‹ Traité complet d'accouchemensChapitre 4 sur 22 · DE LA GROSSESSE · texte numérisé non relu

DE LA GROSSESSE

'Aut motis f coïtu nimio haud impune pudenàis P^ix coeptum crudojœtum deponet ahortu.

Dans les vers sùivans ; il compare le fœtus aux fruits qu'un coup de vent abat ^ et il conclut :

\Concuhitus îgitur crehros quosfœta fréquentât, Quis non damnabiz ?

Cependant les médecins et les casuisles tomberaient dans un excès s'ils faisaient aux femmes enceintes une loi sans exception de la nécessité d'une sévère continence durant la grossesse. Un tempérament erotique , l'habitude peuvent rendre les plaisirs de l'amour ^ qui ne seraient renouvelés que rarement ^ et auxquels on ne s'abandonnerait qu'avec précaution y nécessaires à la santé de la femme. L'état de grossesse fait que quelques femmes désirent plus vivement les jouissances amoureuses. Une continence trop sévère pourrait leur être nuisible 5 ce serait abuser de l'analogie que de prétendre que l'on doit toujours isoler les femmes grosses de leurs maris , parce qu'on voit lés femelles des animaux s'éloigner du mâle aussitôt qu'elles ont conçu.

Doit-on conseiller à une femme mal portante de concevoir? Cette question m'a paru assez importante pour mériter que sa discussion trouvât ici sa place. Pusieurs médecins pensent que l'état de grossesse peut délivrer les femmes de leurs infirmités. Ils citent quelques cas où cet état produit chez les femmes plus de fraîcheur et d'embonpoint ^ mais ils sont en petit nombre , et l'on observe bien plus souvent le phénomène contraire. Leur opinion est vraie dans quelques cas particuliers où les maladies dont les femmes sont atteintes sont produites par une tension, et une rigidité trop considérables de la fibre. J'ai vu un cas de cette espèce où le conseil que l'on avait donné à la femme de concevoir lui fut salutaire. M.Morel, médecin de Lyon, rapporte un exemple qui démontre qu'il est des femmes dont la santé s'améliore et se fortifie par l'état de grossesse. Il dit avoir connu une dame qui était toujours malade , et qui ne jouissait d'une bonne santé que du moment où elle était enceinîe^ dès qu'elle se portait bien j, elle annonçait sa grossesse; elle ne s'est jamais trompée-, quoiqu'elle ait fait une douzaine d'enfans. Mais dans le cours or-

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dinaire , je regarde comme contraire] au bien de la socie'lé et à Finle'rét propre de la femme de lui conseiller de concevoir si elle est mal portante et qu'elle ait un virus. Si Tindisposilion de la femme est du genre des cachej^ies , la conception ne ferait qu'empirer son e'tat y puisqu'elle est toujours suivie d'une infiltration encore plus considérable du tissu cellulaire.

Cette iritillration permanente du tissu cellulaire chez la femme, phénomène encore plus marqué chez celle qui est enceinte , fait que la fibre est plus molle ^ plus lâche ^ et la peau moins colorée. On conclut de ces apparences que présente plus spécialement la femme grosse ; que le système lymphatique prédomine dans son organisation.

Cette opinion ^ quoique si généralement admise y me paraît une erreur. Je ne suis pas le seul auquel cette idée se soit présentée. M. Jouard, mon compatriote y a également insinué dans son Essai sur quelques points de l'histoire naturelle de la femme, que si la femme et Tenfant , dont l'organisation se ressemble à beaucoup d'égards y sont dans une sorte d'infiltration permar nenlC; c'est ;, au contraire, parce que leur système lymphatique jouit de peu d'aplivité. La thérapeutique que l'on suit pour remédier à cet état suffirait pour prouver que ce système est dans un état d'atonie.

Si le système lymphatique jouissait chez les femmes de plus d'aclion , comme on le dit communément y s^il remplissait toutes les fonctions qui sont de son ressort avec facilité y liberté y rapidité, ce qui doit nécessairement avoir lieu lorsqu'un système prédomine, on verrait, au contraire , disparaître cette sorte d'infiltration qui leur est naturelle , parce que les fluides blancs qui la produisent seraient reportés dans le torrent de la circulation. Si on appelle prédominance dans un organe une énergie d'action supérieures celle de tous les autres organes, il me semble prouvé que le système lymphatique ne prédomine pas chez les femmes , qu'il est, au contraire, celui de tous les systèmes qui a le moins de force tonique. Plus la femme est forte , plus les mouvemens auxquels elle se livre sont considérables, moins cette infiltration du tissu cellulaire est prononcée : elle est portée au dernier degré chez les femmes cachectiques. On observe celte infiltration chez ks convalescens , chez lesquels on n'osefiiil pas dire que le système lymphatique prédomine. .

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