A. — MUQUEUSE OCULAIRE
Les corps étrangers à l'action desquels est exposée la muqueuse conjonc* livale, peuvent ou bien se glisser simplement entre les paupières, ou bien 8 imphÂter à la surface de l'œil. Parmi ces corpuscules qui sont habituellement trèsHlégers et très-ténua, il faut citer les grains de sable, tes parcelles de bois, de paille, de fer, les coques de millet, les insectes voltigeants, etc.
Loraqiue le corps étranger est teobile et roule sous les paupières, le sujet le sent presque toujours, et une exploration attentive secondée par l'emploi' de la loupe permet de reconnaître la place qu'il occupe. Dès 1^ on peut, après avoir écarté et même renversé les paupières, pousser le corpuscule vers le grand angle de l'œil ou l'attirer directement au dehors, au moyen d'un stylet boutonné, d'un anneau ou d'un morceau de papier roulé de manière à préaenter une sorte de petite palette à son extrémité.
Des lavages à grande eau et surtout dle^ douches oculaires suffisent dans un grand nombre de cas à débarrasser la cavité conjonctivale des matières pulvérulentes qu'elle peut renfermer.
Les Gorpa étcaagers que l'on trouve le plus habituellement implantés dans la ooniée sont des paillettes ou éclats métalliques. L'opération qui
consiste à les extraire est très-simple, puisqu'il suffit souvent de toudier légèrement avec la pointe d'une aiguille a cataracte le lieu dlmpkuitatioo du corps étranger pour obtenir Textraction de celui-ci.
Mais cette opération n'est pas toujours exempte de difficultés, eironaorait tort de croire que son manuel opératoire peut se dispenser de règles précises et arrêtées.
Les difficultés de l'opération tiennent la plupart du temps à une s^ile cause, la mobilité volontaire ou involontaire de l'œil malade.
Il est une autre difficulté qui n'a pas été suffisamment signalée, el qui exige quelques explications.
Les paillettes métalliques sont déjà quelquefois oxydées avant leur implantation ; mais, quel que soit leur état antérieur, leur altération, à partir du moment de l'accident, fait des progrès rapides sous l'influence de> chlorures alcalins des humeurs lacrymales. Elles prennent donc trèspromptement dans leur nouveau séjour cette couleur fauve et bistrée qiii appartient à la rouille.
Si cette coloration se détache sur un fond bleu ou verdàtre, comme cela arrive quand l'iris offre l'une de ces nuances, la couleur propre du corps étranger est tellement saisissable que le cbirurgi^isait tout de suite nonseulement à quoi il a affaire, mais encore le point précis ob doit porter son instrument. Si au contraire Tins présente cette couleur bistrée qu'on observe chez les sujets qui ont les yeux noirs, couleur exactement semblable à celle de la rouille très-foncée, il devient très-difficile de discerner le corps étranger, et de faire tomber l'extrémité de l'aiguille sur le point précis qu'elle doit atteindre.
Enfin il est des cas où, par le seul fait de son exiguïté, le corps étranger, bien que susceptible de déterminer une kératite, se dérobe à la rue du chirurgien.
Ces difficultés s'accroissent de tout ce que la mobilité incessante de rœîl ajoute de perplexité au rôle de l'observateur. Elles peuvent avoir pour conséquences :
1^ La chance d'un insuccès radical de laHentative d'extraction, et la persistance du corps étranger dans l'espèce de nid qu'il s'est creusé au sein du tissu cornéal, par suite une perforation ulcérative de la cornée ;
S^ Des piqûres plus ou moins profondes, des lacérations plus ou moins étendues de cette membrane, une fatigue très-grande pour l'œil qui est le siège de tentatives répétées et impuissantes ;
3*" Un échec toujours pénible pour le chirurgien qui vient de manquer son but.
Pour parer à ces inconvénients, nous avions d'abord tenté d'obtenir ce que nous appelons l'immobilité par tolérance au moyen d'attouchements répétés de la surface cornéale avec le dos de l'aiguille, de manière i créer une accoutumance qui rende l'œil moins sensible à l'aotion efficace et dt-