‹ Traité clinique et pratique des opérations chirurgicalesChapitre 159 sur 236 · TITRE VII CORPS ÉTRANGERS DANS L'OESOPHAGE · texte numérisé non relu

TITRE VII CORPS ÉTRANGERS DANS L'OESOPHAGE

Deux méthodes principales de traitement peuvent être employées lorsqu'on a affaire à des corps étrangers qui ont pénétré dans l'œsophage. Ce lont : 4* l'extraction ; 2° le refoulement.

Extraction. — Quand les corps étrangers oesophagiens sont placés hors le la portée du doigt, on peut avoir recours à l'instrument de Graefe, qui consiste en une longue tige de baleine terminée par un double crochet à bascule, lequel, quand on l'introduit, passe facilement entre le corps étranger et les parois de l'oesophage, mais qui, lorsqu'on le retire, heurte contre le corps étranger qu'il fait rétrograder vers le pharynx.

J'ai montré à la Société de chirurgie, un dentier d'ivoire que j'avais extrait de l'œsophage à l'aide de cet instrument. Un homme de 62 ans, itteint de paralysie du nerf facial, s'aperçut qu'en mangeant sa soupe il renaît d'avaler un corps étranger. L'examen de la bouche fit reconnaître |u'un râtelier factice en ivoire avait disparu. En explorant le pharynx »vec la sonde œsophagienne et le cou avec les mains, on. ne découvrit rien; l'instrument de Graefe introduit dans l'œsophage ne parvenait môme à produire aucune résonnance. Toutefois ce crochet permit de soulever un peu le corps étranger qu'une pince courbe saisit et ramena au dehors. [Bulletins de la Société de chirurgie, séance du il avril 4855.)

A l'occasion d'un os arrêté dans l'œsophage et que je parvins à retirer au moyen de la grande pince courbe œsophagienne, j'ai eu l'occasion de faire les remarques suivantes :

1° Quand l'os ingéré est encore recouvert dans une portion de sa surface par des chairs, le diagnostic peut être un instant douteux par suite de l'absence d'un choc comparable à celui que donne un os percuté.

2* Quand le corps étranger est assez serré pour ne pas se laisser facilement déplacer, on est dans l'impossibilité d'introduire la sonde œsophagienne, et il peut y avoir danger à insister parce qu'elle peut se couder aoguleusement et déchirer l'œsophage.

3» Le crochet de Graefe, si bien approprié à l'extraction d'un disque mince comme celui que représente une pièce de monnaie, est impuissant et nuisible en pareil cas.

V Un large écarlement des mors de la pince est nécessaire pour dilater l'œsophage à la hauteur où se trouve le corps étranger.

5° Il importe de recourir à une ingestion préalable d'huile.

6* 11 faut être averti qu'un malade ayant dans l'œsophage un os même volumineux peut avaler des liquides en quantité notable, ce qui pourrait être une cause d'erreur en donnant à penser que le corps étranger n'existe pas.

620 SECT. VI. — OPÉRATIONS SUR Lfc COU.

Dans la eéance du 25 juillet 4845 j'ai fait connaître à la Société dt chirurgie l'observation d'un homme chez lequel j'ai retiré à l'aide de l'instrument de Grœfe une pièce de cinq francs engagée dans l'œsophage.

Le 45 juin 1845 M. X., homme de lettres, se trouvant à dîner chez un de ses parents, jouait avec lin enfant, et, cherchant à faire disparaître nne pièce de cinq francs qu'il lui avait montrée, la plaça vivement dans sa bouche ; mai:*, soit par la seule force de la projection, soit par le fait d'un mouvement involontaire de déglutition, la pièce descendit dans l'oesophage. Dans les premiers moments le malade n'éprouva qu'un peu de gène au gosier ; mais effrayé de l'accident qui était survenu il se rendit à l'Hôtel- Dieu pour y chercher secours. Pendant la marche, des douleurs vives s'étaient manifestées, la respiration devenait difficile, la face vultueuse, toutefois la voix n'était que faiblement altérée. Des nausées très-pénibles suivies plus tard de vomissements abondants, survinrent sans amener l'expulsion du corps étranger.

Le malade étant assis sur un siège peu élevé, la tête renversée en arrière et maintenue par un aide, l'instrument de Graefe fut introduit dans le pharynx.

Cette introduction, sans être difficile, serait rendue plus simple si la tige de baleinequi forme le corps de l'instrument était légèrement incurvée, car pour la faire descendre dans l'œsophage on se trouve obligé d'appuyer l'extrémité de l'instrument contre la paroi postérieure du pharynx et de forcer ainsi la tige à prendre la courbure nécessaire. Lorsque l'instrument eut été porté assez loin pour dépasser le corps étranger, des mouvements en divers sens permirent de reconnaître le contact métallique, et l'on s'aperçut que la pièce était couchée transversalement. L'instrument étant alors ramené fit éprouver d'abord une assez vive résistance, mais bientôt, à l'aide d'une traction continue et pendant un nouvel effort de vomissement, la pièce fut amenée au dehors. Cette expulsion fut suivie de la disparition immédiate de tous les accidents.

Parmi les instruments imaginés pour l'extraction des corps étrangère introduits dans l'œsophage, nous citerons encore :

i° La double pince de M. Gensoul, composée d'un bec de grue qui saisit le corps étranger, et d'une pince externe qui éloigné les parois de l'œsophage pour les empêcher d'être pincées par les mors du bec de grue;

2° Le crochet imaginé par Leroy d'Etiolles, pour l'extraction des graviers de l'urètre;

3° Une longue pince, légèrement courbe, qu'on introduit en abaissant la langue avec l'indicateur de la main gauche;

4° Une éponge attachée à l'extrémité d'une baleine;

5° L'anse d'une ficelle introduite comme s'il s'agissait de retirer un bouchon tombé dans une bouteille;

6° M. Leroy d'Anthony, ayant eu à extraire un hameçon fiché dans U

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