‹ Traité clinique et pratique des opérations chirurgicales (volume 2)Chapitre 91 sur 141 · TITRE II. — PANSEMENT PAR OCCLUSION · texte numérisé non relu

TITRE II. — PANSEMENT PAR OCCLUSION

inconvénients de la mise à découvert des plaies. Mais il est permis de penser qu'il les doit aussi à une action propre de la cuirasse de sparadrap.

M. Velpeau (Gazette des hôpitaux^ 4 avril 1831), avait fort bien fait remarquer que le pansement de Baynton pour les vieux ulcères de jambe, n'agissait pas seulement en rapprochant les bords de la solution de continuité, mais aussi en déterminant une cicatrisation qui part à la fois de tous les points de la plaie.

J'ai signalé le même résultat dans les diverses formes aiguës du traumatisme accidentel on chirurgical, et j'ai constaté de plus que sous la cuirasse il ne se forme jamais de ces bourgeons charnus exubérants si généralement notés dans les plaies par brûlure. On obtient en somme, et ce fait est d'une très-grande importance au point de vue du travail de cicatrisation, on obtient un nivellement parfait et sans interruption entre les bords de la plaie et sa surface.

AytLntmgem du pansement par occlnslon, en éf^ard ans aecidents

dn tranmatisme.

Ces accidents appartiennent à deux périodes distinctes, ils sont prtmiVt/k ou consécutifs. Examinons d'abord en quoi le pansement par occlusion permet de traverser sans péril la première période du traumatisme]

Les accidents qui peuvent la compliquer sont : 1" la douleur ; ^ la fièvre traumatique ; 3"* le délire nerveux ; 4" le tétanos ; 5® l'infection purulente.

i. Diminution des douleurs. Celles qui sont la conséquence du traumatisme peuvent apparaître soit immédiatement après la blessure, douleurs primitives ou nerveuses^ soit au bout de quelques jours et coîncidemment au stade de l'inflammation, douleurs consécutives ou inflammatoires.

A. Les douleurs primitives sont apaisées aussitôt ou très-peu de temps après que le pansement est établi. Nous voyons dans toutes nos obseryations, même dans celles qui se rapportent aux lésions les plus graves, l'application des cuirasses être très-promptement suivie d'un état de bien-être du blessé, et d'un sentiment de protection et de confiance qui va quelquefois trop loin, puisque le sujet se livre à des mouvements qu'il devrait en tout état de cause s'interdire à raison de la lésion dont il est atteint. Qqe de fois ne voyons-nous pas des enfants et même des adultes atteints de plaies par écrasement, de fractures comminutives de la main et des doigts, mettre de côté l'écharpe qu'on leur avait appliquée et faire emploi, pour les besoins journaliers de la vie, d'une main toute mutilée. Au membre inférieur des écrasements d'orteils traités par occlusion permettent à beaucoup de malades de ne pas s'aliter et de vaquer à leurs occupations habituelles.

B. Les douleurs consécutives^ celles du moins qui dans l'évolution du traumatisme surviennent vers le troisième ou quatrième jour de la blessure et qui tiennent à l'inflammation, sont presque toujours prévenues, et la

raison en est facile à comprendre, puisque l'inflammation est réduite à ao» proportions les plus faibles.

Il est donc permis de dire d'une manière générale que le pansement par occlusion est un des pins puissants sédatifs contre les douleurs suites dn traumatisme.

2* Amoindrissement ou absence de la fièvre Iraumatioue. — C'est on fait que j* ai constaté et fait constater un très-grand nombre de fois, non seulement à la suite d'opérations de toute nature, et jusqu'aux amputatioD^ inclusivement, mais encore après les traumatismes accidentels les plos graves, les fractures compliquées de la jambe par exemple. Je dois à U vérité rappeler que dans ce dernier genre de lésions et coTncidemmoDt à l'emploi des cuirasses, je fais sur le trajet du membre blessé de fortes applications de sangsues, moyen que je considère comme un accessoire fort utile de la méthode.

3* Absence d'accidents nerveux à lasuite du traumatisme, — Ces accidents sont : la douleur, le spasme, le délire nerveux et le tétanos.

A. La (/oti^et^r ; nous en avons parlé. Le spasme ou les contractions et raideurs musculaires involontaires qui s'observent sous une forme si grave à la suite des fractures compliquées nous ont été constamment épargnées chez les malades pansés par la méthode de l'occlusion.

B. Le déiire nerveux n'est survenu chez aucun de nos opérés pendant tout le laps de temps qui s'est écoulé depuis l'époque à laquelle ont été commencées nos recherches, et si cet accident a eu lieu dans quelques-uns Ac nos cas de fractures compliquées il a toujours été facilement maîtrisé par l'emploi du laudanum en lavement et par l'influence du traitement local.

C. Le tétanos n'a jamais été observé une seule fois dans les divers services que j'ai successivement occupés dans les hôpitaux, du moins chez ceux des blessés qui ont été soumis au pansement par occlusion. Et cependant les lésions les plus graves, celles qui sont considérées par tous les chirurgiens concune prédisposant de la manière la plus directe à ce genre d'accident, ont été observées et traitées par nous. Cette heureuse imniu-« nîté frappera tous ceux qui voudront parcourir les nombreux cas de déchirures, de plaies articulaires, d'écrasement de doigts ou d'orteils que renferment nos séries d'observations .

A* Barété relative de l'infection purulente, — Depuis que j'emploie le pansement par occlusion, les cas d'infection purulente sont devenus trèsrares dans ma pratique. Il est vrai de dire que je soumets préventivement tous les malades atteints de plaies graves à l'usage de l'alcoolature d'aconit (2 à 5 grammes par jour) tant que dure la supputation. Mais en raison de l'absence ou de l'atténuation manifeste des divers accidents qui viennent d'être passés en revue, je crois qu'il faut attribuer au pansement ocdnsif une certaine part dans les résultats que nous avons obtenus reiatîvemeot

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