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TITRE 1. - IMPERFORATION DE L'ANUS ET DU RECTUM

quarts antérieure, et que de plus l'intestin est distendu par le méconium et par les gaz intestinaux.

Procédé cTAmussat. — Au lieu d'une incision longitudinale comme la faisait Callisen, Amussat fait une incision transversale à deux travers de doigt au dessus de la crête iliaque, incision qui, commençant sur le bord externede la masse sacro-lombaire, se continue en dehors, dans une étendue de 6 à 8 centimètres , à travers la peau, le tissu cellulaire, le muscle long dorsal, le grand et le petit oblique, le transverse et l'aponévrose qui se bifurque pour tapisser en avant et en arrière le muscle carré des lombes. Les bords de cette plaie étant fixés avec une pince ou avec la main gauche, on les divise perpendiculairement à leur direction, ce qui donne lieu à mie incision cruciale. '

Arrivé sur le côlon, ou y passe deux anses de fil entre lesquelles on hit une incision de 2 à 3 centimètres dont les bords sont unis à ceux de la plaie extérieure par une suture ou par des serres-fines.

Tel était l'état de la science sur l'opération de l'anus artificiel, lorsque M. Rochard publia un mémoire (25 janvier 4859) relatif à cette question.

Ce mémoire repose sur cinq observations recueillies chez des sujets opérés aussitôt après la naissance et parvenus à un âge plus ou moins avancé. KUes sont revêtues de toute l'authenticité désirable.

La première est celle de l'enfant opéré par Duret le 20 octobre 1793, et qui vint mourir en 4836 à l'hôpital de la marine, d'une maladie étrangère à son infirmité. — C'est le premier exemple de succès.

La deuxième observation est celle d'une femme opérée le 26 janvier 4813 ptr Seraud, chirurgien de 2e classe de la marine, et que M. Rochard a pu voir et interroger.

Chez cette malade les digestions sont excellentes, les selles périodiques et jusqu'à un certain point volontaires. Lorsque le besoin de la défécation se fait sentir, la malade en est avertie par un sentiment de gêne et de plénitude dans le flanc gauche. Elle retire alors la compresse et le bandage de corps qui composent tout son appareil et les replace lorsque le besoin est satisfait. Dans l'intervalle, il ne s'échappe pas de matières steroorales. 11 s'opère seulement un suintement muqueux par le bout supérieur. Robuste et bien constituée, la malade, malgré sa petite taille, est employée aux plus rudes travaux.

Le troisième fait est relatif à une dame opérée le 18 mai 4816 par Miriel. Depuis cette époque, elle n'a pas cessé d'habiter Brest. Elle est aujourd'hui mère de quatre enfants bien conformés qu'elle a nourris elle-même. Embonpoint ; constitution robuste.

Le quatrième fait se rapporte à une femme également opérée par Miriel et morte à l'âge de 30 ans, après avoir subi, cinq ans auparavant, l'amputation de la jambe pour une carie scrofuleuse des os du pied.

La cinquième observation est celle d'un jeune garçon mort à 14 ans à la

suite de blessures à la tête reçues dans une rixe. La tumeur, qui n'avait jamais été maintenue, présentait à l'époque de la mort une longueur de 10 centimètres.

Tous ces sujets ont été opérés par la méthode de Littré ; chez tous ceux qu'on a pu étudier, il s'est produit à la longue un renversement de l'intestin, variant pour la longueur de 3 à 10 centimètres et présentant danstoos les cas la même disposition. Ce renversement a constamment et exclusivement porté sur le bout inférieur. Fait extrêmement curieux, si on le rapproche de ce qui a lieu dans les cas d'anus contre nature résultant de hernies étranglées ou de plaies de l'abdomen. Alors en effet, lorsqu'il y a procidence de l'intestin, celle-ci est formée par le bout supérieur.

Les tumeurs sont parfois réductibles, mais en général on ne peut les faire rentrer qu'en partie. Elles sont du reste insensibles au toucher ; la membrane muqueuse qui les revêt, malgré le contact deTair etdes pièces d'appareil, ne s'enflamme jamais.

Somme toute , les sujets atteints de cette infirmité n'en ont été que médiocrement incommodés, et chez ceux qui ont succombe à différents âges, la mort a toujours été le résultat de maladies qui y étaient complètement étrangères.

Nous croyons avec M. Rochard qu'il faut donner la préférence à la méthode de Littré sur celle de Callisen, par les motifs suivants :

1° La région iliaque présentant moins de tissus à diviser que la région lombaire, l'opération y est plus simple, considération importante lorsqu'il s' agit d'enfants nouveau-nés ;

2° Pour recueillir ou pour contenir les matières, l'aine offre plus de facilités que la région lombaire ;

3° L'opération par la méthode de Littré a procuré un certain nombre de cures radicales ; la méthode de Callisen n'a pas donné un seul cas de succès.

Quant à l'objection fondée sur ce que l'ouverture de l'intestin est faite à une distance beaucoup plus grande de sa terminaison dans l'opération de Littré que dans celle de Callisen, elle n'est pas sans valeur, mais les faits parlent ici plus haut que la théorie et ne laissent pas de doute sur la préférence qu'il faut accorder à l'une des méthodes sur l'autre.

Quel que soit l'âge des sujets auxquels on doit faire l'opération de Tant» artificiel, c'est toujours à droite qu'il convient de pratiquer l'ouverture anormale, parce que c'est vers le cœcum, plutôt que partout ailleurs, qu'il faut ouvrir l'intestin.

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