II
anesthésiques, Scarpa avait imaginé, pour obtenir l'immobilité qui est si importante dans les opérations de cataracte congéniale, d'emmaillotter les enfants, ou du moins de les entourer de bandes qui en faisaient comme une seule masse compacte, facile à maintenir dans la position qu'on lui avait donnée.
Le chloroforme dispense de ces liens, qui d'ailleurs n'assujettissent ni la tête, ni le globe de l'œil, c'est-à-dire la partie sur laquelle on opère et qu'il importe le plus de stabiliser.
La tolérance une fois obtenue, on conçoit sans peine l'avantage qui en résulte pour l'exécution du manuel opératoire ; supposez deux chirurgiens doués d'une égale habileté, l'un opérant sur un sujet qui imprime à ses yeux des mouvements continuels et plus ou moins violents, l'autre sur un enfant dont la tête et les yeux présentent l'immobilité cadavérique : le premier pourra agir cito et tuto, le second manquera son opération ou ne l'accomplira qu'à travers de bien grandes difficultés.
Dans cette opération, je n'ai pas cru devoir m'évertuer à maintenir déprimés les débris de la cataracte. Je m'en suis remis à l'absorption do soin de faire disparaître les flocons cristalliniens ou capsulaires restés dans le champ de la pupille.
L'opération terminée, c'est au pansement par occlusion et aux sacs de baudruche, remplis de glace et appliqués en permanence sur l'œil, que j'ai eu recours pour prévenir le développement des accidents inflammatoires et de l'iritis en particulier, qui constitue selon nous une des plus redoutables complications susceptibles de compromettre le succès des opérations de cataracte. L'enfant a parfaitement guéri.
2° Broiement.
Le broiement doit être réservé pour les cataractes molles ou demimolles, tandis que l'abaissement est surtout applicable aux cataractes dures.
Le broiement consiste à pratiquer sur le cristallin, vers lequel a été préalablement dirigé le tranchant de l'aiguille, des incisions dans tous les sens.
Quelquefois l'on se borne à une simple dilacération du segment antérieur de la capsule. Pour cela, il suffit d'entraîner l'instrument horizontalement de dedans en dehors et de répéter quatre à cinq fois cette manœuvre, de manière à détacher plusieurs lambeaux de la capsule.
Le procédé qui consiste dans la dilacération pure et simple de la capsule est fondé sur l'action dissolvante de l'humeur aqueuse, action qui s'exerce sur le cristallin resté intact, lorsque la capsule a été déchirée.
Le broiement peut se faire par kératonyxis. Dans ce cas le chirurgien tait pénétrer la pointe de l'aiguille dans la chambre antérieure, en traversant la cornée au dessous de son diamètre transversal, à 3 ou imilli-