TITRE 111. — HYDROCÉPHALIE CHRONIQUE
traitement. Ainsi Rivière prétend avoir guéri un nouveau-né de l'hydrocéphalie dont il était atteint, en comprimant la tête à l'aide d'un bandage. (Oàservationes communie, Obs. vi.)
Bernard, de Bath, a publié l'exemple d'un enfant de 18 mois, qui lui fut apporté à cause de la grosseur de sa tête qui avait beaucoup augmenté de volume en peu de temps, et particulièrement dans les quinze jours précédente. Les os étaient écartés et les fontanelles distendues. Il y avait de fréquentes convulsions. La tête fut complètement rasée, et ensuite on exerça une compression assez forte au moyen d'emplâtres agglutinatifs. Dans l'espace de trois jours, le soulagement fut manifeste. Les convulsions cessèrent, la tête diminua de grosseur. Depuis ce temps, l'enfant se rétablit rapidement, les bandes adhésives étant renouvelées de temps en temps. La guérison fut complète au bout d'un mois. (Med. repos., sep» tembre 1823.)
Si l'on peut admettre qu'on ne s'est pas fait quelques illusions dans les observations suivantes, elles seraient singulièrement favorables à la méthode de la compression. Elles sont dues au docteur Engelmann, qui a employé pour moyen de compression des bandelettes de sparadrap de diachylum.
Voici l'extrait sommaire de quelques-unes des dix observations consignées dans le Mémoire de M. Engelmann :
Obs. — Garçon âgé de 6 mois; deux frères déjà morts d'hydrocéphalie: la circonférence du crâne offre 17 1/2 pouces, la grande fontanelle offre un écartementde plus d'un pouce. Le 10 janvier 1834, la tête fut rasée et le crâne modérément comprimé au moyen de bandelettes agglutinatives. Aucune amélioration dans le premier mois ; renouvellement des bandelettes en février, puis en avril, époque à laquelle des modifications manifestes avaient eu lieu ; le crâne n'avait plus que 17 pouces de circonférence; les os étaient plus épais, les sutures presque toutes réunies; au commencement de juin fut placé le dernier appareil, et bientôt la guérison fut complète.
Enfant d'un an, crâne de 19 1/4 pouces de circonférence. £n mai 1835 on place l'appareil; le 14 août, la circonférence a diminué d'un 1/2 pouce; on renouvelle les bandelettes le 3 octobre ; en décembre guérison complète.
Janvier 1835. — Enfant âgé de 9 mois ; circonférence du crâne de 19 pouces; l'appareil appliqué en janvier est renouvelé à la fin de février; le 18 mars on change encore les bandelettes, la circonférence du crâne a diminué de 1/2 pouce; l'appareil est renouvelé au 15 mai et au 15 juin, puis la guérison est complète.
En reconnaissant tout le premier, ce qu'il peut y avoir de contestable dans les faits de guérison par compression qui ont été cités, nous croyons cependant qu'ils doivent conduire les praticiens à ne pas abandonner il. il
l'emploi de la compression par des bandelettes de diachylum et de Vigoi dans la mesure où cette compression elle-même ne peut pas devenir une source d'accidents, en exerçant une gêne fâcheuse sur les agents centraux de l'innervation.
La ponction a été proposée pour donner issue au liquide encéphalique, et l'histoire des tentatives faites en ce sens nous offre une longue série de revers ; aussi cette opération a-t-elle été rejetée par Heister, Morgagni. Camper, Boyer, Delpech. Quant à ceux qui l'ont pratiquée sans succès, il nous suffira de citer les noms suivants pour faire voir que ce n'est pas i un défaut d'habileté des opérateurs qu'il faut imputer les insuccès observés : Tulpius, Fabrice de Hilden, Wepfer, Lecat, Delamotte, Breschet qui l'a faite plusieurs fois à l'hospice des Enfants-Trouvés, Dupuytren qui l'a pratiquée trois fois, tels sont les chirurgiens entre les mains desquels l'opération n'a eu aucun succès.
Ce n'est pourtant pas, nous devons le dire, cette longue série d'insuccès qui forme à nos yeux le principal grief contre la pratique de cette opération, ce sont surtout les raisons suivantes: 1° L'impossibilité de préciser assez le diagnostic pour décider à l'avance si l'hydropisie existe seule on si elle est liée à un arrêt de développement ou à un vice de conformation do cerveau, auquel cas l'épanchement se reproduit inévitablement ; et en admettant même que cela n'eût pas lieu, l'anomalie existant dans les parties nerveuses proprement dites, ne permettrait de retirer aucun bénéfice de iopération ; 2* il est d'observation que des individus atteints d'hydrocéphale caractérisée ont vécu avec cette lésion des espaces de temps plus ou moins considérables. On possède desexemples de sujet qui ont vécu dans cette condition 2 ans, 12 ans, 15 ans, 20 ans, 29 ans, 32 ans, 35 ans, 43 ans, 45 ans, 48 ans, 54 ans et même au delà. Il ne s'agit donc pas ici d'une de ces affections qui entraînent nécessairement la mort, et à l'égard desquelles il est jusqu'à un certain point permis de tout tenter. Il s'agit d'existences que l'on s'expose à sacrifier prématurément, alors que la nature n'avait pas irrévocablement prononcé ce sacrifice. Or, si l'art a le droit de se compromettre en essayant des méthodes infructueuses là où il n'y a absolument rien à perdre, il n'a pas le droit de sacrifier quelques individus qui, abandonnés à eux-mêmes, auraient pu fournir une carrière quelquefois assez longue.
Toutefois, par cela même que nous sommes disposés à rejeter l'opération, c'est pour nous un devoir de consigner ici tous ceux des cas de succès venus à notre connaissance.
Dans l'observation suivante, due au docteur James Vose, on remarqua l'excessive transparence de la voûte du crâne. Cette particularité auraitelle quelque signification pronostique importante ? Peut-être pourrait-elle offrir jusqu'à un certain point un caractère différentiel propre à faire distinguer l'hydropisie ventriculaire de l'hydropisie à la surface du cerveau ?