‹ Traité clinique et pratique des opérations chirurgicalesChapitre 231 sur 236 · II · texte numérisé non relu

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d'action de l'écraseur un godet concave se produisait aussi bien du coté des parties restantes que du côté du segment enlevé. .

Cela tient, selon toute évidence, à ce que L'écrasement des tissus commençant par les fibres centrales et n'ayant lieu qu'en dernière analyse pour les couches périphériques, il en résulte une forme concave sur la double coupe.

M . Demarquay a fait quatre fois l'amputation du col au moyen de l'écrasement; il a vu sur le segment enlevé la cupule indiquée par M. Robert, mais il a reconnu par le toucher vaginal que la section était néanmoins transversale. Sur les quatre maladesde M. Demarquay, une seule est morte de l'opération ; elle a succombé le dixième jour à une bémorrbagie secondaire. Lue autre est morte au bout de 15 mois des suites de la récidive de son cancer: les deux autres vivent encore. Aucune de ces femmes n'a eu de péritonite. — M. Demarquay a pratiqué trois fois l'opération par l'instrument tranchant dans le service de M. Monod: les trois malades sont mortes en moins de quarante-huit heures. Il n'a vu qu'une seule des opérées de Blandin survivre à l'opération.

M. Robert a insisté également sur la gravité de l'opération par instrument tranchant. Les principaux dangers viennent de l'hémorrhagie immédiate ou consécutive, de la métro-péritonite et de la lésion involontaire des organes voisins. M. Robert dit même avoir ouvert une fois le cul-de-sac recto- vaginal du péritoine malgré toutes les précautions qu'il a pu prendre.

L'hémorrhagie est grave à la fois par elle-même et par le traitement qu'elle réclame. Elle oblige souvent à tamponner le vagin, et la présence du tampon provoque de graves accidents d'inflammation.

L'écrasement linéaire n'a pas seulement l'avantage de mettre à l'abri de l'hémorrhagie et des accidents qu'entraîne la nécessité de tamponner le tagin, il a de plus l'avantage de permettre de pratiquer l'amputation du col sans qu'il soit nécessaire d'attirer préalablement l'utérus en bas. Cet abaissement forcé qui constitue le premier temps de l'opération, lorsqu'on se sert de l'instrument tranchant, est la source d'accidents fort graves et ne contribue pas peu à la production des inflammations et des péritonites qui font succomber un si grand nombre d'opérées.

De l'abus du fer rouge dans le traitement des maladies de l'utéra*

L'un des plus grands abus de la chirurgie du temps présent, c'est l'usage devenu banal du fer rouge, usage qui s'est répandu peu à peu par suite de l'irréflexion de beaucoup de praticiens.

Il est grand temps d'attaquer cette ridicule croyance qu'avec le fer rouge on fait quelque chose d'utile dans la thérapeutique utérine : car ct'tte croyance fait chaque jour de nombreuses victimes, et cela à l'insu de aux ou de l'immense majorité de ceux qui ont recoure à ce moyen.

L'emploi du fer rouge comme moyen de traitement du cancer utériu a été inventé par la peur, peur bien légitime, il est vrai, quand la chirurgie n'avait à opposer au cancer du col utérin que le bistouri.

Le fer rouge ne doit plus être considéré que comme un palliatif insignifiant et barbare, insignifiant parce qu'il ne détruit que des épaisseurs tout à fait insuffisantes, barbare lorsque, comme cela se fait malheureusement tous les jours, on l'applique pour de simples granulations qu'une solution légèrement caustique guérit parfaitement bien.

i° Comme moyen de destruction des tumeurs cancéreuses, le fer rouge, nous l'avons dit, ne détruit que fort peu de chose.

Ce qui bit croire à une action plus grande que ne Test l'action réelle, ce sont ces cas de fongosités mollasses que le cautère réduit en bouillie. Mais c'est alors comme agent mécanique qu'il produit ce résultat et non comme agent cautérisateur. Il est donc insuffisant comme agent de destruction par brûlure, mais de plus il est dangereux parce qu'il suscite un état d'inflammation et d'échauflement dans les tissus restants. Il est trompeur en ce qu'il fait naître l'illusion d'une opération que l'on croit complète et qui ne l'est pas.

2° Comme moyen complémentaire d'une abrasion incomplète, le fer rouge est encore une source d'illusions. Il laisse survenir des récidives sur place.

3° Comme moyen curatif de maladies sans gravité, il n'a d'autre mérite qued'agir fortement sur l'imagination des malades. C'est un moyen théâtral.

Dans le numéro du 46 juin 1859 de la Gazette des hôpitaux, il a été publié troiscas de rétrécissement du vagin comme conséquence de l'emploi abusif du fer rouge dans le traitement des maladies utérines.

Les effets bien connus d'atrésie par brûlures accidentelles au voisinage des orifices naturels tels que l'ouverture palpébrale, celle de la bouche et surtout celle de l'anus dans le traitement des hémorrhoïdes par le cautère actuel, donnent une idée de la lésion que le même genre de cause peut produire sur le vagin.

La première observation est un exemple d'oblitération complète du vagin, à la suite de la cautérisation.

La deuxième est relative à une coarctation du vagin n'occupant que l'entrée de l'organe et qui a été une suite de cautérisation du col ainsi que la précédente.

La troisième a pour objet un rétrécissement du vagin suite d'une cautérisation au fer rouge.

CONCLUSIONS

1° Lestméthodes employées antérieurement à nous pour l'amputation du col utérin exposent aux inconvénients et aux dangers que voici : 1° l'hémorrhagie ; 2° la péritonite : 3° les inflammations purulentes du bassin ;

4° la phlébite ; 5° la perforation du péritoine, du rectum ou de la vessie : 6° la récidive.

2° Il y a indication de procéder à l'amputation du col de l'utérus : 1° lorsqu'on a constaté l'impuissance de tous les autres moyens de traitement ; 2° lorsque l'altération des tissus est circonscrite dans des limites accessibles aux instruments du chirurgien.

3° L'altération du corps de l'utérus, l'engorgement des ganglions pelviens et celui des ovaires constituent une contre-indication à l'amputation du col utérin.

4° La méthode de l'écrasement linéaire appliquée à ce genre d'opération» offre le double avantage : 1° de sauvegarder contre l'hémorrhagie ; ¥ de permettre l'amputation des parties malades sans exiger rabaissement préalable de l'utérus.

De l'extirpation de l'utérus en totalité.

Nous ne parlerons de cette opération que pour engager les chirurgiens à ne la jamais tenter. Incapable de donner lieu à un résultat sérieusement utile, elle ne peut être que compromettante pour le bien des malades, et pour la considération même de celui qui ose l'entreprendre. — Tout ce qui a été écrit sur ce sujet en faveur de l'opération, est tellement empreint d'exagération, qu'il est impossible, dans l'état actuel de la science, de retirer rien d'utile et d'applicable des observations d'extirpation d'utérus qui sont mentionnées dans les livres.

Quoique des noms d'une certaine autorité aient été invoqués, l'immense majorité des faits cités manque de contrôle et de l'authenticité nécessaire pour qu'on les admette dans le sens où ils ont été donnés. Si Ton met de côté les cas dans lesquels on a pris pour l'utérus un polype fibreux, ceux dans lesquels une excision plus ou moins considérable de l'utérus sans ablation complète a été faite et qui ont été présentés comme des cas d'extirpation, si enfin on élague les observations incomplètes et notoirement insuffisantes, on verra qu'il n'y a pas lieu d'étayer la moindre pratique raisonnable sur les matériaux que la science possède jusqu'à ce jour.

Nous ne perdrons point notre temps à discuter des faits qui manquent à nos yeux des garanties nécessaires pour avoir une valeur réelle, et noo> nous bornerons à dire que. fût-il démontré qu'après certaines ablations complètes de l'utérus, quelques femmes en très-petit nombre aient survécu un temps plus ou moins long, il n'en est pas moins constant que l'ablation complète de l'utérus est une opération excessivement meurtrière, n'offrant aux malades aucune chance de guérison durable et qu'aucun chirurgien sérieux ne doit la pratiquer. ,

Pour terminer ce que nous avons cru devoir dire à ce sujet par un simple fait d'observation cadavérique, qui donnera la mesure de la sincérité et de

l'exactitude qu'on a pu mettre à recueillir les observations d'ablation complète, nous ferons remarquer que, toutes les fois que sur le cadavre on veut pratiquer cette opération, elle est immédiatement et inévitablement suivie de la protrusion des intestins dans la cavité du vagin, et même au dehors de cette cavité. Si de ce qui se passe sur le cadavre, et alors qu'il y a inertie complète du diaphragme et des parois abdominales, on s'en réfère k ce qui doit avoir lieu pendant la vie, et si on lit les observations dans la plupart desquelles il n'est pas dit un mot de ce genre d'accident, on sera à même d'apprécier le degré d'exactitude avec lequel ont été recueillis les faits de ce genre.

Et maintenant, si l'on vient nous dire que des chirurgiens d'un grand renom et dont l'autorité, sur toute autre question, peut être légitimement acceptée, ont réussi à enlever totalement l'utérus cancéreux en disséquant minutieusement le péritoine sans ouvrir ni déchirer cette membrane en aucun point, nous affirmerons qu'il peut y avoir eu à cet égard erreur involontaire, mais qu'à coup sûr il y a erreur.

TITRE XVII

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