‹ Traité clinique et pratique des opérations chirurgicalesChapitre 23 sur 236 · TITRE II. — DR LA TÉNOTOMIE · texte numérisé non relu

TITRE II. — DR LA TÉNOTOMIE

Atlaquera-t-on le tendon par sa face superficielle etimmédiatement sous cutanée pour en continuer la division vers des parties de plus en plus profondes et jusqu'à section complète, ou bien conduira-tron d'abord l'instrument d'emblée sous la face profondedu tendon pour le diviser ensuite de la profondeur vers la surface, en évitant qu'une échappée fâcheuse ne vienne intéresser la peau? Dans ce dernier cas ce ne serait plus une teuotomie ■oui-cutanée, mais une opération à ciel ouvert, ainsi qu'elle a été faite dans le principe, pratique dangereuse et qui doit être évitée à tout prix.

C'est donc entre le procédé qui coupe le tendon de l'extérieur vers l'intérieur et celui qui le divise en sens inverse que le praticien doit faire un choix. Je donne la préférence à celui dans lequel on procède de la partie profonde du tendon vers la peau. Mais comme chacun des deux procédés compte en sa faveur des autorités également compétentes, il y a nécessité de justifier la préférence que j'accorde à Tune des méthodes à l'exclusion de l'autre. Voici donc les raisons qui m'ont conduit à adopter d'une manière générale le mode opératoire qui attaque le tendon par sa partie profonde.

À. Lorsque dans une opération il y a un temps délicat ou difficile, il est toujours préférable d'aborder la difficulté le plus promptement possible. Celle-ci est-elle levée, le reste de l'opération se fait comme de soi-même, et l'opérateur, exempt de toute préoccupation, a beaucoup de chances de mieux faire ce qu'il fait. — Or, quel est le temps difficile dans la ténotomie ? c'est la section des couches profondes du tendon. Mais si l'on divise celuici de sa face superficielle à sa face profonde, il est évident qu'on réserve la difficulté pour la fin de l'opération. Si l'on commence au contraire par isoler le tendon des parties profondes en passant le ténotome au dessous de lui, la difficulté est vaincue de prime abord, et l'opérateur se sent débarrassé de toute inquiétude, même avant d'avoir commencé la section de ce tendon.

R. La question se juge encore par la comparaison des dangers et des fautes que l'on peut commettre dans le manuel opératoire. Quelles sont ces fautes? C'est la blessure de tel ou tel organe par suite d'une échappée involontaire de l'instrument. — Or, si l'échappée a lieu dans le procédé qui coupe le tendon de la profondeur vers la superficie, l'organe qui peut être blessé, c'est la peau ; si l'échappée a lieu en coupant de la superficie vers la profondeur, ce sont des vaisseaux importants qui peuvent être divisés. Or, en admettant qu'il fût impossible d'échapper à cette alternative, il vaudrait infiniment mieux tomber dans la première faute que de commettre la seconde.

C. Pour que le tendon se divise bien dans toute son épaisseur, il faut que d'un bout à l'autre de l'opération il soit tendu à la manière d'une corde. Cela est beaucoup plus nécessaire dans le procédé qui va des parties superficielles aux parties profondes que dans l'autre, car c'est la tension de

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