APPUGATIONS VARIÉES DU DRAINAGE
Après avoir constaté dans le traitement de la suppuration la grande utilité des moyens de canalisation qui constituent notre système de drainage, nous avons cru devoir étendre et varier les applications de ce précieux moven.
Le traitement des kystes, des hygromas non suppures, de Thydrocèle au moyen du drainage nous a donné d'excellents résultats.
Nous avons eu recours également à cette méthode thérapeutique pour le traitement des fistules lacrymales, des fongus articulaires et tendineux, de la grenouillette, de Tascite, des épanchements pleurétiques, et, sur tous ces points, nous avons été à même de reconnaître combien ce système s'harmonise facilement avec la manière d'être et les propriétés des corps organisés.
Cette faculté précieuse propre au drainage de permettre, au moyen de sétons qui n'ont pas les effets du séton ordinaire, d'établir à Tavance et sans inflammation des trajets qu'on peut utiliser pour l'ablation des tumeurs par l'écrasement, est d'une importance capitale en chirurgie.
Cette action du tube à drainage et la présence de celui-ci sans inflam* mation suppurative ou avec une inflammation suppurative toujours modérée placent les tissus dans des conditions très- favorables à dés opérations ultérieures, pour produire, par exemple, cette atmosphère d'imprégnation plastique si utile pour la tolérance des tissus à l'action du traumatisme chirurgical.
Nous croyons être loin d'avoir épuisé la série des'applications de cette méthode et nous pensons que d'autres mains pourront ajouter encore à sa puissance.
Toutefois il est à l'égard du parallèle qui pourrait être étabh entre l'emploi du drainage et celui des injections iodées, une différence qui résulte de nos observations et qu'il est de notre devoir de signaler à l'attention de nos confrères.
Autant nous croyons à la supériorité du drainage sur l'injection iodée dans les affections suppuratives, autant nous pensons que, dans le traitement des collections liquides non suppurantes, comme les kystes et les hydropisies, l'injection iodée doit prendre le pas sur le drainage.
Ce critérium entre les deux méthodes se déduit d'un principe qui ne saurait, selon nous, être trop préconisé en chirurgie pratique et qui peut se formuler ainsi ; c'est que, toutes les fois qu'une maladie peut être guérie par plusieurs moyens dont les uns amènent la suppuration, tandis que
les autres ne la produisent pas, il faut toujours préférer ces derniers.
Lorsque la suppuration n'existe pas fatalement dans nos tissus, il ne faut jamais Vy faire naître, à moins qu'il soit impossible d'amener la guérison par tout moyen autre que ceux qui impliquent nécessairement la suppuration.
Toutefois notre pratique nous ayant constamment donné des résultats heureux dans l'application du drainage au traitement des kystes et de l'hydrocèle, nous indiquerons rapidement nos résultats.