TITRE VU. — ANUS CONTRE NATURE. T
La hernie graisseuse est insensible au pincement; la vraie hernie susombilicale manifeste de la sensibilité. La hernie graisseuse ne s'accompagne pas de troubles dans les fonctions digestives; le contraire existe dans la hernie sus-ombilicale vraie.
Rappelons ici le sage conseil de Scarpa, qui dit formellement que quand le diagnostic est obscur et laisse en doute sur la véritable nature de la tumeur, on ne doit pas hésiter à la mettre à découvert. L'opération ne peut causer aucun accident grave, s'il n'y a pas de hernie ; tandis que, s'il existait réellement une hernie étranglée, le plus léger retard pourrait être très-préjudiciable (Scarpa).
Ces hernies latentes de la région sus-ombilicale ont ceci de remarquable, qu'elles sont toujours accompagnées d'une ou de plusieurs autres hernies.
Le traitement consiste, au point de vue palliatif, dans l'emploi d'un bandage : celui qu'on exécute au moyen de larges bandesde sparadrap servant i fixer contre l'orifice herniaire un demi-sphéroïde, d'après le conseil (TA. Cooper, est le plus convenable.
Les corps de baleine peuvent faire l'office d'un bandage compressif chez les femmes (Pipelet).
Le meilleur bandage, selon Richter, est une largeceinture que l'on serre en avant avec une boucle ou un corps de baleine.
Deuxième point, opération. —-Cette question ayant été traitée immédiatement après l'exposé historique des opérations du même genre déjà connues dansia science, nous renvoyons le lecteur à ce qui a été dit plus haut.
Troisième point : emploi de V injection iodée dans le traitement des anus contre nature et des fistules intestinales. — Entre autres enseignements à puiser dans l'observation que nous avons rapportée, il en est un qui doit être* noté d'une manière toute particulière. Il s'agit de l'emploi des injections iodées dans le traitement de l'anus contre nature et des fistules intestinales. J'ai voulu m 'assurer de la valeur de ce moyen dans deux cas de fistule intestinale ; les résultats ne m'ont pas été favorables. Dans l'un des cas, la mort a eu lieu, et, quoiqu'elle ne puisse être imputée que d'une manière très-indirecte à la médication iodée, le fait, en lui-même, ne saurait être considéré comme plaidant en faveur de cette méthode. Et, quant à l'autre, l'expérience a été faite d'une manière tellement complète, dans des conditions si favorables eu égard à la santé générale du sujet, que l'insuccès, en pareille circonstance, juge, en quelque sorte, sans appel, la question dont il s'agit.
On peut de ce qui précède déduire les conclusions suivantes :
4° Il y a toute une classe de hernies qui mérite le nom de hernies latentes (Richter les appelait hernies cachées) ; elles se rencontrent principalement dans la région épigastrique ou sus-ombilicale.
S* Les difficultés du diagnostic des hernies latentes ne sont jamais plus grandes que dans le cas d'une hernie sus-ombilicale latente coexistant avec
une hernie ombilicale manifeste, surtout si les deux hernies sont très-rapprochées Tune de l'autre et si des phénomènes inflammatoires sont survenus dans la hernie latente.
3° L'erreur que l'on peut commettre dans les cas de ce genre consiste à attribuer à la hernie visible des phénomènes qui dépendent de la hernie latente. Pendant qu'on dirige les moyens thérapeutiques contre la première, les accidents dus à la seconde continuent à s'aggraver , sans qu'on leur oppose un traitement efficace.
4° Pour obtenir de la suture le succès qu'on peut en attendre, il faut pouvoir raviver non-seulement l'orifice externe, mais encore l'orifice profond ou intestinal du trajet. Il faut ensuite raccourcir la longueur du trajet fisluleux, ce que l'on fait en adoptant un mode de suture qui ait pour résultat de rapprocher l'orifice profond de l'orifice cutané. Ou peut combiner à cet effet la suture enchevillée et la suture à points passés.
(Voir pour de plus amples détails sur cette question notre travail inséré dans les Arck. de méd., mai 4855.)
SECTION X