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CHAPITRE I. — MALADIES DES PAUPIÈRES

paupière. En outre, ces cils, de souples qu'ils étaient, deviennent tellement rigides qu'ils forment des espèces d'épines qui par le moindre attouchement sont une cause de douleur très-vive pour la paupière et pour la conjonctive.

Voici donc de quelle manière s'enchaînent les phénomènes. Il y a kératite ou ulcération de la cornée, ou conjonctivite et blépharite ; les sécrétions altérées sous l'influence de cet état inflammatoire raidissent les cils. Les cils devenus une cause d'irritation nouvelle entretiennent et aggravent ht maladie primitive qui continue à altérer les sécrétions, de telle sorte que, l'effet reproduisant sa cause, et vice versa, la continuité des accidents tend à s'établir.

Un mot sur la manière dont la base des cils, tout implantée qu elle soit dans des tissus mous, pique et brosse douloureusement soit la surface de Ccol, soit la face interne de la paupière. On sait par l'expérience journalière que, quand on coupe les cheveux très-courts, le moindre attouchement fait éprouver à la peau une sensation de piqûre ; cela tient à ce que le cheveu, en perdant de sa longueur, perd de sa souplesse et devient comme une espèce de petit bâtonnet plus'ou moins raide. Maintenant, que cette rigidité tienne à un enduit glutineux, au lieu de dépendre de la brièveté du cil, l'effet est le même et la partie implantée exerce une friction douloureuse contre les parties subjacentes.

3* Moyens thérapeutiques. — Des considérations qui précèdent vont se déduire les moyens thérapeutiques appropriés. Les douches oculaires rendent des services réels. Au moyen de deux à trois douches par jour, on parvient à ramener les cils à leur souplesse naturelle. En effet, sous l'action prolongée pendant quelque temps et suffisamment redoublée d'un courant d'eau, on parvient à débarrasser les cils de l'enduit glutineux qui les recouvre et qui les colle les uns contre les autres. Mais il importe, pendant que s'accomplit cette petite opération, de modifier en même temps la direction vicieuse des cils. On les trouve en effet presque toujours déviés de dehors en dedans, comme s'ils convergeaient vers la ligne médiane de la face, direction qui nous parait tenir plus encore aux manœuvres instinctives du malade qu'aune disposition particulière des cils.

Observez attentivement les sujets soit enfants, soit adultes, atteints d'ophthalraie. Ils portent incessamment la main à leurs paupières, soit pour les essuyer, soit pour calmer la démangeaison qu'ils y éprouvent. Vous verrez qu'ils n'essuient presque jamais l'œil dans un sens transversal de dedans en dehors, mais au contraire le centre de leurs mouvements est toujours de la partie externe vers l'interne, le grand angle de l'œil étant f aboutissant de toutes ces tentatives.

Eh 1 bien, nous avons remarqué que la direction des cils en dedans vers la ligne médiane est celle qui, lorsque les cils sont raidis, rend leur action beaucoup plus irritante. La direction au contraire dans laquelle ils irritent

le moins la cornée et les paupières est celle dans laquelle ils sont couchés obliquement de l'angle interne vers l'angle externe de l'oeil.

Quand on examine attentivement le mécanisme d'un grand nombre d'inflammations chroniques de l'œil, on reconnaît toute l'influence qu'exercent les cils sur la durée de l'affection.

Aussi recommandons-nous que, pendant toute la durée des douches, on ait soin découcher doucement les cils de dedans en dehors par un mouvement transversal exécuté sur le bord de la paupière avec le doigt ou avec un linge très-fin et très-propre.

La rapidité avec laquelle nous voyons céder sous l'influence de ce traitement des ophthalmies souvent opiniâtres et d'une certaine gravité, nous fait croire que les précautions relatives à l'état des cils sont pour beaucoup dans ce résultat. En effet, quand on se borne à l'emploi des moyens ordinaires sans agir sur l'état des cils, la réussite est beaucoup moins prompte.

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Les adhérences qui constituent le symblépharon peuvent être partielles ou générales; dans le premier cas, la cornée est presque toujours intacte, dans le second, elle est habituellement détruite. De là deux indications différentes consistant, pour le symblépharon partiel, à rétablir les fonctions visuelles, pour le symblépharon général, à placer le moignon oculaire dans des conditions favorables à l'adaptation d'un œil d'émail.

L'opération du symblépharon peut échouer par deux causes : 1* par la réunion soit primitive soit consécutive des tissus divisés ; 2° par la rétraction ultérieure de la cicatrice, qui efface plus ou moins le sillon oculopalpébral et tend à reproduire la difformité première. — C'est en vue de cette double difficulté qu'ont été imaginés les procédés suivants :

Procédé de M. Pétrequin. — Dans le cas d'adhérences limitées, traverser la bride avec une aiguille armée d'un fil double et faire deux ligatures, Tune très-serrée du côté de la sclérotique, l'autre médiocrement serrée do côté de la muqueuse. D'où il résulte que la ligature placée du côté de l'œil tombe plus tôt que celle située vers la paupière.

Procédé d'Amussat. — On opère la séparation de l'œil d'avec les paupières au moyen de l'instrument tranchant et l'on s'oppose à la réunion en promenant tous les jours au fond de la plaie la pointe d'un stylet pour déchirer la membrane pyogénique qui tend à s'organiser.

Procédé de Carron du Villards. — Après l'opération, on Ctftffe* la plaie assez souvent pour entretenir une cschare qui s'oppoiei*1 réunion.

Procédé du docteur H ay s, de Philadelphie*— On réunit les livres de la plaie conjonctivaleanSMqpKj faits avec des fils de soie très-fins.

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