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CHAPITRE IL

DE L'OSTÉOTOMIE CHIRURGICALE.

Depuis les nombreux perfectionnements qui ont été apportés dans le manuel opératoire des résections et dans la construction des instruments destinés à diviser les tissus durs, rOstéotomie chirurgicale est devenue une partie fort importante et à plusieurs égards tout à fait neuve de la médecine opératoire.

Le seul exposé des divers Ostéotomes donnerait lieu déjà à un chapitre d'armamentarium assez long.

Comme nous aurons à exposer, en traitant des résections, des considérations assez étendues sur cet intéressant sujet, nous nous abstiendrons de tout autre détail en ce moment.

Toutefois nous nous arrêterons un instant sur deux modes d'ostéotomie dignes d'attention, la rugination et Tévidement.

BngloAtlon.

La rugination consiste à racler, à ratisser la surface d'un os, de manière à en enlever une couche plus ou moins épaisse, ou même à y obtenir une perforation avec perte de substance. Autrefois, plus en honneur qu'elle ne l'est de nos jours, elle était employée pour faciliter l'exfoliation dans les cas de nécroses, ainsi que pour enlever les couches superficielles dans les cas de carie, etc. Richter pensait même que, vu le peu d'épaisseur des os du crâne des enfants, elle pouvait, chez eux, suppléer au trépan. Quoi

((u'il en soit, les instruments à l'aide desquels on l'opère, sont le trépan exfoliatif, une lime un peu forte, «t enfin la rugine, qui, ainsi que son nom l'indique, est Finstrument ruginateur par excellence.

Si nous parlons de la rugination, ce n'est pas que nous ayons le dessein de lëriger en une méthode importante ; mais chacun reconnaîtra avec nous combien elle peut rendre, comme procédé accessoire, d'utiles services dans bien des cas. On pourrait reprocher aux anciens d'avoir un peu trop étendu le champ de son emploi; mais il n'est pas de praticiens entre les mains desquels le couteau rugine ou la rugine simple ne soient devenus un moyen puissant et commode dans les cas d'altérations organiques atteignant jusqu'aux os, et dont il fallait débaiTasser ceux-ci en sacrifiant même une partie de leur surface.

lËvideiiient.

L'évidement consiste à retirer du tissu d'un os des portions plus ou moins altérées de sa substance.

Les solutions de continuité du tissu osseux nous montrent dans ce système une faculté de séparation spontanée qui diminue dans les divers tissus, à mesure qu'ils sont moins élémentaires. Une perte de substance de la peau se cicatrise, mais ne se répare pas. A moins qu'à l'aide de l'anaplastie par glissement le chirurgien ne comble la plaie, celle-ci sera le siège d'une cicatrice difforme et douée d'une rétractiiité quelquefois invincible. Les choses se passent diffiéremment dans les os. Le mouvement do nutrition dû aux vaisseaux du périoste, à ceux de la moelle et des canalicules vasculaires, y est très-actif, dit Kœlliker. « Ils ont une grande puissance de régénération et se cicatrisent facilement; de grandes pertes de substance, voire même des os entiers, peuvent se reconstituer lorsque le périoste a été ménagé. Des productions osseuses accidentelles sont aussi Iri'S-fréquentes. »

L'évidement a été décrit dès le quinzième siècle. Depuis cette époque, Weidmann , Haller, Dehtleef, Bordenave , Pougeroux, Troja, Tenon, Blumenbach, Scarpa, Léveillé, Gharmeil, Béclard , Breschet , etc., ont éclairé le sujet par une foule d'observations.

Pendant l'hiver de i844, 1845, Blandin enleva la clavicule gauche à un élève en phannacie ; le périoste fut conservé ; l'os s'est peu à peu reproduit.

En 4856, M. le professeur Alquié, ayant à traiter un moignon d'amputatfon atteint de conicité avec myélite et nécrose des couches internes de l'os, opéra l'évidement à l'aide d'une couronne de trépan appliquée à la limite des couches nécrosées et des couches saines. Il resta une lamelle osseuse externe très-mince munie de son périoste.

M. Sédillot, de Strasbourg, semble avoir obtenu par l'opération de l'évidement des résultats très-divers. Ses (K)mmunications de 1858 sont favo-

i*ables à la méthode de révidement. Mais dans la séance de l'Institut du 49 décembre i859, il déclare n'avoir jamais vu aucun travail de reproduction s'accomplir dans les gaines périostées. Les opérations d'évidemont qu'il a pratiquées laissaient des lambeaux périostiques libres et intacts sur les bords de la plaie. Jamais ces lambeaux n'ont pris part à la régénération osseuse.

TITRE II

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