TITRE VI. — CATHÉTÉR1SME DE L'URÈTRE
la pousse doucement de haut en bas, pendant que de la main gauche il attire la verge sur elle. Il la Tait glisser sans effort jusqu'à l'arcade sous-pubienne. Arrivé à ce point, l'o |>ërateur élève graduellement le pavillon de l'instrument en s' éloignant de l'abdomen et lui fait décrire un arc de cercle par lequel il l'incline entre les cuisses du malade, en même temps qu'il lui communique un léger mouvement d'impulsion qui la fait pénétrer dans la vessie.
On reconnaît que la sonde est dans la cavité vésicale, à la sensation qu'on éprouve d'une résistance vaincue et à l'issue de l'urine.
Cette opération si simple en apparence peut présenter quelques difficultés sur lesquelles il importe d'appeler l'attention.
1° L'instrument doit dans le premier temps glisser sur la paroi inférieure de l'urètre pour ne pas s'engager dans la valvule qui existe constamment à la paroi supérieure, à 2 ou 3 centimètres du méat urinaire.
2° Quand le bec de la sonde a franchi l'arcade pubienne, l'instrument doit se rapprocher de la paroi supérieure de l'urètre; car, en suivant toujours la paroi inférieure, on peut être arrêté soit par des replis de la muqueuse, soit par la saillie du veru montanum ou par l'orifice des conduits éjaculateurs.
3° L'extrémité de l'instrument peut arc- bouter contre le rebord de la prostate. Si l'on force l'obstacle, on rompt la portion membraneuse au dessous de la saillie prostatique et l'on engage la sonde dans le tissu cellulaire recto-vésical en produisant une fausse route.
4° La difficulté la plus sérieuse du cathétérisme urétral consiste à faire passer l'extrémité de la sonde de la portion spongieuse dans la portion membraneuse; c'est presque toujours en effet au niveau du bulbe que les fausses routes ont leur siège. Pour ne pas être arrêté en ce point, il faut laisser la sonde pénétrer pour ainsi dire d'elle-même et par sa propre pesanteur, et quand elle est engagée sous la symphyse, lui imprimer lentement le mouvement de bascule indiqué plus haut.
5° J'ai remarqué que c'est dans la rigole latérale gauche du veru montanum que se font les fausses routes à travers la prostate. Cela tient à ce qu'on sonde toujours de la main droite.
L'algalie de trousse a été longtemps un instrument défectueux. Sa division en deux parties est une circonstance désavantageuse contre laquelle on n'avait lutté jusqu'à présent que d'une manière très-inefficace. C'est au moyen d'un pas de vis que les deux pièces étaient articulées.
Depuis longtemps j'ai signalé comme inconvénients de l'algalie avis :
1° De rétrécir considérablement le calibre intérieur de la sonde, de telle sorte que le moindre caillot sanguin suffisait pour oblitérer la sonde' et mettre en doute la question de savoir si l'instrument avait ou n'avait pas pénétré dans la vessie.
2° D'exiger trop de temps pour la jonction des deux pièces, ce qui, en
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présence d'un malade qui va être soudé, n'est pas sans inconvénient:
3° D'exposer l'instrument, dès qu'il y a un peu d'usure du pas de vis. à produire un cliquetis qui le rend tout à fait impropre à l'exploration de la vessie quand on recherche l'existence d'un calcul et peut même donner lieu à des erreurs de diagnostic;
4° De se détériorer rapidement par l'usure prompte et inévitable du pa» de vis.
Voici comment j'ai cherché à éviter ces inconvénients :
Les deux moitiés de l'algalie sont retenues l'une contre l'autre au moyen d'une douille mobile qui porte une mortaise coudée, ayant une branche longitudinale et une branche transversale. La branche longitudinale de la mortaise, étant présentée à l'intérieur de la deuxième partie de l'algalie. reçoit un tenon faisant relief à la face interne de celle-ci ; puis, lorsque la branche longitudinale de la mortaise a été parcourue dans toute sa longueur par le tenon, un mouvement de rotation engage ce dernier dans la branche transversale où il est retenu solidement, de manière à rendre très-forte l'union des deux pièces. C'est, comme on le voit, le mode d'articulation d'une baïonnette, avec cette différence que le mécanisme est retourné et qu'au lieu d'être extérieur il est intérieur.
Presque toutes les difficultés du cathétérisme qui dépendent d'obstacles au col de la vessie : hypertrophies prostatiques; luette de Lie ut au d, valvules du col vésical, etc., peuvent être vaincues soit par l'emploi des sondes élastiques à bout olivaire, soit par les sondes élastiques volumineuses employées sans mandrin.
Mais, comme il est utile et même nécessaire dans certains cas de pratiquer le cathétérisme avec une sonde métallique, lorsque par exemple on suppose l'existence d'un calcul qu'il faut explorer, l'instrument le meilleur à employer, c'est la sonde à bec très-court et coudée presque à angle droit.
Pour le mode d'introduction de ces sondes il y a ceci à noter, que. lorsque l'instrument est arrivé au col de la vessie, et lorsqu'on lui a imprimé un mouvement de bascule ayant pour effet de relever le bec de la sonde, il faut, pour la faire pénétrer dans la cavité vésicale, lui communiquer un mouvement de propulsion de totalité sans lequel l'instrument resterait au col de la vessie.
Le cathétérisme dans les cas de ce genre se compose donc de trois temps bien distincts : 1° l'introduction jusqu'au col. qui se fait comme |>our toute» les introductions de sonde courbe; 2° le mouvement de bascule; 3** le mouvement de propulsion.
Quant aux moyens opératoires à employer pour la destruction de ces tumeurs du col de la vessie, on a proposé la section, l'écrasement et la compression.
La section s'effectue au moven d'un scarificate.ir. Celui de M. Mercier nous parait très-convenable.