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L'air ne passe plus par la plaie

Un mois après, dans les premiers jours d'avril, l'enfant, qui était restée peu* dant une quinzaine de jours pâle et triste, a repris de l'embonpoint, de la gaieté, de l'animation. Elle est donc aujourd'hui parfaitement guérie de sa maladie, de l'opération et de ses suites. (Voir pour la relation èomplète de l'observation, mes Leçons sur la trachéotomie, Paris, 1855, p. 39.)

Cette observation prouve que, quelle que soit la gravité des accidents au moment de l'opération, il ne faut pas renoncer à l'espoir de sauver un enfant arrivé à la période ultime du croup.

9° Rétrécissements du larynx et de la trachée. — Le 5 janvier 1859, j'ai présenté » la Société de chirurgie un jeune homme de vingt ans entré dans mon service pour une atrésie commençante du larynx. Ce jeune homme

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atteint de laryngite sous-muqueuse pendant la convalescence d' vec fiôr typhoïde, avait été trachéotomisé. Depuis cette époque qui remonte déjà à dix-huit mois, le malade a été dans la nécessité de garder sans cesse la canule, chaque tentative pour s'en passer amenant des accidents de suffocation immédiate.

Ayant eu l'intention d'établir une canule semblable à celle que M. Richet avait placée sur un de ses malades, canule qui présentait un tube ascendant ou laryngien et un tube descendant, je dus recourir à une dilatation préalable du larynx rétréci. Pour cela, j'employai les tubes élastiques en caoutchouc volcanisé. Ces tubes étaient introduits au moyen de la canule d'un trocart courbe, qui, pénétrant par la fistule, était poussée de bas en haut à l'intérieur de la bouche et permettait de passer les tubes, lesquels pendaient en manière d'anses au dehors de la bouche.

Eu pratiquant l'introduction de ces tubes, on s'aperçut que la partie antérieure du cartilage thyroïde présentait une perte de substance assez considérable, et que la peau, cessant d'être soutenue dans ce point, se trouvait refoulée du côté de la cavité laryngienne pendant les efforts d'inspiration qui n'étaient jamais plus énergiques qu'au moment où Ton essayait d'enlever la canule. Il y avait donc un double obstacle au passage de l'air à travers le larynx, puisque d'une part il y avait diminution 4* diamètre 4e cette cavité, et que de l'autre une Taire cutanée mobile s'abais-

sait aussitôt que le malade était privé de sa canule.

Le rétrécissement du larynx fut combattu par la dilatation au moyen des tubes élastiques et la valvule cutanée fut fendue sur la ligne médiane dans toute sa hauteur. Le traitement par la dilatation a duré près de trois mois.

Aujourd'hui la canule peut être enlevée pendant un certain temps, sans qu'il y ait menace de suffocation. De plus, la formation des sons s'effectue avec assez de netteté et de force pour que le malade puisse appeler trèsdistinctement la sœur ou l'infirmier d'un bout de la salle à l'autre.

Dans une note lue à la Société médicale des hôpitaux (séance du 8 septembre 4858), M. Moissenet a communiqué l'observation d'une femme syphilitique, chez laquelle un rétrécissement cicatriciel de la trachée nécessita l'opération de la trachéotomie que je pratiquai en présence de M. Moissenet et des élèves de son service.

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