PHÉNOMÈNES DU PREMIER GROUPE
t. — 11 arrive parfois qu'après l'accouchement la ne n'éprouve aucun des phénomènes nerveux qui sont le résultat de Tellement que ce système a subi pendant le travail. Elle ressent à peine fatigue légère et les premières heures sont pour elles aussi calmes que i Télat normal. Mais il est loin d'en être toujours ainsi, et souvent une tature générale, un accablement profond, une excitabilité excessive sucà la délivrance.
intensité de la réaction est naturellement en rapport avec la susceptiï normale de la femme, la longueur de l'accouchement et la somme de rances qu'elle a subies.
riHon. — Presque constamment le premier symptôme, qui se manifeste s la délivrance, est un frisson, dont l'intensité variable, peut aller jus- Q claquement de dents. Quelle que soit cette intensité, on ne doit nullet s'en préoccuper, même lorsqu*il s'accompagne d'un peu de fréquence
K)uis.
1 peut voir le nombre des pulsations atteindre et même dépasser 100 à
2 époque. Ce qui n'a rien d'inquiétant, car il est fort rare, en dehors de Inencc épidémique qu'on rencontre dans les Maternités, que les lions puerpérales débutent à un moment aussi rapproché de la fin ravail.
est évident qu'on devrait être beaucoup moins rassuré s'il se répétait iant les jours suivants et en dehors de la fièvre de lait, dont ils annon- 'dans quelques cas le commencement. Cependant j'ai observé parfois ces »ns répétés chez des femmes dont les suites de couche ont été très-favofô. 11 serait difficile d'expliquer leur cause.
i frisson physiologique est tellement fréquent qu'on peut le considérer ime la règle, il est unique et de courte durée ; au sentiment de froid qui compagne succède un état opposé, le pouls, alors petit, devient plus [e et la femme entre en moiteur.
6 irisson est un phénomène de réaction et n'est nullement dû à ce que la nie est restée découverte pendant les derniers moments du travail ; car 'observe lors même que l'élévation de la température ne permet pas d'ad- ^^^ qu'il soit produit par le froid.
|n a dit que lorsque l'apparition du frisson tardait à se faire, on pouvait indre mie hémorrhagie, et que l'agitation, persistant après qu'il est passé, ^u>enl le présage d'une affection puerpérale. Il est possible qu on ait ob*
serve quelques coîncidonces entre ces divers phénomènes; mak cescei^ cidences sont assez rares pour qu'on ne puisse les ériger en principe.
Premier somineU. — Le besoin de sommeil se fait sentir après raccoi chement, surtout lorsque le travail s'est prolongé sans avoir été trop Ub rieux. Car les douleurs excessives font naître une agitation qui empMh* femme de goûter le repos dentelle a un impérieux besoin. Il faut segardtT( troubler ce sommeil, seulement il est nécessaire de le faire surveillt'ri peur qu'une hémorrhagie interne ou externe ne se produise sans que là ni lade en ait conscience. Le sommeil contribue puissamment à rétablir Tau sèment du système nerveux. Lorsque la patiente en est privée, on voit sunêil de la céphalalgie, la fréquence du pouls, et l'irritation nerveuse génî'a est sensiblement augmentée.
ÉaiiiMiom defloriaee. — L'émission des urines est douloureuse à cau?4>i la contusion que le canal de l'uréllire, le méat urinaire et la vulve ont fl pendant l'expulsion du fœlus, parfois il s'y joint une cuisson intense, cm par la déchirure de l'anneau vulvaire. Leur excrétion n*a lieu qu'au bd de quelques heures, elle est gênée par le décubitus dorsal que doit gaii la femme et par le relâchement de la paroi abdominale, dont l'aclios I vient pas en aide à la vessie d'une manière très-elïîcace. On peut mèrorl server une paralysie de cet organe, causée par la compression qu'il a suppi tée pendant la dernière période du travail. Dans quelques cas, ce symplA^ semble tenir à d'autres circonstances qu'il est difficile de détermiaer. Tai observé après des accouchements prompts et faciles.
Je l'ai même vu survenir et durer onze jours chez une dame, après avortemcnt au quatrième mois, qui fut tellement rapide que rexpulsiun^ fœtus et des annexes eut lieu pendant qu'on était venu réclamer mesn^i^ Il est nécessaire de surveiller avec attention l'émission des urines c bei I accouchées, car dans les cas de paralysie elles s'accumulent dans la u4 qui prend un volume considérable. Il se manifeste sur ce point des Minfil mes locaux assez intenses pour qu'on prenne le change sur leur uatuf comme cela est arrivé assez fréquemment, et qu'on attribue à une aiïeiHM puerpérafe commençante, ces douleurs qui disparaissent immédiatement jk la déplélion artifîciellede l'organe.
ComUpaiioii. — La constipation est extrêmement fréquente, et peuti prolonger plusieurs jours après l'accouchement. Elle est sous la i^ dance des causes de la rétention d'urine et peut en persistant dêtenniM des accidents locaux analogues, qui peuvent se compliquer d'un pii i fièvre, de douleurs iliaques, d'un sentiment de pesanteur et d'un m^^ général. Il est donc nécessaire de surveiller avec attention les fonctioib^ l'intestin.
Appétit. — Respiration. — L'appétit, les deux premiers jours des 5Uitde couches, est peu intense; les femmes se contentent en général de bt-aî Ions et de potages, môme lorsque le travail a été facile et rapide. Cdie ^^" rexie ne se dissipe ordinairement qu'après la fièvre de lait.
La respiration qui n'est plus gênée par le développement de ruiérns' if prend toute son ampliluclo.
^ PHÉNOMÈNES DES SUITES DE r.OUCHES, 599
Teapéniiare. — Hcckcr a cherché à conslalpr les variations de tempérant qui peuvent se produire chez les nouvelles accouchées. Le résultat le )iiis contestable qu'on puisse extraire de ses expériences, c'est que pendant > neufs premiers jours qui suivent raccouchement, le thermomètre introït dans le vagin accuse une élévation de température qui peut s'élever de âis degrés au-dessus du chiffre normal. 11 existe d'assez grandes varia- Kb sur ce qui se produit dans les premières vingt-quatre heures qui ment la délivrance. Après le neuvième jour l'excès de température dô- ■nit progressivement pour retomber au chiffre normal. tut au poala. — Le pouls petit, serré et frécjuent pendant le travail, prend plus d'ampleur et de souplesse après la délivrance bien qu'il conrrc encore une certaine fréquence.
L'examen du pouls a une très-grande importance dans l'appréciation de lai de l'accouchée. Au-dessous de 80 pulsations par minute, la patiente peut t considérée comme étant dans une bonne situation. Lorsqu'il atteint ou passe 100, on doit examiner avec le plus grand soin les divers organes, car (at de la circulation indique souvent un danger ou un accident. Ct*pendant il ne faut pas ériger ces préceptes en règle trop absolue. Si la erç)éralilé ne peut être considérée comme une période d'excitation, il est lain que l'excitation y est plus vivement ressentie, et on peut noter temporement une accélération du pouls qui 'tient à des causes diverses dont ction agit exclusivement sur le système nerveux.
La moindre émotion, une impression pénible, la privation de sommeil, une luictude causée par le nouveau-né, suffisent pour amener des change- 'nls dans l'état du pouls qui se prolongeront en raison de la cause qui les déterminés. L'établissement de la sécrétion lactée est encore une circon- Hice dont il faut tenir compte à ce point de vue. Cependant, en dehors de s conditions, et sans motifs appréciables, j'ai parfois constaté que dans les itesdc couches le pouls atteignait environ iOO pulsations pendant un jour même deux, puis reprenait son rhythme normal spontanément. Il est donc nécessaire de préciser les rapports de ce symptôme avec l'étal ^m\, ou les phénomènes locaux que présentent les organes de la gestai^n. Uabsence de frisson coïncidant doit être noté, car ce signe a une assez rande valeur, au point de vue du diagnostic.
Mac Clintock, il y a quelques années, a attiré l'attention sur un fait inté- »^nt relatif à l'état de la circulation dans les jours qui suivent la délivrance. '<^t m ralentissement du pouls qui peut descendre jusqu'à 48, 44 et même, ans nn cas, 50 pulsations par minute. Pajot a également constaté ce phéno- R«ne, qui a été bien étudié par Blot, dans un mémoire publié sur ce sujet. ^ voici le résumé. Chez un certain nombre d'accouchées, dont il ne donne jii la proportion générale, la fréquence ^du pouls diminue. Il oscille entre ^Kl :>o pulsations par minute, l'auteur considérant le chiffre 75 comme ■^^^tml. La durée du phénomène varie de 1 à 12 jours, et il se manifeste f^clusivement chez les femmes en bonne santé. C'est là le point qui m'a paru ^ pl^ bportant à relever dans ce travail, car il permet, dans les cas nette- ^««t tranchés, d'être rassuré sur l'état de l'accouchée.
600 ACGÛDCHEBIENT.
Le plus souvent, le ralentissement commence 24 ou 48 heures après lad livrance. La longueur du travail, quand ses suites sont favorables, n exerce (i une action manifeste sur Fépoque de son début. On peut noter sa persislam bien qu'atténuée, pendant la fièvre de lait. L'époque prématurée de Tacct chement, môme Tavortement, Tétai de vie ou de mort du fœtus, rexislei de tranchées violentes, ou une hémorrhagie légère, n*empêcbeiit pas la p duction de ce phénomène.
Il existe dans le travail de Blot une lacune regrettable et qui en dimii considérablement la signification. Il est basé sur 500 observations. Lauti aurait dû, pour permettre d'apprécier la fréquence de chaque degré de ni tissement, relativement au nombre des cas qu'il a obsenés, classer par gru à ce point de vue les sujets de ses observations. On aurait vu au moins si chiffres inférieurs ù 50 ne constituent pas de rares exceptions, ce qui ine j rait la vérité, et si les chiffres rapprochés de 60 ne forment pas la grai majorité. Notons que le chiffre de 75 pulsations, que Blot considère coin normal chez la femme hors de la gestation, est certainement trop életè. pourrait alors comprendre comment le phénomène du ralentissemeol a passer aussi longtemps inaperçu, et pourquoi Mac Cliniock, qui la décrit premier, lui accorde une si faible importance.