V. bpMeiMM phytiologiqvet rdativet à l'éerMAniMit liaéaire
Dans le cours de Tannée 1854, j'ai fait, dans le laboratoire de M. Plourens, au Jardin des plantes, une série d'expériences sur des animaux vivants.
Les appareils à écrasement ^ appliqués sur la langue du chien, ont déterminé la section complète de Torgane dans sa partie la plus épaisse.
Dans les expériences qui ont été faites sur le tissu lingual des animaux vivants, nous avons obtenu un résultat constant ; c'est celui-ci : quand l'écrasement a été conduit avec lenteur, la solution de continuité était sèche, et il n'y avait point d'hcmorrhagie ni primitive ni consécutive ; car plusieurs fois les animaux ont été conservés pour d'autres expériences, et nous avons été à même de reconnaître que la cicatrisation s'obtenait avec une facilité remarquable.
Quelquefois, au contraire, quand la section était trop rapide, il survenait, malgré la grande coagulabilité du sang chez certains animaux, des hémorrhagies qu'on ne pouvait arrêter que par la ligature.
Parmi les expériences qui ont été faites, il en est une que nous rapporteix>ns, quoiqu'elle nous ait donné des résultats tout à fait identiques avec ceux qu'on obtient par la section de la langue. Mais, comme il s'agit de vaisseaux beaucoup plus volumineux que ceux qu'on avait pu intéresser, même en sectionnant la langue près de sa base, il y a quelque utilité à faire connaître comment les choses se sont passées.
Une aiguille courbe de grande dimension a été conduite dans l'épaisseur de la partie supérieure de la cuisse, à la région inguinale chez un chien, de manière à embrasser les vaisseaux et les nerfs principaux du membre avec une certaine épaisseur de tissus et la peau correspondant au paquet vasculaire. Puis, cette aiguille, étant armée d'un fil attaché luimême à la chaîne de Técraseur, a permis de conduire cette dernière à travers les tissus, de manière à comprendre dans son anse les organes qu'on avait l'intention de diviser. Après quoi l'instrument a été mis en jeu. Dans ces expériences comme dans les précédentes, toutes les fois que l'écrasement a été conduit avec lenteur, c'est-à-dire qu'il a été accompli en dix, douze, quinze minutes, la plaie était parfaitement sèche, et il n'est survenu, ni pendant, ni après l'opération, aucune trace d'hémorrhagie, soit artérielle, soit veineuse. Mais lorsque l'écrasement a été fait avec rapidité et sans intermittence, une hémorrhagie a eu lieu.
Il est donc resté parfaitement établi pour nous que, si l'écrasement linéaire doit à son mode d'action intrinsèque de diviser les tissus vivants sans effusion de sang, il le doit aussi, et pour une certaine part, à la manière dont il est mis en pratique.
Dans des expériences faites à Vabattoir de Grenelle, le 1*' octobre i8K4.
avec un vétérinaire fort instruit. M. Ctiarlier, nous avons constaté que la chaîne de l'écraseur passée sous la carotide d'un mouton, après la mise à nu de cette artère, permettait d'en opérer la section sans donner lieu à aucune hémorrhagie.
La section des artères ovariques de la vache, faite par le même procède, a donné lieu aux mêmes résultats.
Il nous importait beaucoup de savoir quelle était l'action de récrasement linéaire relativement à la sensibilité des tissus vivants ; la théorie faisait prévoir des douleurs intolérables. L'expérience a démenti cette prévision. Après les premiers effets du pincement produit par la pression qu'exerce l'appareil, la partie étranglée se tuméfie et perd promptement toute sensibilité.
De sorte qu'il n'y a de très-douloureux que le premier moment de la constriction ; après quoi la sensibilité s'atténue tout à coup, et la séparation des parties ne cause pas des douleurs aussi vives qu'on l'aurait cru à priori.
Eu égard à l'état de la circulation, nous avons remarqué que dans k^s premiers moments de l'opération, les artères, n'étant pas encore suffisamment comprimées, apportent à la partie étranglée du fluide sanguin, tandis que le cours du sang veineux est déjà intercepté.
Il résulte de là que les tissus à séparer s'érigent en quelque sorte, se distendent, et deviennent durs et résistants. C'est ce que l'on observe surtout, comme nous aurons occasion de le dire plus tard, dans l'ablatiou des tumeurs hémorrhoïdales et de la partie inférieure du l'ectum.
Aux expériences faites directement par nous sur les animaux vient se joindre une série d'expériences faites à l'Ecole vétérinaire d'AJforl, par MM. les professeurs H. Bouley et Delafond sur des chevaux, les uns en état de santé et les autres en état de maladie, ainsi que sur des taureaux. Nous devons à cet égard rappeler l'importante communication faite à la Société de médecine vétérinaire dans la séance du 10 juillet 1856, par les savants recommandables que nous venons de citer. (Recueil de médecine vétérinaire ; 4* série, t. III, n** 9, p. 704.)