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OPÉRATIONS QUI SE PRATIQUENT SUR LE COU

TITRE PREMIER

AUTOPLASTIE PAROTIDIENNE.

L'autoplastie dans la région parotidienne offre d'assez grandes difficultés, surtout quand il s'agit de combler l'excavation que laissent après leur ablation les tumeurs qui siègent dans la région concave, naturellement formée entre le bord postérieur de la mâchoire inférieure, et l'apophyse ma8toïde continuée par le muscle sterno-mastoïdien.

En effet, pour recouvrir la perte de substance qu'on vient de pratiquer dans le lieu indiqué, les ressources autoplastiques s'empruntent naturellement, d'un côté à la partie la plus reculée de la joue, de l'autre, et en arrière, à la peau qui recouvre la moitié supérieure du ster no-mastoïdien. En décollant par une dissection attentive les téguments, dans ces deux sens, on leur donne une laxité qui permet de les affronter en passant par-dessus la solution de continuité de manière à masquer le vide formé par elle. Mais qu'arrive-t-il? Tendus par la suture, les téguments, au lieu de s'appliquer avec exactitude sur le fond de l'excavation parotidienne, passent sur elle à la manière d'un pont, et leur adhérence au fond de l'excavation devient impossible ou du moins très-difficile, alors même que, pour produire la juxtaposition contre les parties subjacentes, on aurait recours à la compression, pratique mauvaise en pareil cas, et

qu'il famt toujours tâcher d'éviter dans les opératlom* aatoplastlojaes»

sous peine de donner lieu à la mortification des lambeaux.

C'est dans l'espoir de résoudre ces difficultés que j'ai employé, après mes ablations de tumeur parotidienne, un procédé qui m'a parfaitement réussi et qui élude, de la manière la plus satisfaisante, recueil que je signalais tout à l'heure.

Au lieu de prendre, partie en avant, partie en arrière, ce qu'il faut de téguments pour recouvrir la solution de continuité, j'emprunte la totalité du lambeau à la région sous-maxillaire et je le taille aux dépens d'une

bande tégumentaire de deux à trois travers de doigt de largeur, et qui. prolongée par la pensée, s'étendrait d'un* oreille i l'autre, en passant sous le menton à la manière d'une cravate. Ce sera même, si le procédé que je vais décrire reste dans la pratique, le nom par lequel on pourra le désigner ; on l'appellerait le procédé de la cravate.

Voici en quoi il consiste :

Je dois dire auparavant, qu'expérimenté sur le cadavre il donne lieu à un résultat parfaitement exact. Pratiquez sur la région parotidienne une perte de substance rectangulaire un peu allongée dans le sens vertical et de deux travers de doigt de hauteur; des deux angles inférieurs du rectangle, faites partir deux lignes qui descendent parallèlement Tune et l'autre et concentriquement à la courbe de l'os maxillaire, l'une passant au dessous, l'autre au dessus de l'os hyoïde ; donnez à ces lignes trois travers de doigt de longueur; disséquez le nouveau rectangle par sa face profonde ; puis, vous aidant d'un mouvement de flexion de la tète sur le col, reportez ce lambeau tout d'une pièce et sans aucune torsion, mais par simple glissement de bas en haut, jusqu'à ce qu'il se soit encadré dans l'espace laissé par la solution de continuité préalablement faite; vous serez surpris de la parfaite exactitude avec laquelle se fait l'emboîtement et de la facilité qu'on trouve, en s'abstenant de tout tiraillement fâcheux, à faire parcourir, dans cette direction, un espace considérable i la peau de la région sous-maxillaire. Mais sortons des expériences cadavériques et voyons ce que le procédé ci-dessus décrit a donné sur le vivant.

Obs. — Tasserie (Jean-Baptiste), laboureur, Agé de 44 ans, de Çranville (Eureet-Loir), entré à l'hôpital Saint-Antoine, le 6 novembre 1849, pour une tumeur siégeant à la région parotidienne droite au dessous du lobule de l'oreille dont cette tumeur, dans son point le plus élevé, semble dédoubler les deux feuillets. La tumeur est bosselée, élastique, recouverte d'un tissu en partie constitué par des cicatrices d'opérations faites antérieurement, en partie par de la peau très- vaseul aire. Deux fois déjà, la tumeur a été opérée: une première fois par des caustiques, une deuxième fois par l'instrument tranchant. En admettant que chaque opération ait été complète, il s'agirait donc ici d'une deuxième récidive. Do plus, il existe à la partie latérale du col de ce côté, une série de ganglions très-durs et qui semblent participer de la nature de la tumeur sousauriculaire.

Dès le surlendemain de l'entrée, mon plan d'opération étant arrêté» je fais mettre le malade à l'alcoolature d'aconit, et le 10 novembre, je pratique l'opération suivante: je circonscris par deux incisions curvilignes, la tumeur dont le volume est celui d'une pomme (le malade est soumis à l'action du chloroforme et dans une aneslhésie complète; il a chanté pendant l'opération des chants d'église; il nous a appris depuis qu'il est chantre de paroisse).

Je dissèque la tumeur en la renversant d'avant en arrière. Dans cette dissection, je vois à nu le tissu de la parotide, et cependant la séparation a lieu sans arrachement. Il est probable que la tumeur, sans appartenir à la glande,

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