; peu d'érytbème;ontouH' avec la solution de nitrate d'argent.

2 septembre. — Pansement hebdomadaire. Pas la moindre inflammatuT. la peau ; suppuration peu abondante égalant à peine celle d'une amputaii^'^ pansée tous les jours.

Les pansements hebdomadaires suivants n'offrent rien de particulier. ^^ petite plaie va se réduisant de plus en plus, la suppuration cesse et e»t rticiplacée par de la lymphe plastique.

il novembre. — Le malade va passer quelque temps à la campagne. Uni jamais été perdu de vue depuis cette époque et, en avril 1853, il est reutit ^ l'hôpital pour un phlegmon du coudp, ce qui nous a permis de constater çue la guérison s'était, parfaitement maintenue.

On voit par cette observation qu'à Taide du pansement par occlusi î. on a pu retarder une amputation reconnue de bonne heure indispensal le. pour ne la pratiquer qu'au delà des premières périodes du iraumalismo. si dangereuses pour cette opération.

De ce fait et d'un grand nombre d'autres que j'ai recueillis, je me cri* autorisé à conclure que, par la méthode de l'occlusioii, on t^onservf 1^* membres toutes les fois qu'il n'est pas urgent de les sacrifier ; ei, ^' »^ sacrifice est devenu indispensable, on peut le faire dans des condiu"'^* infiniment meilleures, grâce au temps que l'on a gagné.

DES RÉSECTIONS. 603

TITRE IL

Ayant apporté dans le manuel opératoire de presque toutes les résections des changements notables et que je crois utiles, j'ai dû présenter sous le nom de Nouveau Système de résections Tensemble des principes et des applications que je me suis attaché à faire prévaloir dans la pratique.

Tout mon système de résections repose sur quelques principes fondamentaux qui peuvent se résumer ainsi :

1® Me faire qu'une seule IncUlon téi^nmen taire pour toute résec* tlon^ quelle qu'elle soit i

^ SIeler toujours l'os ayant de le désarticuler i

3* Faire l'extirpation Isolée et successlTO de ebaque extrémité osseuse artleulalre, en commençant toujours par celle qu'il est le plus facile d'extraire, et faire en sorte qu'une extraction prépare l'autre.

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