‹ Traité clinique et pratique des opérations chirurgicalesChapitre 33 sur 236 · TITHE III. — HYDROCÉPHALIE CHRONIQUE · texte numérisé non relu

TITHE III. — HYDROCÉPHALIE CHRONIQUE

Le résultat de deux mensurations faites à six mois de distance, coïnci- «lemment à l'emploi de cette médication, a été le suivant :

Obs. — Hydrocéphale chronique. — Hudelot (Jean-Baptiste), âgé de 3 ans, est apporté de temps à autre à la consultation de l'hôpital Saint-Antoine.

Le 15 février 1851 nous avons pris les mesures suivantes :

1° A la hauteur des bosses frontales, la circonférence du crâne prise perpendiculairement à Taxe de cette cavité offre 0",67.

2° De la bosse frontale moyenne à la partie la plus déclive de l'occipital, 0m,45.

3° D'un conduit auditif à l'autre en passant sur la partie la plus saillante des deux bosses pariétales, 0", 48.

Mesures prises six mois après. — 1° Sur la ligne médiane, depuis la bosse frontale jusqu'à la tubérosité occipitale, 0",47;

2° D'un conduit auditif à l'autre en passant sur le centre des bosses pariétales, 0-,49;

3° Circonférence du crâne horizontalement, 0m,60.

Revu en juin 1852. — Le développement du corps se fait très-bien. L'enfant parle.

Chez l'enfant de 14 mois au contraire, le dépérissement devenait chaque jour plus marqué à mesure que la tête augmentait de volume. Il y avait un état de contracture permanent aux jambes et aux avant-bras. Des eschares s'étaient produites sur la région occipitale et menaçaient d'envahir les parties voisines.

Il y avait donc indication d'opérer, et je pratiquai la ponction, mais celleci ne put prévenir la terminaison funeste qui eut lieu quelque temps après.

L'opération une fois décidée, et c'est de la ponction seulement qu'il s'agit ici, on y procède de la manière suivante :

Les lieux d'élection de la ponction sont la suture frontale et la suture fronto-pariétale. La principale précaution consiste à ne pas ponctionner sur le trajet d'un sinus veineux. Le trocart doit être enfoncé à une profondeur qui varie suivant le volume de la tumeur, et suivant l'épaisseur qu'on pourra supposer à la paroi cérébrale formant la cavité qui contient le liquide de l'épanchement.

Traitement. — De toute l'histoire de l'hydrocéphalie résulte l'impuissance évidente de tout traitement dans l'immense majorité des cas. Les meilleurs conseils qui aient été donnés au sujet du traitement nous paraissent les suivants : Combattre le vice scrofuleux et rachitique, prévenir l'afflux du sang vers la tête, préserver le crâne des violences extérieures, redoubler de précautions hygiéniques, surtout chez les enfants nés d'une mère qui a déjà mis au monde d'autres enfants atteints d'hydrocéphalie ou de quelque autre maladie du cerveau.

Nous ne parlerons pas d'une foule de moyens qui ne nous paraissent ni sérieux ni utiles, et à plus forte raison de quelques autres qui ne peuvent être que nuisibles.

Les moyens thérapeutiques, proprement dits, qui nous paraissent inspirés par les vues les plus rationnelles, sont fondés sur ce principe, qu'en déterminant une révulsion énergique à l'égard de l'encéphale, on peut provoquer la résorption du fluide épanché. Dans ce but, des vésicatoires, des cautères, peuvent être appliqués sur le cuir chevelu. Pendant que d'un côté on agit ainsi dans le voisinage de l'encéphale, on agit concurremment sur d'autres points de la peau, principalement aux extrémités inférieures par l'application d'irritants, par les bains de vapeur, les bains alcalins et les bains de genièvre. Si Ton joint à cela l'emploi de la pommade merairielle sur la tète, préalablement rasée, celui du calomel à l'intérieur, on aura le traitement institué par Goëlis, traitement qui a compté quelques succès entre ses mains et que nous adoptons comme le plus rationnel, avec cette différence que les frictions mercurielles sont remplacées par les frictions avec la pommade d'iodure de potassium , toutes les deux heures.

On a aussi employé l'iodure de potassium, et, ce semble, avec des résultats heureux, autant du moins qu'on peut le conclure des observations suivantes du docteur Roeser. Il rapporte quatre exemples d'enfants évidemment hydrocéphales, chez lesquels, les remèdes ordonnés ayant été inutiles, on obtint la guérison par l'iodure de potassium pris intérieurement. La dose prescrite fut d'un gros dissous dans une demi-once d'eau distillée ; on donnait 30 gouttes de cette solution toutes les heures dans un verre d'eau. Chez un de ces malades, on remarqua un phénomène auquel l'auteur attribue une grande part des bons effets du traitement. Ce fut l'éruption d'une centaine de petits abcès comme des furoncles, dont beaucoup avaient le volume d'une noix, et qui survinrent à la tète, au cou et à la poitrine. (// Severino, Giornale medic. chir., t. XIII, fasc. 145 et 146.)

L'art chirurgical peut être appelé à intervenir pour l'hydrocéphalie dans deux conditions différentes : 1° avant la naissance de l'enfant hydrocéphale ; 2° après la naissance. Dans le premier cas, c'est uniquement dans l'intérêt de la parturition qui n'est rendue possible qu'à la condition de vider le crâne. Il faut bien prendre garde que cette intervention de l'art, qui n'a lieu alors que dans un but de destruction pour le fœtus, n'est réclamée que quand on a positivement reconnu que la tête de l'enfant est assez volumineuse pour rendre l'accouchement impossible ; car on ne doit pas oublier que quelquefois l'accouchement s'effectue quand la tête n'a pas encore pris un volume très-considérable.

Pour le traitement de l'hydrocéphale chronique après la naissance, deux moyens directement empruntés aux méthodes chirurgicales ont été proposés : ce sont la compression et la ponction du crâne.

La compression a été conseillée dans le but de favoriser la résorption du liquide et de s'opposer à ce qu'il s'en épanche de nouvelles quantités. Van Swieten conseille de faire porter un bonnet en cuir, afin de raffermir la tête. Quelques observations ont été rapportées en faveur de ce moyen de

Page 1