CHAPITRE III. — AFFECTIONS DE L'APPAREIL CRISTALLINIEN
BÉFLEXIOAS SUE l/oPÉfiÀTIOJi DE LÀ CATARACTE PAR EXTRACTION (GdZ. des hôp.,
n° du 45 septembre 4853).
Convaincu, d'après l'observation, que le moment de l'opération le plus compromettant peut-être est celui où Ton incise la capsule cristalline, que c'est celui où Ton commet le plus souvent des fautes, et les fautes les plus graves , j'ai dû rechercher avec soin la cause de ces fautes, afin de les éviter.
Ces fautes, quelles sont-elles? La blessure de l'iris et toutes ses conséquences; l'ouverture insuffisante de la capsule qui, en rendant laborieuse l'extraction du cristallin, peut amener l'évacuation plus ou moins complète de l'humeur vitrée ; l'incision de la membrane hyaloïde par des mécanismes divers et dans l'analyse desquels il n'est pas nécessaire d'entrer pour le moment.
Telles sont les fautes. Quelle en est la cause?
La principale, c'est le resserrement de la pupille. Ce resserrement, comment doit-il être combattu ? Afin de le savoir, il fallait analyser le phénomène avec soin. Or, voici ce que j'ai constaté. Aussitôt que par la section du lambeau cornéal, l'humeur aqueuse s'est écoulée, quel que soit actuellement le degré de dilatation de la pupille, le resserrement pupillaire a lieu sur-le-champ. Comment fallait-il donc combattre cette tendance si fâcheuse? Cest ce qui a fait le principal objet des recherches dont nous allons faire connaître le résultat.
1° Emploi de la belladone. — Le resserrement a lieu en dépit de tous les modes suivant lesquels on peut faire usage de la belladone, dans le but d'obtenir une dilatation stable de la pupille. Donnée à l'intérieur et plusieurs jours à l'avance, afin de créer, pour ainsi dire, à l'iris une sorte d'habitude, le résultat a été le même : resserrement Instantané an moment 4e l'iMne 4e 1'hnmevr aqueuse à l'extérieur.
2° Usage externe de la belladone. — En larges frictions sur la région péri-orbitaire , sur la région syncipitale qui, suivant nous, est un lieu d'élection pour, les absorptions médicamenteuses. Même résultat que pour la belladone aqueuse.
Employée par la méthode endermique, au moyen d'un vésicatoire appliqué sur la bosse frontale, la belladone procure une dilatation pupillaire plus stable; mais il résulte d'un fait que j'ai communiqué à la Société de chirurgie, dans sa séance du 47 mars 4845, que ce mode d'emploi de la belladone a donné lieu à des accidents toxiques.
3° Instillation de belladone en solution concentrée et fraîchement préparée entre les paupières. — Môme résultat. J'ai communiqué à la Société de chirurgie le résultat de quelques observations sur l'affaiblissement spon-
421 TITKE VII. — MAUDIES DU GLOBE OCULAIRE.
tané des dissolutions aqueuses de belladone un peu anciennes. Depuis lors je n'emploie jamais ces instillations.
Quand on instille de la solution de belladone dans l'œil, avant d'opérer, les vaisseaux sont très-injectés. Cela peut avoir des inconvénients au point de vue de l'opération et de ses suites. Comme une pommade sur les paupières donne le même résultat, on peut se servir de ce moyen de dilatation pour la pupille.
4° Dissolution d'atropine. — C'est le plus puissant dilatateur. Il n'y a pas de comparaison à établir entre le résultat qu'il donne et celui qu'on peut obtenir par la belladone. Mais il est impuissant comme elle à maintenir la dilatation après l'issue de l'humeur aqueuse; et d'autre part il a des dangers comme toxique. (Voy. une observation publiée dans la Gazette des hôpitaux du 48 janvier 1853, et une autre sur l'emploi endémique de l'extrait de belladone, communiquée à la Société de chirurgie le 17 mars 1849.)
5° Chloroforme. — Bien que le chloroforme, quand il est employé à doae stupéfiante, ait quelquefois pour résultat la dilatation de la pupille, j'ai démontré dans mes recherches cliniques sur le chloroforme :
1° Que le chloroforme est un mauvais dilatateur de la pupille;
2° Que, sur les sujets cataractes opérés dans l'état d'anesthésie, il y avait toujours, quel que soit le degré de dilatation obtenu par la belladone, l'atropine et le chloroforme, un moment où la pupille se resserre brusquement; c'est chez les malades opérés par abaissement, au moment où U cristallin est mis de côté, et où la pupille devient noire; chez ceux opérés par extraction, au moment oh l'humeur aqueuse vient de s'écouler par l'incision cornéale.
Il est donc évident que si les dilatateurs plus ou moins puissants de la pupille ont une action sur elle, tant que le globe de l'œil est intact, ils lt perdent aussitôt que l'humeur aqueuse s'est écoulée dans l'opération de la cataracte par extraction.
Voyant doue qu'il ne fallait pas compter sur les dilatateurs, même les plus puissants, après l'écoulement de l'humeur aqueuse, j'ai dû rechercher les combinaisons opératoires au moyen desquelles on pourrait diviser la capsule cristalline antérieure, avant de donner à la pupille le temps de se resserrer. Trois modes opératoires se sont présentés :
1° La division de la cristalloïde antérieure au moyen d'une aiguille trèsfine, conduite parkératonyxis à travers la chambre antérieure. L'opération a été faite par ce procédé, exécuté au moyen d'une aiguille très-fine; mais il y a eu plissement de la cornée, impossibilité d'y tailler un lambeau, ce qui a obligé à changer sur-le-champ le plan de l'opération, et à terminer par broiement ce qu'on s était proposé de faire par extraction.
2° Le second mode opératoire n'a point encore été employé sur le vivant, à raison des graves objections qu'il soulève. Sur le cadavre, il donne de