‹ Traité complet d'accouchements (volume 2)Chapitre 126 sur 277 · ÉTAT DB FAIBLESSE CONGÉNITALE DES NOUVEAU-NÉS · texte numérisé non relu

ÉTAT DB FAIBLESSE CONGÉNITALE DES NOUVEAU-NÉS

PS accidents qui menacent le fœtus dans les derniers moments de la vie hutérine et qui se développent sous l'influence du travail de Taccouche^ t laborieux ou trop prolongé, ne sont pas les seuls dangers qui peuvent re en péril son existence. Il en est d'autres encore contre lesquels les soins nous avons énumérés tout à Theure seraient impuissants. !s dangers reconnaissent pour cause le^développement incomplet d'un ou lasienrs appareils essentiels à la nouvelle vie ; ces lésions sont le résultat le naissance prématurée ou de Taltération des annexes du foetus qui sont mus, — à une époque plus ou moins rapprochée du terme — impropres à iccroissement normal.

» a donné le nom de faiblesse congénitale à cet état dans lequel le nouhnè semble impuissant à mettre en jeu les forces nécessaires à l'accom^ ement de ses nouvelles fonctions.

î plus souvent, ce qui frappe tout d'abord, c'est l'imperfection de la res* tion; elle ne peut se faire d'une manière complète. Les auteurs ont iiè cet état et l'ont décrit avec beaucoup de soin au point de vue physioque et anatomique. L'enfant peut s'éteindre sans avoir poussé un seul

si la vie persiste quelques jours, les cris sopt faibles et voilés, la respion fréquente et incomplète, l'enfant peut à peine prendre le sein et vomit ail de sa nourrice; puis, progressivement, sa respiration diminue et il it dans un état d'asphyxie lente. A l'autopsie, on trouve les vésicules bsées sur des espaces plus ou moins étendus du poumon ; d'autres, déve* )ées d'abord, sont revenues progressivement sur elles-mêmes ; l'organe,

ce point, présente presque l'aspect du poumon fœtal; on note le plus îent des congelions partielles et des traces d'infiltrations séreuses, .'intervention du médecin, en pareil cas, n'est pas trës-active : on peut t au plus faire subir à l'enfanl, au moyen de la chaleur artificielle, une èce d'incubation ; on l'entoure de ouate, de bouteilles d'eau chaude pour >poser au refroidissement consécutif à une circulation peu active et qui lirait devenir lui-même une grave complication. On choisit une nourrice it le lait coule facilement pour que l'enfant ne soit pas contraint à de mds efforts de succion ; c'est tout ce qu'on peut faire pour l'aider à vivre ; is, le plus souvent, ces secours sont insuffisant», et l'enfant succombe. Ile est la cause que les auteurs assignent à la mort des enfants nés en état

faiblesse congénitale: un arrêt de développement de l'appareil respiraire.

J'ai fait connaître une autre ctfuse de mort non moins active, bien que ^aucoup plus rare, qui me semble n'avoir point été signalée encore et que û été à même d'observer.

la respiration pulmonaire n'est pas la seule fonction nouvelle que la naislocfe impose au fœtus, la nutrition s'opère également au moyen d'un noneao mécanisme, et les organes qui concourent à celte fonction peuvent avoir obiiiQ arrêt de dëvoloppement semblable à celui de la respiration. L'es-

ACCOaCBËMENT.

toinac peut être inapte à la chimifiGation, comme le poumon est impropr à l'hématose.

Plusieurs fois j'ai perdu, au bout de quelques jours, des nouveau-nés e état de faiblesse cangénUaU. U était difficile d'attribuer leur mort à la lèsi* d'un appareil isolé, tout souiTrait en eux; l'enfant s'éteignait plus oa rapidement, en présentant des lésions de la respiration, mais ausôdaj nutrition, et j'étais surtout frappé de ces derniers symptômes, qu'on a sans en caractériser la valeur. Cependant deux fois la situation s'est de»ii| plus nettement ; dans ces cas, chez les enfants la respiration s'était ètriflj sinon avec vigueur, au moins d'une manière régulière et complète, la était claire et les cris persistants. Mais la nutrition imparfaite ne fournir à l'organisme des matériaux suffisants pour entretenir la vie.

Dans la première observation, qui date du mois de mai 1858, l'enfant venv au terme de huit mois ; l'accouchement prématuré avait reconnu ^ cause gne hydropisie de l'amnios. L'aspect du nouveau-nè était celui qslm observe en pareil cas : maigreur extrême, petit volume, lace sillonnée^ rides et portant presque* le cachet de la décrépitude; des vomisaemcflttt une diarrhée incoercible se manifestaient presque aussitôt qa'il araîl q«fl le sein. L'âge du sujet et son état de faiblesse ne me permettaient pas de ffd|i une médication très-active ; j'ordonnai un peu de sirop dîaoode, un p4 vésicatoire volant à l'épigaptre; je niodîfiai de toutes les manières Falla^ ment. Mais la médication, qui aurait pu être de quelque utilité dans un 4 de maladie acquise, devait hb donner aucun résultat en présence d'une de nutrition déterminée par un arrêt de développement organique. Au de six jours, le petit malade succomba. Pour moi, la cause essentieHe mort fut l'inanition, et je ne considérai que comme épiphénoroènes les blés de la respiration qui survinrent le dernier jour.

Le second cas est plus intéressant, car là, j'ai pu aidef la nature dans développement, en nourrissant l'enfant d'une manière artificielle jusqu a que l'organisme pût se passer de mon secdurs. Je citerai Tobservation plus de détails, parce que c'est, je crois, la première fois que ce résoli été obtenu, et, pour cette raison, j'y attache une certaine importance^

Je fus appelé, le 4 mai 1859, à Passy, pour donner des soins à un j enfant, né depuis quatre jours, et qui se trouvait dans un état presque i tique à celui du sujet de la précédente observation. La mère avait été assi; par madame Roulleau, sage*femme de Paris, dont l'intelligence et le sa' sont malheureusement trop rares dans sa profession. L'accouchement av eu lieu à terme, mais le placenta présentait une dégénérescence fibreuse qri . occupait presque les deux tiers de l'organe ; cela expliquait l'état de dév^ loppement incomplet de l'enfant, qui ne dépassait pasj par son volume, ui l'œtus bien conformé de sept mois, mais qui lui était inférieur par son peid» — 1,250 grammes. — U avait la figure ridée, la. maigreur extrême et V*\*' pftrence vieillotte déjà notées; La voix était faible^ mais claire^ et la respiratien complète; La filim n'était pas étrangère à ses cris fréquents i il fren»à bipn le $ein de sa mère^ exceUtote nout-rice ; mais depuis le moment de li e le lait avait été vomi presque immédiatement après chaque repfe,

DES.SODiS A L'fiNFA«T. 68?

? peu qui n'était pw expulsé par cette voie était rendu en diarrhée et irsait rapidement l'intestin presque sans autre modification que son mér } avec la bile.

nstituai le traitement déjà employé dans le premier cas, en ayant soi» évenir la famille de la gravité du pronostic et du peu d'espoir que je lis sur ma médication, qui fut continuée sans résultat jusqu au 8. L'émain faisait des progrés, il y avait de la somnolence, la vpix était plus S les cris moins fréquents; je in' attendais à chaque visite à trouver l'enonort, lorsque j*eus l'idée d'avoir recours à la pepsine. L'action de cet : sur les aliments albuminoîdes est maintenant bien connue, c'est vérinent un médicament héroïque lorsqu'on l'administre dans les cas qui clament l'emploi. Je fis préparer un gramme de poudre de pepsine, di* tn dix paquets; je préfère la poudre aui pastilles, comme possédant une té plus grande, et son administration est plus facile. J'en fis preni l'enfant un paquet de dix centigrammes dans quelques gouttes d'eau e, et la mère lui fit couler du lait dans la bouche, car il n'avait plus i la force de prendre le sein. Jusqu'au 11 l'état ne se modifia pas i manière très^sensible, et je craignis que la pepsine ne fût arrivée trop Cependant je ne perdis pas espoir, l'enEant vivait encore, ce qui indi- . au moins un état stationnaire, car il était arrivé à une de ces extrêmes es qu'on ne peut dépasser sans mourir.

il, la diarrhée diminua d'une manière notable, la voix était plus forte, ccion plus vigoureuse. Le 20, la digestion était parfaite, les vomisseis et la diarrhée avaient disparu sans retour. Hais la pepsine fut contijusqu'au 50 juin ; à cette époque, l'enfant put s'en passer. Plus tard^ il s dents facilement, marcha à 13 mois. Aujourd'hui il a six ans; c'est 'ès^bel enfant, plein de vigueur et de santé.

est certain, dans cette observation, que le retour à la vie est dû exclu- Dent à la pepsine, car tout autre traitement avait été suspendu dés le it de son administration, et lorsqu'on examine la manière dont le mal a ;ressé jusqu'à cet état où une réaction vitale est presque impossible, on bien forcé d'avouer que les efforts seuls de la nature eussent été im* Bants.

>rsqu'on aura affaire à des cas de faiblesse congénitale avec arrêt de déve« «ment de Tappareir digestif, il faut employer le moyen qui m'a si bien û t il sera même 'bon de le mettre en usage dans les cas complexes où la m portera en même temps sur les appareils nutritifs et respiratoires $ l^ètre parviendra4-on ainsi à écarter une des deux complications qui me* ent la vie des petits malades, et ce secours pourra , dàus quelques caa> enir suffisant pour que la nature fasse le reste.

ai employé la pepsine avec des chances diverses cbee les notiveau^nés vi< reui} mais qui prennent le sein avec trop d'avidité ; il arrive parfois que r voracité les molle dànS un état d'indigestion en quelque sorte pethia- Uc -y l'estoiskv c s'aoooUtume à rejeter une partie du Uit après chaque repas; cette disporitîon persiste lorsqu'on règle l'alimentation en diminuant la uititè de lait qu'on laisse absorber à la fois au nourrisson. Dans ces cas, la

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pepsine m*a le plus souvent réussi en faisant disparaître ces TomissemeaLs qui, du reste, n'ont pas en général une grande gravité.

Sous l'influence d'un travail prolongé, ou par le fait de manoeuvres ou

de l'application des instruments, le nouveau-né peut présenter des lésions (k

diverse nature, telles que : céphalématomes, paralysie du nerf facial, fndore

des membres ou du crâne, etc. Nous examinerons ces différentes lésons ei

' traitant de la dystocie fœtale.

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