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OPÉRATIONS QUI SE PRATIQUENT SUR LE SYSTÈME MUSCULAIRE

Il n'existe qu'un petit nombre d'opérations qui soient directement applicables au système musculaire proprement dit. Toutefois nous ne devons pas oublier qu'indépendamment de la myotomie par la méthode souscutanée le chirurgien possède encore comme moyen de modifier l'état de la substance musculaire trois grandes ressources qui sont : la Faradisation* le Massage et la Kinésithérapie.

Myotomie.

U myotomie doit surtout l'importance quelle a pu acquérir aux expé^ riences et aux recherches de M. J. Guérin.

Ce médecin a pu pratiquer des incisions sous-tégumentaires de 0^,135 de longueur sur 0m,054 de profondeur, sans qu'aucun accident soit survenu.

L'épanchenient de sang qui se forme immédiatement est souvent assez considérable pour soulever la peau et donner lieu à une tumeur fluctuante, mais il ne tarde pas à se résorber, et il ne reste plus, entre les extrémités du faisceau musculaire divisé qu'une substance molle, organi sable, qui acquiert chaque jour une plus grande consistance, revêt rapidement les caractères du tissu cellulo-fibreux et rétablit la continuité musculaire.

Électrleation musculaire.

Les muscles peuvent être électrisés , i° par l'électricité statique; 2° par l'électricité de contact (galvanisation musculaire) ; 3° par 1 électricité d'induction (faradisation musculaire).

1° Eleotritation musculaire par 1'éleotrioité statique.

L'électricité statique est peu employée aujourd'hui pour l'électrisation des muscles, en raison des nombreux inconvénients auxquels elle donne lieu. — D'abord elle ne peut pénétrer jusqu'au tissu musculaire sans exciter en même temps la peau à la surface de laquelle elle produit une étincelle électrique. — En second lieu elle détermine une commotion qui déchire les vaisseaux capillaires et cause une torpeur plus ou moins profonde des organes. Enfin le volume des appareils qui dégagent cette espèce d'électricité est un obstacle sérieux à son application.

Néanmoins M. Duchenne de Boulogne pense qu'elle doit être préférée à l'électricité dynamique dans les cas où les muscles s abritent derrière un tissu cellulaire trop chargé de graisse ou infiltré de sérosité. L'appareil dont il se sert alors se compose d'une machine électrique, d'une bouteille de Leyde et d'un électromètre placé sur la table de la machine. — Deux excitateurs communiquant chacun par une chaîne avec une des extrémités de la machine, sont appliqués sur le point correspondant au muscle dont on veut solliciter la contraction.

2° Galvanisation musculaire localisée.

L électricité galvanique a sur l'électricité statique cet avantage qu'elle peut faire contracter les muscles sans exciter la peau. Mais elle n'est pas non plus sans inconvénients.

A quelque point de la face qu'on applique le galvanisme, ou afleetc vivement la rétine qui perçoit des sensations lumineuses. D'ailleurs les appareils galvaniques (de Cruikshank, de Wollaston et de Bunsen), sont gênants dans la pratique, soit à cause de leur volume, soit à cause dos

acides qu'ils nécessitent et des gaz qui se dégagent, soit à cause de leurs propriétés calorifiques.

Les appareils galvaniques font contracter assez énergiquement les muscles. Malheureusement ils sont exposés, comme toutes les batteries galvaniques, à s'affaiblir presque aussitôt qu'on les a mis en action.

Supposez qu'un courant galvanique porté à son maximum d'intensité ait déterminé la contraction énergique d'un muscle. La deuxième contraction sera un peu moins forte jet les contractions suivantes s'affaibliront progressivement, au point qu'après un certain temps le muscle se contractera à peine.

3° Faradisation musculaire localisée.

L'électricité d'induction est celle qui convient le mieux au système musculaire. En effet c'est celle qui produit les contractions les plus énergiques sans donner lieu aux inconvénients que nous avons reprochés à l'électricité statique et au galvanisme.

On pratique la faradisation musculaire, soit en concentrant l'excitation électrique dans les plexus ou dans les troncs nerveux, qui la conduisent aux muscles placés sous leur dépendance, soit en dirigeant cette excitation sur chacun des muscles ou de leurs faisceaux. Ce dernier mode a été désigné par M. Duchenne sous le nom de faradisation musculaire directe par opposition au premier mode qu'il a appelé faradisation musculaire indirecte.

Ces deux modes de faradisation se pratiquent au moyen d'un appareil d'induction dont les excitateurs humides sont placés sur les points de la peau qui correspondent soit aux muscles eux-mêmes, soit aux nerfs qui les animent.

La faradisation musculaire indirecte exige la connaissance exacte de la position et des rapports anatomiques des nerfs. L'application de ce mode est des plus simples sur les membres où la plupart des troncs nerveux, étant sous-cutanés dans un point de leur continuité, sont accessibles aux excitateurs. Dans les autres régions, comme à la face et au cou, la faradisation indirecte est plus difficile et plus délicate.

La faradisation musculaire directe consiste à faire contracter individuellement chaque muscle ou chaque faisceau musculaire, en plaçant les excitateurs humides sur les points de la peau qui correspondent à la surface du muscle. L'opération, qui est des plus faciles pour les muscles superficiels, devient plus délicate pour les muscles profonds. Cependant il faut savoir que la plupart de ces derniers présentent sous la peau un point de leur continuité par lequel ils sont. accessibles à l'excitation directe.

Il faut toujours placer les excitateurs au niveau de la masse charnue des muscles et jamais au niveau de leurs tendons : car la stimulation de ces derniers ne peut produire la contraction musculaire.

1 U St&TlOiN VI. - OPÉRATIONS SUR LE SYSTÈME MUSCULAlAk.

Plus un muscle est épais, plus le courant doit ♦être intense, l'électricité j>énétrant d'autant plus profondément que l'appareil est plus puissant.

Quand les excitateurs humides ne sont en rapport qu'avec la face externe des muscles, on peut être certain que les contractions musculaire» 41 ont pas lieu par l'intermédiaire des filets nerveux, puisque ceux-ci n'arrivent aux muscles superGciels que par leur Face profonde, ainsi que je l'ai

démontré dans mes recherches sur le mode de dftetrllnUftoa des merfc dus les m«»cle». 1833. (Yoy . les notes de ma traduction de Swan, 99.)

M. Ducbenne de Boulogne a désigné sous le nom de faradisation mmculaire localisée par courants dérivés, le mode qui consiste à faradiser plusieurs muscles à la fois, par exemple, deux muscles homologues de la face, les deux grands ou petits zygomatiques, les deux triangulaires des lèvres, etc.; quatre excitateurs sont mis en rapport avec l'appareil d'induction au moyen de quatre cordons conducteurs fixés, deux à l'un des boutons ou aboutit le courant d'induction, et les deux autres au second bouton. Deux excitateurs sont tenus dans chaque main de manière que le* électricités de nom contraire soient réunies dans une seule main et chaque paire d'excitateurs est appliquée l'une sur les muscles du côté droit, l'autre sur les muscles homologues du côté opposé.

Pour appliquer l'un des modes de faradisation que nous venons de décrire à un nerf ou à un muscle, il importe de connaître le degré d'excitabilité de ce nerf ou de ce muscle, pour ne pas s'exposer à des accidents d'une certaine gravité.

Certaines portions d'un même muscle sont plus excitables les unes que les autres. De plus l'exagération de la sensibilité électrique dans certaines régions ou chez certains sujets rend quelquefois la faradisation musculaire impraticable. Ainsi l'excitabilité des muscles de la face est très-grande, en raison des filets nombreux que leur envoie la cinquième paire. Au cou le peaucier, le sterno-mastoïdien et le bord externe du trapèze sont beaucoup plus excitables que les autres muscles de cette région. Les muscles de la région jambière antérieure sont plus sensibles à l'action électrique que ceux de la région jambière postérieure, etc. L'intéressant ouvrage de M. Duchenne, de Boulogne, donne sur ce point tous les renseignements désirables.

Massage.

Ou désigne sous le nom de massage certaines manœuvres exercées sur les muscles à travers la peau dans un but hygiénique ou thérapeutique.

Ou peut distinguer deux sortes de massage : le massage par malaxation et le massage par jiercussion.

Le massage par malaxation consiste à pétrir ou à malaxer les rnusclo avec les doigts, a exercer sur la |k?uu des frictions énergiques, à imprimer

aux diverses jointures des mouvements en divers sens, le tout dans le but le tonifier les muscles, d'assouplir les articulations, en un mot de cornjattre les effets de la fatigue ou de la faiblesse, dans le système fibro- Dusculaire.

Nous n'avons pas à nous occuper ici du massage en tant que moyen ijgiénique, et tel qu'il est employé en Orient et chez certains peuples du lord de l'Europe. Nous dirons seulement qu'il se pratique habituellement i une température élevée, soit dans une étuve sèche, soit dans une étuve numide, soit dans le bain.

Au point de vue thérapeutique, le massage par malaxation est surtout ipplicable aux rétractions musculaires, à la contracture, au rhumatisme chronique. M. Legroux a fait un heureux emploi de ce mode de massage dans le traitement du sclérème des nouveau-nés.

Le massage par percussion s'exécute à l'aide de palettes rembourrées qu'on adapte à un manche allongé. Les deux mains armées chacune d'une palette exécutent la percussion alternativement sur deux points d'un même muscle. Il importe de choisir pour l'application de cette manœuvre les points du corps qui sont les plus charnus.

SECTION VII

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