‹ Traité clinique et pratique des opérations chirurgicalesChapitre 42 sur 236 · II. !t · texte numérisé non relu

II. !t

2° L'écrasement linéaire ;

3* La ligature appliquée, sur les artères qui alimentent la tumeur, a titre de ligature en masse ;

4° La cautérisation.

1° Ablation par l'instrument tranchant. — , Ce mode opératoire est le seul moyen qu'on possède dans un certain nombre de cas. 11 est, en effet, des circonstances dans lesquelles la principale condition à rechercher dans l'opération, c'est l'extrême précision avec laquelle sont atteintes les limites de la tumeur. Or, dans certains cas difficiles, ni les caustiques, ni l'écrasement linéaire, ni la ligature, ne peuvent donner une précision aussi grande que celle que comporte le bistouri, et alors, ou on dépasse les limites qu'on aurait dû respecter, et cela au risque d'atteindre des organes importants, ou l'on reste en deçà, et on a une repullulation immédiate.

L'instrument tranchant expose à de nombreux inconvénients, ce sont ceux de tout traumatisme étendu produit par les tranchants : hémorrhagie, thrombus de la plaie d'opération, érysipèle, angioleucite, infection puni* lente, etc.

2° Écrasement linéaire. — Toutes les fois que les conditions d'exécution opératoire ne font point obstacle à son emploi, c'est la meilleure de toutes les méthodes.

Il est plusieurs points du traitement des tumeurs cancéreuses, où la méthode de l'écrasement a agrandi les ressources opératoires. Ce sont :

4° L'étendue considérable du champ du traumatisme sans accroissement proportionnel des dangers du traumatisme ;

2° La possibilité de procéder sans danger à la destruction partielle de ceux des cancers qui sont inattaquables dans leur totalité;

3° La destruction par étapes successives d'un même cancer qu'on ne veut pas détruire d'un seul coup.

Encore que les chirurgiens soient unanimes à regarder comme éminemment utiles les opérations ayant pour objet de détruire sur place les cancers, et que la validité de l'indication opératoire soit pour eux parfaitement légitime, il est un certain nombre de médecins qui répugnent à laisser opérer les cancéreux ; ils vont plus loin , et plusieurs font tout ce qu'ils peuvent pour dissuader les sujets atteints de cancer de se soumettre à l'opération. À tort ou à raison, ces praticiens, sans démêler bien nettement les motifs de leur répulsion instinctive contre l'opération, paraissent influencés par deux considérations : d'une part, celle de la récidive presque fatale du cancer qui rend de peu de durée le bénéfice de l'opération ; d'autre part, celle des dangers que fait courir l'opération, dangers susceptibles d'entraîner la mort. • •

Exposer à périr dans un très-court délai un certain nombre d'individus qui pouvaient prétendre h plusieurs années d'existence, pour n'offrir aux sujets survivants, et au prix de douleurs et d'anxiétés parfois très-vives, : }

prolongation d'existence très-douteuse, leur semble un assez maucul, et il est de fait que les modes opératoires qui, comme celui qui pre à l'instrument tranchant, exposent à une grande mortalité, sont I

ssez gravement en échec en face de cette opinion hostile à l'opération, substituez à des méthodes trop souvent meurtrières, des procédés r un nombre donné d'opérations fournissent une quantité incontes- 3nt moindre d'accidents trauma tiques, et alors les termes de la quesmodifient et l'opportunité d'opérations généralement (je ne dis pas nent) inoffensives, se trouve justifiée.

■ès-faible mortalité à la suite des opérations d'écrasement linéaire , un élément d'une haute importance dans la question. A la suite nbreuses opérations de cancer que j'ai pratiquées par l'écrasement *, je n!ai perdu qu'un très- petit nombre de mes opérés, je ne dirai i suites du traumatisme, car elles sont généralement d'une grande ité, mais enfin à la suite de ce traumatisme, ois donc agir très-consciencieusement en engageant les malades i de cancer à ne point reculer devant des opérations qui , en leur tous les avantages que l'on peut attendre du bistouri ou des caustie leur en présentent ni les inconvénients ni les dangers, i avons indiqué les divers procédés opératoires au moyen desquels t attaquer les tumeurs pédiculées aussi bien que les tumeurs sessiles; leurs de forme globulaire aussi bien que celles de forme annulaire nos articles sur l'amputation du col de l'utérus, du rectum, de la , et celui sur l'ablation des tumeurs sous-cutanées.) îalade est atteint de cancer à la base de la langue ou aux ganglions ; il se débat contre une suffocation qui va durer, je ne dirai pas rs jours, mais plusieurs semaines ou plusieurs mois. C'est une m véritablement atroce pour le patient aussi bien que pour ceux tourent et qui lui donnent des soins. Il faut, quoi qu'on puisse dire, chirurgien trouve dans ses ressources le moyen d'adoucir et de une pareille situation.

voies se présentent à lui, et on ne le laisse pas toujours maître de celle des deux qui lui paraîtrait la moins mauvaise. — Fera-t-il la tomie ? aura-l-il recours à une ablation partielle de la tumeur au ù cette ablation peut devenir pour le malade un moyen de soulage- Les avis peuvent différer : et si la volonté du malade, celle de sa

Noos avons obtenu, par le moyen d'une ablation intentionnellement partielle, un soulagement assez durable.

Dans cette observation, à laquelle on conçoit que je tienne, puisqu'elle a eu pour témoin un confrère d'une grande autorité, Ricord, il a été parfaitement constaté que pas une goutte de sang n'avait suivi l'ablation d'une partie assez considérable de la tumeur cancéreuse.

L'observation suivante due à M. le docteur Piachaud, mettra en évidence les avantages qu'on peut tirer de l'écrasement linéaire appliqué au traitement des tumeurs cancéreuses ou fibro-plastiques.

Obs. — Tumeur fibro-plastique de la région ano-coccygienne.— Extirpation complète

à l'aide de Vécraseur. — Guérison. — Madame X deCoppet, 60 ans, d'origine

anglaise. —Plusieurs couches heureuses; hémorrholdes pendant les grossesses.

Développement d'une tumeur à l'anus il y a six mois ; d'abord gêne dans la marche et la position assise, puis douleurs assez vives.

A l'examen, on constate une tumeur siégeant à la partie postérieure et inférieure du rectum et de l'anus, occupant le tiers de la circonférence de l'anus et formant une saillie cutanée très-appréciable, laquelle présente des traces d'himorrhoîdes anciennes. — Du côté du rectum, la tumeur remonte à 5 centimètres de hauteur et se termine par une saillie très-nette au delà de laquelle les tissus sont sains.

27 juillet 1858. — Opération. Chloroforme. Avec une forte aiguille à chas, munie d'un manche mobile, on traverse les tissus de dehors en dedans à 4 centimètres en arrière de l'anus et à i centimètre en dehors de la tumeur. La pointe de l'aiguille reçue sur le doigt de l'opérateur dans le rectum est ramenée par l'anus à l'extérieur.

La chaîne de l'écraseur est attachée par un fil au chas de l'aiguille et passée i travers les tissus qui sont facilement sectionnés. Pareille section est pratiquée au côté opposé de la tumeur. Celle-ci se trouvant encore retenue en haut par une large bride formée par la paroi du rectum, l'aiguille est portée transversalement dans le rectum et la paroi est divisée avec la chaîne de l'écraseur. Quant à la partie postérieure ou coccygienne de la tumeur, elle fut détachée de la môme manière par la ligature métallique.

Aucune hémorrhagie ; on reconnaît au tissu musculaire qui entoure la tumeur, qu'elle a été totalement enlevée.

Pansement: grosse mèche de charpie, compresse et bandage en T.

Ni fièvre, ni accidents consécutifs.

20 août. — La plaie est rétrécie des deux tiers ; les matières sortent involontairement.

20 septembre. — Guérison. Fonctions de l'anus normales. Appétit excellent; santé très-bonne.

Examen de la tumeur. — La tumeur a la forme d'un œuf de poule aplati du côté de la membrane muqueuse; elle est régulière, sans bosselures. La surface muqueuse est d'un rouge violacé, ulcérée dans toute son étendue ; par une coupe longitudinale, nous avons reconnu une consistance molle, quoique résistante, d'un aspect gras, couenneux parfois, comme glanduleux, laissant écouler peu de liquide; la couleur est gris jaunâtre.

Le docteur Claparède a Lien voulu faire de ee tissu un examen détaillé, et voici la note qu'il m'a transmise à ce sujet :

« La tumeur est formée presque exclusivement par des fibres-cellules fusi- « formes. Çà et là, mais rarement, on aperçoit des traînées de tissu conjonctif « homogène à apparence fibreuse. Entre les cellules fusiformes s'en trouvent « d'autres qui présentent tous les passages de la cellule sphérique à la cellule c fusiforme définitive. Cette structure anatomique classe d'une manière positive « la tumeur parmi les sarcomes celluleux qui se rapprochent le plus des carci- « nomes. Le réseau vasculaire est très-peu développé; malgré l'apparence « couenneuse de la section, le microscope ne révèle presque pas d'éléments « graisseux, l'éther ne permet également d'extraire que fort peu de graisse. »

Dans un cas de tumeur fibro-plastique pédiculée du creux de l'aisselle, M. Azam, professeur à l'Ecole de médecine de Bordeaux, a eu recours avec succès à l'emploi de l'écrasement linéaire. Voici un résumé succinct de l'observation :

Ou. — Femme de 22 ans. Tumeur piriforme située dans le creux axillaire droit et mesurant 24 centimètres en hauteur, 19 centimètres pour la circonférence du pédicule et 40 centimètres pour la circonférence de la base. Le pédicule et la moitié supérieure de la tumeur sont recouverts de peau saine. Dans la moitié inférieure surface d'un rouge vif, mamelonnée, laissant voir à nu le tissu propre de la production morbide; base de la tumeur profondément ulcérée* Extrême vascularité des parties malades.

Épuisement de la malade par une suppuration et des hémorrhagies abondantes.

Opération. — Incision circulaire de la peau ; ponction de la tumeur à sa base à l'aide d'un gros trocart qui sert à conduire deux chaînes d'écraseur qu'on fait marcher simultanément. — Détachement de la tumeur; réunion de la plaie par des serres-fines etdes bandelettes.

Guérison complète au bout de quinze jours.

Ous. — Tumeur fibro-plastique de la paroi abdominale antérieure. — Ablation par écrasement linéaire» — Récidive au bout de huit jours. — Nouvelle opération par Vécraseur. — Guérison. — • Jacquet (Anne), 54 ans, giletière, est entrée le 10 août 1858, à l'hôpital Lariboisière.

Cette femme se présente pour être opérée d'une tumeur de la paroi abdominale antérieure.

Située à quatre travers de doigt au dessus du pli de l'aine gauche, dont les ganglions ne sont point engorgés, la tumeur s'élevait sur la surface des parois abdominales à la manière d'une corne volumineuse, tronquée, ou d'une espèce de rostrum à concavité dirigée en bas.

Depuis vingt ans la malade portait, dans le point où siège la tumeur, une petite saillie ayant quelque analogie d'aspect avec le tissu de la kéloîde; mais c'est seulement depuis six mois que la nouvelle tumeur s'est développée au contact de la saillie primitive et sans la faire disparaître entièrement. Il y a donc entre la tumeur ancienne et la nouvelle une sorte d'indépendance, bien qu'elles soient dans un contac) réel.

Lorsque, dans le but de savoir quel est le genre de connexion de la tumeur avec la paroi abdominale, on saisit la base de cette tumeur avec les doigts, de manière à la circonscrire par pincement et à lui Taire éprouver des mouvements de va-et-vient, on reconnaît qu'elle se prolonge dans l'épaisseur de la paroi du ventre, et que si on voulait tenter son éradicatîon complète, on pénétrerait trèsprobablement dans le péritoine. Et cependant il fallait agir, sous peine de voir la malade périr d'hémorrhagie. Elle avait été envoyée d'urgence à l'hôpital par le docteur Guillemeau. 11 suffisait d'enlever le linge qui recouvrait la tumeur, pour qu'une hémorrhagie abondante se déclarât sur-le-champ. Depuis plusieurs jours l'état de la malade inspirait de vives inquiétudes. Ni l'incision, qui pouvait (aire pénétrer dans le péritoine, ni la cautérisation, dont les effets auraient été trop lents, ne pouvaient convenir.

11 août. — La tumeur fut serrée à sa base avec la chaîne d'un écraseur et séparée tout d'un trait sans effusion de sang. Puis dix à douze cautères, chauffés à blanc, furent éteints sur la surface de séparation. Nous avons encore eu, dans cette circonstance, à constater le peu d'efficacité du cautère actuel comme agents de destruction des tissus à une certaine profondeur, la première couche d'eschare faisant fonction de cuirasse protectrice pour les tissus sousjacents.

42 août. — La malade ne pouvant uriner, on la sonde. Chiendent pour tisane.

iSaoût. — On enlève le pansement qui avait consisté en une cuirasse de diachylumet Ton reconnaît qu'un fongus aussi volumineux que celui qui avait été extirpé a reparu. Nouvelle application de la chaîne à écrasement, nouvelle cautérisation de la surface abrasée, mais cette fois avec le caustique de Vienne solidifié.

Pansement par occlusion. Pas d'accidents.

Contre toute attente une cicatrisation régulière et parfaite succède à la nouvelle opération.

J'ai revu cette femme le 29 décembre 4860; elle présentait à la paroi abdominale une cicatrice très-belle. La guérison ne s'est pas démentie un seul instant.

La tumeur m'a paru être de nature cancéreuse, sans que je pusse indiquer à quelle catégorie de cancers elle appartient, l'examen microscopique n'ayant point été fait.

M. Fallin, présent à la séance, dans laquelle j'ai fait voir cette pièce à la Société de chirurgie, a déclaré que cette tumeur était un type de tumeur fibro-plastique. — a A l'œil nu même, dit-il, il est facile de reconnaître qu'elle ne ressemble pas au cancer. En la déprimant, on n'y imprime pas les doigts comme dans une rameur cancéreuse; elle se déchire, et son aspect est celui du blanc-manger. Ces caractères différentiels prouvent que le cancer et le tissu fibro-plastique ne se distinguent pas seulement qu'au point de vue microscopique. »

Dans la séance du 16 février 1853, j'ai fait à In Société de chirurgie la communication suivante :

Obs. — Amaurose. — Troubles fonctionnels particuliers et mort subite dus à h compression du bulbe rachidien par une tumeur cancéreuse mobile. — Un garçon

boulanger, Agé de 32 ans, entre à l'hôpital Saint-Antoine pour une arablyopie qui ne tarde pas à se convertir en une amaurose confirmée. 11 y a strabisme externe à droite.

L'état général du malade offre ceci de très-remarquable qu'il diffère considérablement suivant qu'il est couché ou debout. Est-il couché? à part son amaurose et un état presque continu de torpeur, d'hébétude et de somnolence, il ne présente aucune perturbation musculaire. L'intelligence est intacte, quoiqu'il y ait un peu d'affaiblissement de la mémoire.

Se lève-t-il? aussitôt perte d'équilibre, chute imminente, titubation d'un homme ivre, nécessité de le soutenir pour qu'il ne tombe pas; et de plus, s'il a des aliments dans l'estomac, vomissements subits et abondants.

Tel est l'état dans lequel nous avons observé le malade pendant plusieurs mois, lorsqu'un soir, sans autres accidents précurseurs, sans un seul cri, sans agonie, il expire tout à coup.

A l'autopsie, on trouve à la base de l'encéphale, en arrière du bulbe rachidien, une tumeur que M. Robin a déclaré être de nature encéphaloïde. Cette tumeur, qui a pris naissance dans le tissu cellulaire sous-arachnoïdien et qui n'a aucune continuité avec la substance du centre nerveux, occupe cet espace inter-membraneux qui se remarque sur un encéphale extrait de la boite crânienne, et qui est limité par l'espèce de pont que le feuillet viscéral de l'arachnoïde forme en se réfléchissant du bulbe rachidien vers la face inférieure du cervelet. C'est cet espace que la tumeur remplit presque complètement.

Elle a la forme d'une pyramide dont la base tournée en haut comprime et atrophie le vermis inferior, dont le sommet vient plonger à travers le trou occipital pour se terminer presque aussitôt un peu au dessous des pyramides antérieures du bulbe. En avant, cette tumeur embrasse le bulbe, pénètre un peu au travers de la valvule de Vieussens qu'elle a en partie détruite, et comprime le bulbe contre la surface basilaire, ainsi que l'attestent l'atrophie et l'aplatissement de l'olive et de la pyramide antérieure du côté droit. Les prolongements latéraux de cette tumeur venaient contourner les parties latérales du bulbe, embrassant, de manière à les comprimer, les origines du spinal et du pneumogastrique.

La position de cette tumeur, son défaut de continuité avec aucune partie de la substance propre du centre nerveux expliquent comment elle pouvait jouir d'un très-léger degré de mobilité , et par cela même la différence que présentaient les phénomènes de compression suivant les changements d'attitude.

Quant à l'instantanéité de la mort, on a souvent observé la liaison de cette circonstance avec les lésions qui siègent exactement au niveau du trou occipital.

Dans tous les cas, l'amaurose produite par une tumeur placée dans un point aussi déclive est quelque chose de très-peu ordinaire.

J'ai cherché à fonder sur ce fait et sur le suivant une nouvelle classe de tumeurs que j'ai désignée dès 1853 sous le nom de taaein mobiles /âm rer*ea«. Ces tumeurs mobiles sont très-curieuses par leurs symptômes.

Tumeur delà base du cerveau. — Dans la séance du 47 avril 4861, j'ai présenté à la Société de chirurgie une tumeur de la base du cerveau, tumeur qui paraissait être de nature fibro-plastique.

Cette tumeur avait été recueillie sur le cadavre d'un homme de 50 ans, atteint depuis longtemps d'une amaurose double. L'examen ophthalmoscopique avait montré sur les deux yeux une atrophie de la papille rétinienne. Le malade, qui n'a jamais, à part cette amaurose, présenté de phénomènes de paralysie, fut pris, dans les salles, d'érysipèle de la face et mourut.

A l'autopsie, on a trouvé au dessous du lobe droit du cervelet une tumeur du volume d'une noix, placée entre la moelle allongée et le cervelet, mobile, pédiculée, ressemblant à ces tumeurs fibro- plastiques du cerveau qui ont clé décrites dans ces derniers temps. Cette tumeur ne comprimait ni les corps genouillés, ni les bandelettes optiques; et, chose remarquable, clic n'a donné lieu à aucun phénomène de paralysie appréciable, car le malade, à part l'amaurose, n'a jamais présenté aucun symptôme du côté des organes des sens, du côté de la sensibilité ou de la motilité. {Gaz. rfei %tï., 27 avril J861.)

PABALLÊLE DE i/lKSTRUMEM TRANCHAM ET DE i/ÉCRASEMEHT LINÉAI1E DiflS

l'ablation DES TUMEURS CANCÉREUSES.

Il est un genre de danger des hémorrhagies, ou plutôt des écoulements de sang, môme peu considérables, qui succèdent aux opérations et sur lequel on n'a nulle part suffisamment insisté.

Il doit avant tout être bien établi que, quelque soigneux et attentif que soit le chirurgien dans l'application des ligatures faites à la fin de l'opération, il ne peut jamais répondre qu'un thrombn* plus on molms «•■*!• durable ne se produira pas sur tel ou tel point des surfaces traumatiques.

Pour bien comprendre et bien faire comprendre le service que rend l'écrasement linéaire en prévenant d'une manière radicale le thrombus post-opératoire, j'ai dû étudier les causes et le traitement de cet accident des opérations faites avec le bistouri.

Voici les causes de ce thrombus :

4° Négligence à lier tous les vaisseaux qui donnent ;

2° Impossibilité de lier tous les vaisseaux par suite de la suspension de l'écoulement sanguin, suspension qui n'est que temporaire, l'écoulement sanguin reparaissant après la clôture de la plaie. J'ai vu bien des fois, en effet, qu'on ne retrouvait pas le vaisseau ou qu'il y avait suspension spontanée de l'écoulement sanguin au moment de la recherche; auquel cas on est bien forcé, après attente suffisante , de passer outre et de rapprocher le? surfaces. Ce n'est qu'ultérieurement que le sang coule par un vaisseau qui avait d'abord cessé de donner.

11 peut donc y avoir écoulement en retour et thrombn» ou par incurie du chirurgien qui lie mal des vaisseaux qu'il pourrait retrouver avec plus d'attention, ou bien par impossibilité constatée de lier des vaisseaux qui donneront plus tard, mais qu'aucun soin ne peut faire découvrir dans la plaie.

3° Enfin le thromb» peut avoir lieu par suite de l'état du sang chez le sujet ou par fluxion inflammatoire prématurée avant le travail d'oblitération spontanée des vaisseaux.

Voici maintenant les inconvénients nombreux et graves auxquels peut

donner lieu le tbrombm en retour.

1* Le sang épanché dans la plaie y joue le rôle de corps étranger et s'oppose souvent, sinon dans tous les cas, à la réunion primitive. Dès lors point de cicatrisation immédiate ;

2° La présence de ce sang comme corps étranger intervenant après coup dans une plaie exactement suturée donne lieu à des phénomènes d'étranglement et à une suppuration plus abondante ;

3° Le sang n'est pas là comme un corps étranger quelconque ; il y joue le rôle d'une matière animale qui entre en décomposition sous la triple influence de la chaleur, de l'inflammation et du contact du pus; il se putréfie; 4° Il est nécessaire de renouveler plus fréquemment les pansements, d'où résulte la perte des avantages attachés à l'occlusion.

Si nous examinons comment se traduit l'état fâcheux que nous venons de signaler, nous avons à noter : l'érysipèle, l'étranglement de la plaie, la diffusion purulente, l'infection purulente, etc.

Voilà les faits, tels que l'observation nous les a présentés. Quelles conséquences avons-nous à en tirer ?

La première, c'est que l'écrasement linéaire, qui ne donne presque jamais lieu au thrombu en retour, doit être substitué, partout où la chose n'est pas inexécutable, à l'emploi de l'instrument tranchant.

En second lieu, ces faits légitiment parfaitement l'emploi des ©nemtUn» mixtes, de celles dans lesquelles on soustrait au bistouri tout ce qui peut lui être soustrait et l'on donne à l'écrasement tout ce qui peut lui être donné. Telles sont les opérations dans lesquelles on sectionne avec l'instrument tranchant par exemple le tissu de la peau seule, pendant qu'on n'emploie pour détacher la tumeur de ses connexions profondes que le »eul secours de l'écrasement linéaire.

De là cette conclusion que dans une surface traumatique de même étendue, ne dût-on sauvegarder des lames tranchantes qu'une portion de surface -de la grandeur de 2 centimètres carrés , il faut le faire d'autant mieux que c'est peut-être du point qui a été écrasé que fût parti le petit fa artériel qui donne lieu au thrombus, thrombus que je regarde comme funeste dans bien des cas.

On croit qu'on a tout dît d'une plaie eu égard à la question des pertes de sang, et Ton se tient pour rassuré, lorsqu'on a prononcé qu'il n'y a pas dTiémorrhagie. C'est une erreur. — Le sang dans le traumatisme n'a pas qu'une manière de nuire. Quand il nuit par le seul fait de sa déperdition, c'est rhémorrhagie ; mais il peut nuire encore comme ferment de décomposition putride, comme corps étranger irritant par ses qualités physiques ou chimiques : à ce double titre, il nuit encore et beaucoup.

Obs. — Ganglions cancéreux de Vaisselle. — Extirpation par écrasement linéaire. — Guérison. (Observation recueillie par M. Jaccoud, interne des hôpitaux.) — Chaudier (Désirée), 54 ans, ouvrière en linge, entre le 18 décembre 1855, à l'hôpital Lariboisière.

Cette femme a subi Tannée précédente l'amputation du sein par la méthode de Técrasement linéaire, pour un cancer de cet organe.

Il y a dix-huit mois, elle s'aperçut de la présence dans l'aisselle correspondante d'une petite tumeur très-dure ; cette tumeur était unique. Depuis cette époque elle a beaucoup augmenté de volume en donnant lieu à des douleurs intermittentes assez vives. Aujourd'hui elle a acquis le volume d'une orange; elle occupe tout le creux axillaire ; elle est bosselée, très-dure, assez mobile sur les parties environnantes ; sur un seul point elle a contracté des adhérences avec les téguments qui à ce niveau sont très-rouges ; elle est très-sensible à la pression excepté en ce dernier point.

L'état général est d'ailleurs satisfaisant.

24 décembre. — La malade ayant été soumise au chloroforme, M. Chassaignac pratique dans l'aisselle une incision curviligne, énuclée avec soin la tumeur, passe un fil pour la pédiculiser, puis sur le pédicule ainsi formé applique la chaîne de l'écrascur. La tumeur une fois détachée, on s'aperçoit qu'il existe encore dans l'aisselle plusieurs ganglions durs et dégénérés. — Ils sont arrachés l'un après l'autre. — Pansement par occlusion.

Dans la journée une hémorrhagie assez considérable a lieu. Elle est arrêtée par l'application de tampons de charpie imbibés de perchlorure de fer»

Le lendemain la malade est faible et pâle ; pouls assez rapide.

27. — Les tampons de charpie les plus superficiels sont enlevés. Une petite partie de la plaie est mise à découvert. Nouvelle application de perchlorure de fer.

10 décembre. — On rétablit le pansement par occlusion; suppuration fétide et abondante. — Alcoolature d'aconit.

'6 janvier. — On lève l'appareil. La suppuration est moins considérable et le pus est de meilleure qualité. Du reste l'état général est bon, et il n'y a plus d'écoulement de sang.

A dater de cette époque, la convalescence ne s'est pas démentie ; la plaie 's'est peu à peu cicatrisée sans accidents. — Les pansements ont toujours été hebdomadaires.

10 février. — La malade quitte l'hôpital complètement guérie.

3° l*a ligature «■ masse. — Ce procédé a souvent été employé pour l'ablation des tumeurs cancéreuses, mais il nous parait devoir être aban-

donné en présence des avantages que présente, comparée à ce moyen, la méthode de l'écrasement linéaire. Voyez ce que nous avons dit de la ligature en masse à l'article Ligature dans la première partie, 1. 1, p. 92.

4° L» ligature tes artères «al alimentent la tumear. — C'est une

méthode aujourd'hui parfaitement jugée. Nous contestons d'une manière absolue la valeur de la ligature des artères principales d'un membre comme moyen de guérison des rentables cancers. Ce que nous ne contestons pas, c'est la disparition de certaines tumeurs pulsatiles ou non pulsatiles après certaines ligatures artérielles, mais, dans les cas de ce genre, il y avait méprise diagnostique, et il ne s'agissait pas de tumeurs réellement cancéreuses.

5# l-a>eamteriaatioM. — Le caustique de Vienne soit solidifié , soit en poudre, soit en crayon, m'a paru répondre à toutes les indications de cautériser que peuvent présenter les tumeurs cancéreuses. Cependant j'ai encore employé avec avantage une pâte composée d'acide sulfurique et de poudre de garance.

Les cas qui me paraissent exiger l'emploi des caustiques sont ceux dans lesquels on ne peut recourir à aucune des méthodes précédentes, ceux dans lesquels la peau est altérée, adhérente à la tumeur et où celle-ci présente une surface ulcérée avec des prolongements trop étendus ou trop profonds pour pouvoir être atteints soit par le bistouri, soit par l'écrasement linéaire.

J'ai remarqué dans les tissus fibro-plastiques une singulière propriété qui les différencie des tissus cancéreux proprement dits, et surtout de l'épithélioma, et cette différence a une haute valeur clinique. C'est la propriété de rester insensibles sous l'action des divers caustiques.

Sur un malade chez lequel j'ai eu occasion de traiter une tumeur fibroplastique plusieurs fois réoidivéc et située à la jambe, toutes les fois que. dans une série de cautérisations successives, le crayon de caustique Filhos portait sur les tissus fibro-plastiques, il y avait insensibilité complète. Venait-il à toucher les tissus non dégénérés, une sensibilité très-vive se réveillait.

Il résultait de là que, comme dans une plaie couverte de bourgeons, il était difficile de discerner anatomiquement les bourgeons de mauvaise nature et les bourgeons légitimes, c'est la sensibilité relative de la surface le l'ulcère qui me servait de critérium pour décider lu où je devais insister, k où je devais m 'abstenir.

Le crayon était un réactif instantané qui servait à distinguer les tissus «ins et les tissus malades.

Depuis un certain temps, j'ai été à merae de poursuivre plus loin que je le l'avais fait jusque-là. le parallèle de la cautérisation potentielle et de "écrasement linéaire an point de vue de la destruction des tumeurs cancé- •euscs. Aujourd'hui mon opinion est parfaitement arrêtée et je n'hésite pas

à mettre l'écrasement bien au dessus de la cautérisation pour les opéra* tions du genre de celles dont il est ici question. Plusieurs ordres de motifs ont dissipé toute indécision de ma part : 4° La considération de la douienr, qui est toujours beaucoup plus vive, soit pendant, soit après l'action des caustiques, tandis que l'écrasement, permettant de recourir au chloroforme pendant toute la durée de l'opération, et les douleurs consécutives étant presque nulles, il y a une supériorité marquée de l'écraseur comparé aux caustiques, au point de vue de la

doaleurf

V Eu égard à la enppnration et aux conséquences qu'elle peut entraîner, telles que l'érysipèle, l'infection putride et l'infection purulente, il y a encore un avantage non douteux du côté de l'écrasement qui ne donne lieu qu'à une suppuration insignifiante.

3° Eu égard à la rapidité de la cicatrisation» il n'y a nulle comparaison à établir entre la cicatrisation des plaies faites par l'écraseur et celles que produisent les caustiques, lesquels donnent toujours lieu à des eschares dont l'élimination préalable est indispensable avant que le travail de cicatrisation proprement dite puisse s'établir.

4° Enfin, eu égard à la précision de l'action chirurgicale qui doit, sous peine de récidive immédiate, ou de destruction superflue de tissus non altérés et qu'il ne fallait pas atteindre, il y a un avantage réel à procéder par écrasement. — Par le caustique, il est extrêmement difficile de tomber avec une précision mathématique, exactement sur la limite même des tissus altérés. — Si l'action caustique reste en deçà de cette limite, il y a répudiation immédiate; si elle la dépasse, on peut pénétrer dans une cavité viscérale, ainsi que cela a eu lieu. On voit donc qu'il y a double danger. Telle n'est point la condition faite à l'écrasement.

Pendant un temps, je croyais qu'il n'était pas possible d'atteindre avec l'écraseur à une précision suffisante. L'expérience m'a prouvé que cette appréciation manque d'exactitude. — Du moment que le chirurgien est muni d'aiguilles droites et d'aiguilles courbes, il peut sculpter en quelque sorte avec l'écraseur les surfaces les plus irrégulières, et comme il a sons les yeux et au bout de son doigt les tissus que lui désigne l'altération pathologique, il extirpe pièce à pièce et fouille tout ce qui lui parait encore suspect après l'ablation générale de la masse cancéreuse.

Soit, par exemple, une surface traumatique de la largeur de la paume delà main, et qui vient de résulter d'une section. faite par écrasement. On promène le doigt sur cette surface , on en examine visuellement les qualités, et Ton reconnaît que si, dans son ensemble, la section a réellement porté jusque sur les tissus sains, il y a trois à quatre points oii l'on doute de la parfaite intégrité de la surface sus-mentionnée. L'un de ces points formant plaque ou noyau est alors mis en relief au moyen de deux ou trois aiguilles passées par transfixion au dessous de la partie suspecte.

Aussitôt que cette mise en relief a eu lieu, une ligature passée au des* sous des aiguilles est serrée de manière à pédiculiser la petite massé, et récraseur effectue la séparation.

Mais l'un des points de la surface dont nous avons parlé est en état de dépression relativement au niveau de cette surface, ou bien l'un des points altérés est représenté par un noyau qui s'enfonce à une certaine profondeur dans les tissus sains. Ce n'est plus alors au moyen des aiguilles droites qu'on peut résoudre la difficulté; il faut recourir à l'emploi des aiguilles courbes en les montant au besoin sur un manche susceptible" de s'adapter à chacune d'elles, ainsi que Ta fait très-ingénieusement M. Piachaud de Genève. Au moyen de ces aiguilles on va contourner la partie profonde du noyau cancéreux , on place une ligature que la convexité des aiguilles force à s'enfoncer au dessous de la petite tumeur, et, la chaîne étant appliquée, on se trouve avoir creusé dans une surface plane avec l'écraseur tout comme on l'eût fait avec le bistouri ou des ciseaux.

Boutons épltbélloïdes*

J'appelle de ce nom des productions comme fongueuses qui se font remarquer très-fréquemment pendant le travail de cicatrisation qui succède i l'ablation des épithéliomas.

J'ai eu des exemples nombreux de ces productions bourgeonnantes dont l'aspect fait tout d'abord naître dans l'esprit du chirurgieà, l'idée d'une récidive sur place.

Or, ces boutons d'apparence cancéreuse ont toujours guéri spontanément entre mes mains et doivent guérir quand on sait attendre.

Il paraîtrait que, même après l'ablation de cancers vrais, des productions fongoîdes et cancroïdales se forment, qui. sous l'influence de la solution argen tique, guérissent parfaitement.

J'ai eu occasion de constater ce fait chez bon nombre d'opérés et en particulier sur deux malades de l'hôpital Lariboisière, l'un opéré de cancer de la langue, l'autre opéré d'une tumeur épithéliale de la lèvre inférieure.

Tumeurs fibreuses.

Les procédés applicables aux tumeurs cancéreuses le sont également aux tumeurs fibreuses. Seulement c'est surtout pour ces dernières que nous avons institué le procédé de la fragmentation préalable. (Voy. Tumeur* fibreuses de l'utérus.)

Tumeurs tuberculeuses.

Les tumeurs tuberculeuses considérées chirurgicalement se rencontrent surtout à la région du cou où elles arrivent à former des masses quelquefois très-volumineuses et qui deviennent pour l'individu qui les porte

une cause de difformité excessivement pénible, et, lorsqu'elles sont arrivées à de grandes proportions, une cause de danger et de mort.

Chez un certain nombre de sujets, la mort est la conséquence d'une compression exercée sur des organes essentiels à la vie par des masses ganglionnaires altérées. Chez le plus grand nombre la mort est l'effet des suppurations excessivement abondantes et interminables auxquelles donne lieu la présence de ces masses. Et, il faut le dire aussi, elle résulte soit de la généralisation de l'état tuberculeux, soit de son existence dans des viscères bien autrement importants pour l'exercice des fonctions vitales que ne le sont les ganglions.

Contre cette redoutable affection , la chirurgie n'est appelée à intervenir que quand il a été bien reconnu que la médication interne et les moyens généraux du régime sont décidément impuissants et lorsque, d'autre part, quel que soit l'état actuel du sujet, il y a imminence d'un danger soit immédiat, soit plus ou moins prochain pour la vie de l'individu.

Je commence toujours par traiter ces sortes de malades en me conformant à la formule suivante : 1° frictions sur la tumeur avec la pommade à Tiodure de potassium renouvelées toutes les deux heures; 2° coups de scarificateur répétés tous les deux jours; 3° enfin , médication générale par l'huile de foie de morue, l'iodure de fer, les bains sulfureux, une alimentation tonique, l'insolation, etc.

Quant à l'action chirurgicale proprement dite, j'ai eu souvent recours à l'ablation des masses par la dissection. Ces opérations ne peuvent être employées utilement que quand les tumeurs ganglionnaires présentent un certain degré de consistance et même d'induration. Elles nécessitent presque toujours des dissections laborieuses; elles sont généralement moins dangereuses que ne le ferait supposer le vaste traumatisme chirurgical auquel elles peuvent donner lieu. Toutefois elles entraînent dans certains cas des accidents mortels, tels que l'érysipele grave, la diffusion purulente, l'infection purulente.

Si les niasses tuberculeuses sont ramollies, le traitement par excellence consiste dans l'emploi du drainage. Mais ce n'est point alors en employant deux ou trois anses fenétrées qu'on peut, ainsi que nous le faisons pour les abcès, atteindre le but qu'on se propose ; c'est en multipliant ces tubes et les portant an nombre de six, huit, dix et douze. — C'est alors que par l'espèce de crible résultant de la présence simultanée de ces tubes évacuateurs, la tumeur parvient peu à peu à s'éliminer, no laissant à l'individu qui en était atteint, que des cicatrices infiniment moins pénibles que celles qui résultent soit de l'élimination spontanée, soit de l'action du bistouri.

Toujours est-il que, chaque fois qu'on parvient à obtenir, par un moyen ou par un autre, l'élimination de ces énormes tumeurs, la santé générale de l'individu éprouve une amélioration remarquable.

Nous avons dans ce moment dans nos salles un homme qui depuis sept

. ans subit des ablations périodiques de ces énormes tumeurs ganïires, et chaque fois qu'une de ces graves opérations lui a été prati* ;'est toujours à l'instrument tranchant qu'on a eu recours), sa santé le redevient excellente, il reprend ses travaux avec ardeur, ne conl d'autres traces que celles des vastes déperditions qu'a exigées on de ces tumeurs ganglionnaires.

crémière des tumeurs (celle-là était en partie $uppurée) que nous enlevées chez cet homme, siégeait dans la région sus-claviculairc I droit. Elle exigea une dissection qui mit à nu l'artère sous-clavière >rtie des scalènes, et la cicatrice est restée si étroitement collée à 1ère, que le doigt sent les battements du vaisseau sous une simple e cicatricielle adhérente à l'artère.

Qoment de l'opération le sujet était dans l'état cachectique le plus ce. Pendant près de trois années il a joui d'une santé excellente, ît de ce temps développement d'une tumeur ganglionnaire énorme i région sus-claviculaire gauche. Même opération, dissection en nblable à la première ; cicatrice exactement pareille quant à sa ►sitiou avec l'artère. Retour parfait à la santé. ans après, apparition d'une nouvelle tumeur dans l'aisselle droite. >is, le malade n'attend, ni que la tumeur soit en partie ramollie, lie ait acquis un volume comparable à celui des deux autres tuet il vient nous trouver à Lariboisière où nous l'opérons en

meur convenablement isolée, mais présentant un pédicule qu'il ne >as prudent de trancher avec le bistouri, on la sépare avec l'écraléaire, et le succès le plus complet vient couronner cette troisième >n.

)ulu parait avoir obtenu par l'emploi de l'électricité des résultats les dans le traitement de ce genre de tumeurs. Toutefois nous dirons îs avons été obligé d'opérer par le drainage plusieurs des malades uels avait été impuissant l'emploi de l'électricité. i ces malades nous citerons la tille d'un architecte, que nous avons iter en mars 4858.

— Tumeur par hypertrophie ganglionnaire du cou. — Ablation par écranéaire. — Gvérùon. (Observation recueillie par M. Jaccoud, interne des [.) — Petit-Jean (Dolphine), 20 ans, blanchisseuse, est entrée le 3 juin 185G al Lariboisière.

Mime habite Paris depuis cinq ans; jusque-là elle avait habité Dijon. Tait d'autre maladie grave qu'une fièvre typhoïde à l'âge de six ans. — pas eu d'enfants ; les menstrues sont régulières. naïade porte au côte droit du cou, dans la région sous-maxillaire, une du volume d'une petite orange, limitée en bas par une ligne transférant au niveau de l'os hyoïde, en haut par le bord inférieur du maxil*

laire, de chaque côté par une ligne verticale partant, en arrière, de l'angle de la mâchoire, en avant, du bord antérieur du masséter. — Située au dessus du sterno-mastoïdien, recouverte seulement par le peaucier, l'aponévrose et la peau, cette tumeur confine par derrière à la carotide externe, mais en est complètement indépendante. La faciale est peut-être englobée dans la tumeur; car on ne sent pas d'une manière distincte les battements de ce vaisseau. La tumeur est d'une mobilité très-grande, elle se déplace en tout sens et avec facilité sous le doigt. — De plus, toute la masse pouvant être saisie entre les doigts, on sent qu'il n'existe pas de prolongements profonds allant s'insinuer entre les couches musculaires ou sous les vaisseaux.

La malade s'est aperçue pour la première fois, il y a six ans, de la présence de cette tumeur. Le développement en a été très-lent ; car ce n'est qu'il y a deux ans que la production morbide a acquis son volume actuel. Depuis lors eUe ne parait pas avoir augmenté. Elle a toujours été indolente. — Le sujet n'a jamais eu d'abcès au cou, et aucun des membres de sa famille «ne porte de tumeur analogue.

D'après l'ensemble des caractères précédents, on diagnostique une tumeur ganglionnaire purement hypertrophique.

9 juin. — La malade ayant été soumise à l'action du chloroforme, M. Chassaiguac procède à l'opération de la manière suivante. Une incision curviligne à convexité inférieure est pratiquée au niveau de la partie inférieure de la tumeur. Cette incision n'intéresse que la peau, le peaucier et l'aponévrose. Elle nécessite cependant la ligature d'une artériole dépendant probablement de la faciale ou de la linguale. — Avec l'indicateur introduit dans la plaie, M. Chassaignac rompt les adhérences de la tumeur avec les parties voisines. Dans ces manœuvres il est obligé de pénétrer assez profondément jusqu'au niveau du pharynx; mais après quelques efforts il réussit à amener au dehors la tumeur, laquelle ne tient plus que par un pédicule épais. — Comme ce pédicule pourrait être assez vasculaire pour donner lieu à une héraorrhagie grave, au lieu de le sectionner avec le bistouri, on l'étreint avec la chaîne de l'écraseur, et l'on termine rapidement l'opération. Puis la malade est pansée par occlusion et reconduite à son lit.

Le lendemain et les cinq premiers jours, aphonie presque complète provenant vraisemblablement de ce que le doigt, dans les manœuvres précédemment décrites, a froissé ou tiraillé quelques filets du nerf laryngé supérieur.

Quoi qu'il en soit, à partir du sixième jour, la voix revient peu à peu et ne tarde pas à reprendre son timbre normal.

Notons encore que pendant les trois premières semaines on fut obligé de renouveler le pansement par occlusion deux fois en huit jours, tu l'abondance de la suppuration.

Telles furent, avec un embarras gastrique qui céda facilement à l'ipéca et à l'eau de Sedlitz, les complications qui suivirent cette opération.

Le 19 juillet, la malade quittait l'hôpital avec une cicatrice linéaire très- régulière et à peine apparente.

Le microscope n'a démontré dans la tumeur que l'hypertrophie du tissu ganglionnaire.

finean hypertrophiée».

Les tumeurs hypertrophiques ont ceci de particulier, comparées aux affections cancéreuses, que, quand elles sont convenablement extirpées, elles laissent aux malades l'espoir d'une guérison radicale.

C'est ainsi que les diverses formes de l'éléphantiasis des Arabes ou éléphantiasis hypertrophique, que les diverses variétés d'hypertrophie de certains éléments de la peau, que l'hypertrophie de la lèvre inférieure, des amygdales, des grandes et des petites lèvres vulvaires, du prépuce, etc., donnent lieu à des opérations qui sont généralement favorables quand elles sont bien conduites dans leur exécution et dans leurs suites.

Les hypertrophies glandulaires doivent également être rappelées ici comme donnant lieu au genre d'opérations dont nous venons de parler.

Nous devons faire remarquer que l'écrasement linéaire, lorsqu'il est applicable à ces tumeurs, donne lieu à des résultats excellents, et nous pouvons affirmer que nous avons obtenu par lui de véritables succès, toutes les fois qu'il nous a été possible d'appliquer ce précieux moyen à l'ablation des tumeurs hypertrophiques.

Dans le courant du mois de novembre 1859, M. Guersant présenta à la Société de chirurgie un enfant de 13 à 14 ans, qui portait plusieurs tumeurs et une en particulier qui existait àia partie latérale et postérieure du crâne. Cette tumeur fut enlevée par écrasement linéaire, le 15 décembre 1859, et la Société put constater qu'elle était surtout formée par une hypertrophie considérable des nerfs, de la peau et des parties voisines. La cicatrice était complète ; mais tout ce qui était malade n'avait pu être enlevé.

Éléphantiasl» de» Arabe».

11 est peu de cas dans lesquels le chirurgien ne puisse intervenir avec quelque chance de succès chez les sujets atteints d'éléphantiasis bien circonscrit.

Voici comment s'exprime M. Rayer sur cette question, dans son article : Eléphantiasis des Arabes, di*> Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques en 15 volumes :

Fatigués par le poids énorme des parties affectées, plusieurs malades en ont réclamé l'amputation, comme une dernière ressource contre un mal incurable. M. Alard assure que ceux d'entre eux qui ont survécu à cette opération ont été de nouveau atteints de l'éléphantiasis sur d'autres régions du corps, ou bien qu'ils n'ont pas tardé à succomber aux suites d'une ou plusieurs phlegmasies viscérales. Une femme qui, depuis l'âge de quinze ans, avait de fréquentes attaques de la maladie des Barbades, se trouva tellement incommodée du volume de la jambe affectée qu'elle demanda l'amputation : peu de temps après, elle eut à l'autre jambe un accès si terrible

qu'elle y succomba. La nommée Marie Prevat, dont j'ai rapporté l'histoire dans mon Traité des Maladies de la peau, subit l'amputation de la cuisse droite, dans le mois de mars 1823, à la suite d'une éléphantiasis des Arabes dont elle était affectée depuis 1 âge de sept ans. En janvier 4825, la maladie affecta le bras droit, et fut combattue, avec succès, par M. Lisfranc, par les saignées locales, les mouchetures et les vésicatoires.

A ces insuccès Delpech a opposé que M. Delmas, chef des travaux anatomiques de la Faculté de Montpellier, avait pratiqué l'amputation du bras dans des circonstances tout à fait semblables, et sans qu'il en fût résulté de récidive. Authier, opéré par Delpech, le 11 septembre 1820, quitta l'hôpital de Montpellier dans les premiers jours de février 1821, avec l'apparence d'une assez bonne santé, mais ayant une petite toux. A son arrivée à Perpignan il était pâle, entièrement décoloré ; son pouls était d'une petitesse extrême. Il mourut le 23 du même mois, d'une inflammation du foie, du péritoine, de l'hypocondre droit et de la plèvre du même côté. M. Talricha opéré, avec succès, en 1811, une jeune femme atteinte d'une éléphantiasis développée aux parties sexuelles; et, en 1828, elle continuait de jouir d'une bonne santé. Naegelé a également pratiqué, avec succès, l'amputation de la jambe, dans un cas (l'éléphantiasis. La question n'est donc pas encore entièrement résolue.

Léontiasis ou éléphantiasis de. la face. — Une femme entrée à l'hôpital Lariboisière était affectée de léontiasis. Cette maladie avait amené un épicanthus. J'y remédiai par l'opération d'Ammon qui consiste à enlever un lambeau tégumentaire entre les deux yeux. Plus tard l'hypertrophie delà paupière devint si considérable, qu'elle amena l'occlusion mécanique de l'œil. Après avoir épuisé vainement toutes les ressources de la thérapeutique, il fallut faire l'excision d'une partie des téguments de la paupière supérieure. (Bull, de la Soc. de ch., séance du 14 novembre 1855.)

Eléphantiasis des jjarties génitales externes chez l'homme. — L'éléphantiasis préputialbien circonscrit réclame l'excision ou en d'autres termes l'opération du phimosis. A l'emploi des ciseaux ou du bistouri, il faudrait préférer en pareil cas l'écrasement linéaire (fui serait d'autant plus utile qu'il mettrait à l'abri des hémorrhagies auxquelles peut donner lieu le développement anormal des vaisseaux de l'organe. J'ai plusieurs fois fait l'ablation de prépuces atteints d'éléphantiasis, au moyen de l'écrasement linéaire, et cette opération a été couronnée d'un plein succès. J'ai en ce moment dans mon service un sujet atteint d éléphantiasis du scrotum et du membre inférieur droit. — Contrairement à ce qui a été mentionné par plusieurs auteurs, je n'ai point vu que l'ablation d'un prépuce éléphantiasique long et volumineux ait été suivie de troubles dans la santé générale ou de manifestations éléphantiasiques nouvelles.

A l'éléphantiasis de la verge il n'y aurait d'autre ressource opératoire à opposer que l'amputation par écrasement linéaire, en raison, non-seule-

ment de l'action antihémorrhagique de la chaîne, mais encore de la bénignité du traumatisme et de l'absence d'infection purulente, double avantage qu'on obtient généralement par l'emploi de ce mode d'action chirurgicale.

G* est pour les mêmes motifs que dans le cas d'éléphantiasis du scrotum nous aurions recours à l'écrasement linéaire pour débarrasser les malades de la partie affectée.

Mais nous devons faire ici une remarque applicable à tous les cas qui précèdent, c'est que l'opération ne doit être tentée qu'autant que l'éléphantiasis est parfaitement circonscrite et qu'elle parait être arrêtée dans sa marche. L'observation a démontré en effet que l'éléphantiasis pouvait s'emparer ultérieurement de la plaie d'opération et de là s'étendre à toutes les parties voisines.

Eléphantiasis des parties génitales externes chez la femme. — J'ai enlevé une petite lèvre éléphantiasique chez une femme qui avait déjà été opérée hait ans auparavant de la lèvre du côté opposé par Blandin ; la tumeur s'était surtout développée du côté de l'anus. Au moment de l'entrée de la malade, comme la tumeur était irritée, on aurait pu croire un instant à un esthiomène; mais le doute cessa bientôt. L'ablation de cette eléphantiasis donna lieu à une hémorrhagie qui fut promptement arrêtée. (Bull, de la Soc. dech.y séance du 48 décembre 4850.)

L'écrasement linéaire, employé à la place de l'instrument tranchant, préviendrait les accidents hémorrhagiques dont j'ai été témoin dans le cas précédent.

Eléphantiasis des membres. — La ligature de l'artère principale du membre dans le cas d'éléphantiasis a été proposée pour la première fois par un chirurgien de New- York, M. Carnochan, qui a fait connaître quatre succès dus à ce mode de traitement.

À l'exemple de M. Carnochan, le professeur Erichsen, de Londres, a fait la ligature de l'artère tibialc antérieure dans un cas d'éléphantiasis du pied ; cette opération a été également couronnée de succès.

Enfin M. Ogier (Charleston, Med. Jour, and Rev., mars 4860) a lié l'artère crurale au sommet du triangle de Scarpa, chez un nègre âgé de 26 ans, atteint d'une eléphantiasis énorme du pied et de la jambe et jouissant d'ailleurs d'une excellente santé. Le volume de l'extrémité et les douleurs qu'il y ressentait empêchaient complètement cet homme de travailler et lui faisaient réclamer l'amputation comme un bienfait. L'opération et ses suites immédiates ne présentèrent rien de particulier; mais le quinzième jour, il y eut une hémorrhagie secondaire épouvantable que l'on parvint cependant à arrêter. Le malade ne tarda pas d'ailleurs à se rétablir.

J'ai pensé qu'on pourrait avec avantage combattre l'éléphantiasis des membres par la compression exercée sur l'artère principale du membre. — Toutefois je n'ai pas encore eu l'occasion d'appliquer ce mode de traitement .

Lorsque l'éléphantiasis est circonscrite à un doigt, et que les progrès du

mal semblent définitivement arrêtés, l'amputation dn doigt est le meilleur moyen qu'on puisse opposer à cette affection.

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