TITRE Y. — MALADIES DES MUSCLES DE L'ŒIL
horizontalement de la cornée vers le rebord orbitaire correspondant an muscle que l'on veut couper. On a ainsi une boutonnière par laquelle on introduit un crochet mousse à deux branches sous le muscle qu'on attire au niveau de la plaie extérieure où il peut être divisé entre les deux branches de cet instrument.
Procédé de M. Velpeau. — Les paupières étant écartées avec le bléphareirgon, le chirurgien saisit avec une pince à griffe un large pli de 1* conjonctive et l'attache du muscle lui-même à la sclérotique pour fixer l'œil et l'attirer en dehors; avec une autre pince plus forte également armée de griffes, il embrasse plus profondément le corps du muscle, à travers la conjonctive, afin de le soulever et de le tendre. S'il s'agit de l'œil droit, cette seconde pince est confiée à un aide ; c'est la première que l'on abandonne à l'aide quand on opère sur l'œil gauche. Avec de forts ciseaux à pointes mousses, droits ou légèrement courbes sur le plat et tenus de la main droite, on divise toute la bride contenue entre les deux pinces.
Si un certain nombre de fibres ont échappé à l'action des ciseaux, il faut creuser davantage le fond de la petite plaie par de petits coups de ciseaux et glisser en outre Tune des lames de l'instrument entre la sclérotique et l'aponévrose sous-conjonctivale, afin de détruire en haut, puis en bas, dans l'étendue de 2 centimètres environ toutes les adhérences que l'on rencontre.
L'observation suivante fournira un exemple de l'application du procédé de M. Velpeau.
Obs. — Strabisme double compliqué de faiblesse de la vue et d'atrophie des deux globes oculaires. — Opération par le procédé de M. Velpeau. Guérison. — Lepoivre, Louis, 22 ans* domestique, demeurant à Châtres (Seine-et-Marne) entre le 7 janvier 1852 à l'hôpital Saint-Antoine pour y être traité d'une fracture simple de la jambe gauche.
Ce malade présentait en même temps un strabisme convergent très-prononcé et occupant les deux yeux à la fois. L'œil droit cependant était beaucoup plus strabique que le gauche, et la pupille de ce côté disparaissait entièrement derrière l'angle interne de l'œil, lorsque l'œil gauche se fixait directement sur an objet quelconque. L'objet était-il présenté à l'œil droit, la pupille de l'œil gauche se déviait à son tour en dedans, mais elle se voyait encore tout entière. La vue était faible pour les deux yeux, mais plus faible dans l'œil droit que dans l'œil gauche. Le malade ne pouvait lire longtemps ou examiner les objets de petite dimension sans se fatiguer. Il y avait atrophie des deux globes oculaires.
Le malade s'étant décidé à l'opération, il y fut procédé le 4 février 1852.
Le strabisme étant beaucoup plus prononcé à droite qu'à gauche, ce fût l'œil droit que l'on opéra.
Les paupières ayant été écartées avec le dilatateur de Snowden, on saisit arec une pince à griffes un large pli de la conjonctive dans lequel se trouvait comprise l'attache du muscle droit interne. A l'aide d'une autre pince à griffes la conjonctive et le corps du muscle furent embrassés en arrière et à une petite distance du premier point saisi. Alors avec des ciseaux à extrémités mousses,