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TITRE VI. — CATHÉTÉRISME DE L'URÈTRE

L'instrument que Leroy, d'Étiolles, a proposé pour appliquer à ces tumeurs la méthode de l'écrasement linéaire, est extrêmement ingénieux.

La compression pourrait se pratiquer à l'aide de grosses sondes; mais en général c'est un moyen très-infidèle.

Le procédé dit du tour de maître se pratique en introduisant la sonde, la concavité tournée du coté du scrotum. Quand l'extrémité de l'instrument est parvenue au dessous de la symphyse du pubis, on lui fait exécuter un mouvement de rotation par suite duquel sa concavité est ramenée en haut, en même temps que par un léger degré de pression, on le fait pénétrer dans la vessie.

Cathêtérisme recti ligne. — Le malade étant placé dans une position telle que les muscles abdominaux soient dans le plus grand relâchement possible, le chirurgien saisissant la verge entre le pouce, l'indicateur et le médius de la main gauche, la ramène dans une position presque* perpendiculaire à Taxe du corps ; il introduit ensuite directement la sonde en # ayant soin de suivre la paroi supérieure du canal tandis qu'avec la main gauche, il tire la verge sur elle. Quand il est arrivé à la prostate, il retire l'instrument de quelques lignes et en abaisse fortement le pavillon. — Par cette manœuvre, le bec de la sonde est élevé, et il suffit de lui imprimer le plus léger mouvement de bas en haut pour la faire entrer dans la vessie.

Cathêtérisme par les bougies et les sondes flexibles. — L'introduction de ces instruments dans la vessie est très-simple.

La verge du malade étant relevée vers le ventre sous un angle de 45 degrés, le chirurgien saisit la bougie ou la sonde, et, l'introduisant dans la portion spongieuse du canal de l'urètre, il la pousse doucement dans la nirme direction jusqu'à ce qu'elle soit parvenue dans la vessie.

Néanmoins le cathêtérisme peut encore ici présenter quelques difficultés.

Il arrive souvent : 1° que l'extrémité de l'instrument s'engage dans la valvule qui existe à la paroi supérieure du canal de l'urètre, à quelques millimètres du méat urinaire ; 2° que le cathéter heurte contre une lacune. — Dans ces deux cas, il suffit de retirer la bougie de quelques millimètres et de la pousser ensuite, en l'écartant, autant que possible, de la paroi sur laquelle on a rencontré l'obstacle.

Manière de fixer une sonde dans le canal de l'urètre. — On attache à la sonde et par leur milieu deux mèches de coton dont les chefs sont fixés sur le corps de la verge avec une simple bandelette de sparadrap roulée autour de l'organe de manière à maintenir les quatre chefs à égale distance les uns des autres.

S'il s'agit d'une sonde creuse, on a soin de la fermer avec un fausset pour empocher l'issue continuelle de l'urine. Un bout de bougie urétrale dont le diamètre est convenable remplit très-bien cet office. Chez certain*» malades les bougies élastiques laissées à demeure, deux he:ires seulement

chaque jour, prennent très-promptement une courbure stable (courbure du trichocéphale) : c'est une courbure à grand rayon.

Nous avons remarqué que ces bougies ainsi courbées par suite d'usage antérieur pénétraient dans la vessie avec beaucoup de facilité.

Nous avons pensé à utiliser cette circonstance en nous servant, soit de bougies auxquelles on aurait donné artificiellement cette forme de prime abord, soit de bougies qui l'auraient acquise par suite d'introductions antécédentes, sur le malade lui-même, ou sur d'autres malades. (Voyez sur ce sujet le travail de Gély.)

L'usage de la sonde à demeure a de graves inconvénients ; chez un certain nombre de sujets la présence continue de la sonde donne lieu à des eschares et chez tous à une irritation fort vive de l'urètre.

Quoi qu'il en soit, il faut faire remarquer au sujet dessondes à demeure : 1° qu'il y a des différences individuelles très-notables eu égard à la manière dont sont supportés ces instruments ; 2° que les accidents dus à la présence du corps étranger se remarquent surtout pendant les premiers . jours de son emploi ; 3° enfin qu'il est' des cas où l'établissement d'une sonde à demeure est commandé par des indications forcées.

Une conclusion à tirer de ces remarques, c'est que le chirurgien doit s'attacher à trouver le moyen de rendre tolérable la présence des soudes. La tolérance de Pnrètre pour les sondes s'obtient d'un côté par la répétition d'introductions momentanées des instruments, d'un autre côté par l'exiguïté de diamètre des premiers instruments qu'on essaie de laisser à demeure.

Quant aux circonstances qui conduisent le chirurgien à désirer l'emploi de la sonde à demeure, nous devons citer le cas où, le cathétérisme étant très-difficile, on ne veut pas s'exposer à le renouveler souvent.

De la fièvre intermittente urétrale et de sa localisation. — Nous appellerons fièvre intermittente urétrale, la fièvre que tous les chirurgiens ont observée comme conséquence du cathétérisme.

Il était très-curieux de savoir si le contact instrumenta] de la totalité de l'urètre est nécessaire pour la production des accès intermittents, ou s'il suffit que l'une des portions de ce canal ait subi ce contact, et dans ce dernier cas quelle était cette partie.

En cherchant à résoudre la question par la méditation des faits antérieurs à celui dont je vais parler, on pouvait être conduit à soupçonner que ce n'est point dans la portion membraneuse ou dans la portion prostatique de l'urètre que se trouve la localisation de la fièvre intermittente urétrale. Eu effet, je n'ai jamais pour mon compte observé la fièvre urétrale après le cathétérisme chez la femme, et je ne sache pas que personne ait mentionné un seul exemple de dérogation à cette règle.

A quoi cette immunité de la fièvre urétrale après le cathétérisme chez la femme pouvait-elle être attribuée ? Cette question n'était pas facile à ré-

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