CHAPITRE III. — AFFECTIONS DE L'APPAREIL CR1STALL1NIEN
Imperfections de l'extbactios. — Insuffisance de l'ouverture cornéale.
Le passage forcé du cristallin par une ouverture trop petite peut donner lieu à l'issue du corps vitré, à la contusion de l'iris et à une inflammation consécutive.
La section trop rapprochée de la sclérotique expose à la hernie de l'iris, à l'évacuation de l'humeur vitrée et à l'inflammation de l'œil.
Le cristallin peut se fragmenter au moment de l'extraction, et quelquesuns de ses fragments peuvent rester derrière la pupille.
Le lambeau cornéal est parfois taillé trop carrément. D'où une cicatrice vicieuse qui intercepte le passage d'une certain quantité de rayons lumineux.
Le lambeau peut être trop long, et dans ce cas, l'instrument atteint la conjonctive dont la lésion est suivie d'un épanchement sanguin dans la chambre antérieure.
Accidents de l'extraction. — Un des principaux dangers de l'extraction, c'est l'issue du corps vitré.
Lorsque la membrane hyaloïde n'est point parfaitement saine, elle est sujette à se rompre, et alors l'humeur vitrée s'échappe de l'œil avant, après ou avec le cristallin opaque.
La hernie de l'iris est un des plus fâcheux accidents qui puissent arriver. Il est quelquefois produit par un état inflammatoire, mais toujours il aggrave l'intensité de celui-ci ou le provoque.
Une violente inflammation suppurative peut attaquer l'œil et en altérer profondément la structure. Dans des cas moins graves, l'iris se prend, la pupille s'oblitère et la cornée devient opaque.
L'extraction par la sclérotique expose aux hémorrhagies oculaires, à la perte presque certaine d'une grande quantité d'humeur vitrée, et à la destruction de l'organe.
Au moment où le malade ferme l'œil, après l'extraction, la paupière inférieure peut s'engager sous le lambeau cornéal.
• La cornée peut s'affaiblir de façon à présenter une surface concave au lieu d'offrir une surface convexe.
L'inflammation est l'accident le plus grave qu'on ait à redouter après l'extraction. Elle peut porter : 1° sur la conjonctive; 2° sur la cornée ; 3° sur la sclérotique et l'iris. Elle peut amener la fonte purulente du globe de l'œil.
Le renversement en dedans de la paupière inférieure est un accident assez fréquent à la suite de l'extraction.
On peut, dans le deuxième temps de l'extraction, inciser trop profondément la capsule et diviser les cellules hyaloïdiennes.
Accidents consécutifs de l'extraction. — Kératite partielle ou générale, opacité plus ou moins étendue et durable de la cornée, tremulus iridis, kératocèle, iritis, déformation de la pupille par des brides, des adhérences,
procidence consécutive de l'iris, et enfin, ophthalmite phlegmoneuse et fonte punilente de l'œil.
Dans l'extraction, un insuccès amène souvent la perte complète de l'œil.
On a singulièrement exagéré l'influence fâcheuse que peut avoir l'action des rayons lumineux sur un œil récemment opéré de cataracte. Ce n'est pas là qu'il faut rechercher la cause de ces pblegmasies violentes, de ces iritis qui viennent compromettre le résultat de l'opération. L'iritis est bien plutôt la conséquence de violences opératoires dont le diaphragme oculaire a été l'objet dans l'exécution du procédé.
Les moyens qui me paraissent les plus propres à conjurer toute phlegmasie consécutive à l'opération de la cataracte sont les suivants :
4° L'application d'une cuirasse emplastique immédiatement après l'opération;
â° L'application continue de la glace.
1° Cuirasse emplastique. — Après des tentatives nombreuses, m'appuyant d'une part sur l'analogie que l'on doit admettre entre une plaie de l'œil et celle de toute autre partie du corps, d'autre part sur les résultats cliniques presque invariables du pansement par occlusion dans le traitement des traumatismes les plus graves, j'ai établi qu'un des meilleurs modes de traitement des lésions traumatiques de l'œil consiste à le soustraire aux influences extérieures avec le même soin que l'on apporte à dérober le traumatisme, non plus suivant la vieille formule à l'action de l'air, mais, suivant une appréciation plus judicieuse et plus complète, à l'ensemble des influences extérieures.
Depuis longtemps on a eu, en ophtbalmologie, l'idée de modifier les phlegmasies oculaires par l'occlusion de l'œil au moyen de divers procédés; tous ceux qu'on a proposés nous paraissent de beaucoup inférieurs i lt cuirasse de sparadrap, qui protège l'appareil oculaire en assurant la libre issue des produits sécrétés à l'intérieur des paupières.
Dans ce but, on construit au moyen de bandelettes croisées et imbriquées une cuirasse qui place l'œil dans les conditions de l'occlusion.
2° Applications continues de glace. — La cuirasse étant appliquée sur b région oculo-palpébrale, on fait tenir à la surface extérieure de cette cuirasse par des cordonnets faciles à fixer autour de la tête du malade, un sac de baudruche fermé à ses deux extrémités et renfermant une quantité de glace qui met de 20 à 25 minutes à fondre complètement, en sorte qu'on peut donner pour règle de renouveler le sachet de glace toutes les demiheures. Quand on songe à suspendre les applications, on ne le fait jamais d'un seul coup. On ne renouvelle plus le sachet que toutes les heures, puis toutes les deux heures et ainsi de suite jusqu'à cessation complète.
Le praticien veut-il accroître encore ses motifs de sécurité, il peut combiner avec les moyens locaux, cuirasse emplastique et sachets de glace.