‹ Traité clinique et pratique des opérations chirurgicalesChapitre 24 sur 236 · CHAPITRE llv— DE LA TÉN0T0M1E EN PARTICULIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE llv— DE LA TÉN0T0M1E EN PARTICULIER

la corde fibreuse qui seule protège les vaisseaux profonds, parce que cette corde ne peut être tendue sans s'éloigner des vaisseaux. Or, quand on a déjà divisé les trois quarts ou les quatre cinquièmes du tendon, il y a moins de chances pour que les dernières couches de celui-ci aient une tension suffisante.

Du reste, on peut concilier ces deux manières de faire. Ainsi, pour diviser les couches profondes du tendon, on glisserait le ténotome entre lui et les vaisseaux. Pour diviser les couches superficielles, on le ferait glisser entre le tendon et la peau, et la section des couches moyennes serait faite la dernière, comme s'éloignant également du double danger qui doit être évité.

2* Tendon du jambier antérieur. — La section de ce tendon a été pratiquée par MM. Du val , Stromeyer et Dieffenbach. On y a généralement recours dans le pied-bot varus, quand la section du tendon d'Achille a été insuffisante.

Pour atteindre le tendon du jambier antérieur, on fait sur la partie latérale externe du pied, une ponction par laquelle on glisse le ténotome en le dirigeant vers le cou-de-pied, jusqu'à la rencontre du tendon que l'on sectionne de la profondeur vers la surface.

3# Tendon du jambier postérieur. — La section de ce tendon n'a peutêtre jamais été faite ; elle ne serait guère applicable qu'au pied-équin compliqué de varus.

Pour exécuter cette opération, on fait reposer le membre sur sa face externe, puis on ponctionne la peau à quelques millimètres au devant de la malléole interne. Le ténotome introduit par la petite plaie est glissé à plat jusqu'à la rencontre du tendon du jambier postérieur et sous ce dernier de manière à se mettre en règle avec l'artère plantaire interne. Le tranchant de l'instrument est alors tourné vers le tendon que l'on sectionne à l'aide de petits mouvements de va-et-vient, en ayant soin de ne pas intéresser la peau.

A* Tendons des péroniers latéraux. — La section de ces tendons pouitait être faite avec avantage dans le pied-bot valgus.

Pour Ja pratiquer, on pénétrerait à 2 centimètres environ au dessus de la hase de la malléole externe , puis glissant le ténotome vers le tendon d'Achille, on sectionnerait d'un seul coup les deux tendons des péroniers latéraux en agissant ici de la surface vers la profondeur. Si l'on opérait au dessous de la malléole, on pourrait faire la section de la profondeur vers la surface et couper les tendons isolément l'une de l'autre.

.V Tendons de la cuisse. — Les tendons des muscles biceps, couturier, droit interne et demi-tendineux ont été coupés par Stromeyer et Dieffenbach, dans le but de remédier à la flexion permanente de la jambe.

Le malade étant couché sur le ventre, on introduit le ténotome par le côté externe, s'il s'agit du biceps ; par le côté interne, s'il s'agit des tendons qui concourent à former la patte d'oie. Puis le ténotome ayant été

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engagé au dessous dos cordes tendineuses les divise en marchant de la profondeur vers la surfaee.

De la ténoton&fte aux membres ■npèrlrars.

lo Tendons de la main.

A. Tendons extenseurs. — Veut-on sectionner ces derniers à la face dorsale des doigts ou de la main, on fait un pli à la peau à quelque distance du tendon rétracté, et par l'un des côtés de ce pli, on glisse à plat le ténotome jusqu'au dessous du tendon que l'on sectionne de la profondeur vers la surface pour éviter les veines.

Au métacarpe les mêmes précautions devront être observées.

Quand on pratique la section des tendons radiaux, de ceux du long abducteur et du long extenseur du pouce, il faut, pour ne pas intéresser l'artère radiale, qu'au moment de l'introduction du ténotome, le pouce soit porté fortement dans l'extension et dans l'abduction.

Si Ton n'avait à couper que les radiaux, il vaudrait mieux que la main, un peu renversée en arrière, fût complètement fermée.

B. Tendons fléchisseurs. — La nécessité d'ouvrir leurs gaines synoviales fait de la section de ces tendons à la région des doigts, une opération assez délicate. Joignez à cela la possibilité de blesser les artères collatérales.

Pour pratiquer l'opération on pénétrerait par une petite plaie faite préalablement à distance du point où Ton veut agir et sur la partie latérale du doigt, on passerait le ténotome sous le tendon rétracté, et on le couperait par de très-petits mouvements de scie, pour éviter que la pointe de l'instrument n'intéressât la peau sur le côté opposé.#

A la paume de la main dangers plus grands encore par suite de la nécessité où l'on est de traverser l'aponévrose, de manœuvrer au milieu de ucefs et de vaisseaux nombreux, sans compter que l'ouverture des gaines synoviales a encore ici plus d'inconvénients que dans le cas précédent.

Le manuel opératoire n'offre d'ailleurs rien de particulier.

2° Tendons de la région hmnèro-oubiUU.

Triceps. — Les seules précautions qu'exige la section du tendon du iriceps consistent : 1° à le couper à 0*,027 environ au dessus de Tolécrane pour éviter plus sûrement la capsule synoviale de l'articulation ; V à éviter le nerf cubital qui est situé en dedans et passe sur la face postérieure de l'épitrochlée.

Tendon du biceps. — La section de ce tendon est facile à pratiquer. Ponction sur la partie externe du pli du bras ; glissement du ténotome par la petite plaie jusqu'au dessous du tendon du biceps ; section de ce tendon l*r le tranchant de Pinfltrument tourné en avant. Éviter d'une pari Far-

SfcCT. VI. — OPÉHATIONS SUR Lfc SYSTÈME MUSCl LAIKt. Ul

tére brachiale, d'autre part les veines du pli du bras, et les nerfs cutaués suit interne, soit externe.

3° Tendons de la région «nllaire.

La ténotomie ne paraît pas avoir été appliquée jusqu'à ce jour aux tendons des muscles grand et petit pectoral, grand rond, grand dorsal, etc.

On conçoit néanmoins la rétraction possible de ces tendons. On applique en pareil cas. à leur section les principes que nous avons exposés.

Tendons de U région cervicale.

Stemo-mastoïdien. — Pour exécuter la section de ce muscle près de ses attaches sternale et claviculaire, je fais à la partie antérieure et inférieure du sterno-mastoïdien sur le côté opposé à celui sur lequel je dois pratiquer la ténotomie, une petite ponction à travers laquelle je conduis le ténotome avec précaution au dessous des attaches inférieures du sterno-mastoidien. Le tranchant est retourné alors en avant et la section se fait de la profondeur vers la surface.

D'autres muscles de la région cervicale pourraient donner lieu à l'opération de la ténotomie. Stromeyer a coupé une fois le trapèze chez une jeune fille chez laquelle un torticolis n'avait été qu'incomplètement détruit par la section du sterno-mastoïdien. (iooeh a divisé une corde hbrocelluleuse due à la rétraction du muscle peaucier.

Si l'on avait à remédier à quelque difformité résultant de la rétraction de ces muscles, on opérerait d'après les règles que nous venons d'exposer pour la section du sterno-mastoïdien.

Voyez pour la ténotomie oculaire le chapitre des Maladies des yeux.

SECTION VI

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