CHAPITRE III. — AFFECTIOiNS DE L'APPAREIL CRISTALLIN I EN
très-bons résultats comme exécution. Il consiste à introduire parscléroticonyxis un kystitosme très-fin, comme si on allait pratiquer l'opération par abaissement, à déchirer la capsule, puis à taillerie lambeau de la cornée.
3° Le troisième mode est une opération déjà connue depuis longtemps, mais abandonnée par presque tous les chirurgiens, malgré tout ce qu'a de brillant son exécution. C'est celui qui consiste à tailler du même coup le lambeau de la cornée et celui de la capsule, ce que doit nécessairement faire le couteau, quand on le conduit d'emblée après la ponction cornéa le à travers le feuillet antérieur de la capsule cristalline. C'est par ce procédé qu'a été opérée la malade dont nous avons à rapporter l'histoire d'après une note qui nous a été remise par un interne distingué des hôpitaux, M. Amen. Voici l'observation en raccourci :
Obs. — Audenot (Louise), 30 ans, paysanne entrée le 20 mai 1856 à l'hôpital Saint-Antoine.
Cataracte commençante de l'œil gauche. Cataracte confirmée de l'œil droit.
Opération par extraction faite le 28 mai sur l'œil droit. Incision demi-circulaire sur la moitié inférieure de la cornée. Ce premier temps à peine achevé, la cataracte jaillit en quelque sorte par l'ouverture de la cornée accompagnée d'une certaine quantité d'humeur aqueuse. Cuirasse et glace.
Pas d'accidents consécutifs graves.
20 juin. — La malade quitte l'hôpital dans l'état suivant : on aperçoit en arrière de l'iris les restes de la capsule, disposée circulairemcnt et percée à son centre d'une ouverture déchiquetée sur ses bords, mais assez grande pour permettre l'introduction d'une quantité sufûsante de rayons lumineux. La malade peut lire sans lunettes.
On trouvera l'observation publiée in extenso, dans le Moniteur des hôpitaux, n° du 21 juin 1856.
On voit, d'après la description que je donne du procédé qui consiste à ouvrir la capsule cristalline par kératonyxis avant de tailler le lambeau de la cornée que ce procédé date de 1853, car c'est en 1853 (Gazette des hôpitaux, n° du 15 septembre) que j'ai décrit le procédé opératoire dont il vient d'être question. Aussi, ce n'est pas d'une manière sérieuse que M. Lœ« wenhardt est venu en 1859 [Gazette hebdomadaire, n° du 18 février) donner comme une nouveauté de sou invention, une description identique à la mienne, avec cette différence qu'il n'a pas fait connaître, comme j'ai eu soin de l'indiquer, que la piqilre de la cornée, même par une aiguille trèsfine, est immédiatement suivie d'un plissement de celte membrane, plissement qui rend presque impossible la section du lambeau cornéal.
Indications de l'extraction. — L'extraction est indiquée quand le globe de l'œil présente un degré de dureté très-prononcé.
On s'accorde à regarder l'extraction connue étant applicable aux cataractes très-dures, pierreuses, crétacées. Aucun autre mode opératoire ne
remédierait aux douleurs névralgiques souvent constatées dans cette espèce de cataracte.
Contre-indications de l' Ei tb action. — L'extraction est contre-indiqoée quand la cornée est aplatie, l'iris convexe, le globe de l'œil petit et profondément enfoncé dans l'orbite, le contour de cette cavité saillant, les paupières courtes, non susceptibles de s'ouvrir largement.
L'existence d'adhérences, soit entre la cornée et l'iris, soit entre lins et la capsule du cristallin, doit faire repousser l'extraction.
Dans le cas de myosis ou de resserrement de la pupille, non dilatable par la belladone, il faut renoncer à l'extraction.
L'état de diffluence de l'humeur vitrée et la flaccidité du globe oculaire sont des contre-indications de l'extraction.
Il en est de même des cataractes glaucomateuses.
L'extraction doit être encore rejetée quand les yeux sont sans cesse agités et affectés de mouvoments involontaires ou convulsifs.
La pusillanimité des malades ou leur indocilité ne constituent pas pour nous une contre-indication, en raison de l'usage que nous faisons du chloroforme pour pratiquer l'opération.
Difficultés de l'extraction. — L'humeur aqueuse peut sortir pendant l'exécution du premier temps et avant l'achèvement de la contre-ponction Il en résulte que l'iris peut se porter en avant sous le tranchant du couteau, si l'on continue la section.
Lorsque la pointe du couteau a atteint la circonférence interne de la cornée, on éprouve quelquefois de la difficulté à faire la contre-ponction
On est exposé à blesser l'iris à toutes les périodes de l'opération.
L'expulsion du cristallin peut être empêchée soit par la petitesse de l'incision cornéaie, auquel cas celle-ci doit être agrandie, soit par l'intégrité de la capsule, et alors il faut recommencer le deuxième temps de Topération.
Le mouvement de ponction peut s'exécuter d'une manière plus on moins défectueuse. Si elle est trop oblique, l'instrument peut s'engager entre les lames de la cornée; si trop perpendiculaire, on s'expose à blesser l'iris. Si, pénétrant trop en dehors, on atteint le tissu vasculaire cornéo-sdérotical, on peut donner lieu à un épanchement sanguin dans la chambre antérieure et à la blessure de l'iris.
Au moment où l'on fait la contre-ponction, la pointe du couteau peut» rompre et tomber dans la chambre antérieure.
Le resserrement de la pupille peut s'opposer au passage du cristallin.
Le passage d'un cristallin trop volumineux peut avoir pour conséquences la contusion de l'iris, la déchirure plus ou moins étendue de cet organe et sa procidence entre les lèvres de la plaie cornéaie. A ces accidents, il faut joindre la section de la cornée dans une partie seulement de son épaisseur, son inflammation partielle et la possibilité d'une cicatrice opaque.