‹ Traité complet d'accouchements (volume 2)Chapitre 127 sur 277 · DISPOSITIONS LÉGALES RELATIVES AUX DÉCLARATIONS DE IVAISSANCE · texte numérisé non relu

DISPOSITIONS LÉGALES RELATIVES AUX DÉCLARATIONS DE IVAISSANCE

Code dvil, art. 55. Les déclarations de naissance seront faites, dao^ii trois jours de l'accouchement, à l'ofllcier de l'état civil du lieu : l'enfurili sera présenté.

Art. 56. La naissance de l'enfant sera déclarée par le p^re, ou, à défailli père, par les docteurs en médecine au en chirurgie^ officiers de santés fifà femmes, ou autres personnes qui auront assisté à l'accouchement. '

Art. 346. Toute personne qui, ayant assisté à un accouchement, n'tunfl fait la déclaration à elle prescrite par l'art. 56, et dans les délais fixés f^ l'art. 55, sera punie d'un emprisonnement de six jours à six mois amende de 16 fr. à 300 fr.

Ces dispositions rendent obligatoire la déclaration de l'accoucheur la sage-femme, en cas d'absence du père. Ce mot absence du père compta également son abstention. H faut donc s'enquérir avec soin , lors de U nij sance d'un enfant naturel, si le père accepte la paternité, et s'il a accoroptil prescriptions civiles. Dans le cas contraire, on doit mettre sa responsabiiHfl couvert en assistant à la déclaration devant fofflcier municipal. i

L'obligation de cette mesure s'étend aux mort-nés, même avant teii Le 23 mai 1861, le tribunal correctionnel de Tours intenta des poursuM pour défaut de déclaration de naissance, aux époux P... et à la sage4eid qui avait assisté à la naissance de deux fœtus jumeaux expulsés à eniia quatre mois et demi de grossesse , et qui avaient été inhumés dans le j^^ de la maison. Les prévenus ne furent acquittés qu'en raison de l'âge des ftf> qui n'avaient pas atteint l'Age de la viabilité légale, c'est-A-dt?e le sixiÂ| mois.

Ce jugement soulève plusieurs questions importantes :

1"* La présence du père légitime ne sufGt pas pour dégager la respon^ lité du médecin ou de la sage-femme lorsqu'il omet de faire la dédanM puisque dans ce cas la sage-femme a été poursuivie. Cependant ce point p{ rait résolu en sens contraire par des arrêts des tribunaux supérieun.

S^ La déclaration de naissance serait obligatoire lorsque le fœtus a dèpa^^ le sixième mois. I

5* Avant cette époque le permis d'autopsie ne serait pas néoessaire , o4 plus que le permis d'inhumation, et celle-ci pourrait être faite n'importa <^ Du moment où il n'y a pas naissance civile , il n'y a pas de dèclanl'<^' ^ mort.

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lie doclrine est acceptée par les Cours de Valence , de Nancy et de Gre- ;. Cependant , à propos de Vinhumation d'un raorl-né de six mois et , faile sans déclaration, la Cour de cassation , qui n'a touché qu'iricinenl à ce point de la question, semble exiger que les formalités légales t accomplies quel que soit l'âge du fœtus. Il est évident qu'au fond la a voulu simplement réserver la question et en laisser l'appréciation aux selon la nature de rafîaire, car cela nous conduirait à la conséquence lie, de nous forcer â porter à l'état civil un œuf abortif de six semaines, lemple, pour nous soustraire aux conséquences passibles d'une condama judiciaire.

loi, qui nous impose l'obligation de déclarer la naissance, ne nous force déclarer le nom du père ou de la mère, lorsqu'ils veulent rester incon- L'art. 578 du Code pénal punit la révélation des faits qui sont confiés à me de Fart en raiâbn de ses fonctions, d'un emprisonnement d'un à six de prison et d'une amende de 100 à 500 francs. On ne pourrait, sans cet article, révéler le nom d'une femme accouchée qui veut rester inle.

'ce point, la jurisprudence est fixée par un arrêt de la Cour de cassation le du 16 septembre 1843.

isces circonstances, le médecin où la sage-femme déclarent simplement ssance. Si l'officier municipal refusait la déclaration comme incomplète, serait fait sommation d'y procéder. Le cas s'est déjà présenté, et l'enretnent a été ordonné par le tribunal. i

fis A L'JBNFANT ET HYCSIKNE DE LA NAISSANCE AU SEVRAOE

oMÎtioB de la iiean. — Au moment de la naissance, l'enfant présente is une coloration uniforme d'un rose vif ou rougeâlre qu'on attribue prédominance de la circulation capillaire. — Celte hypothèse n'est pas tement d'accord avec les données de la physiologie, et la nature du phéae n'est pas exactement déterminée. Nous noterons seulement que, dans e nègre, le nouveau-né est presque blanc, ce n'est que plus tard que n'étion pigmentaire lui donne la couleur qui appartient à sa race, loration rougeâtre du nouveau-né s'efface progressivement et a comnent disparu vers le huitième jour, parfois en faisant place à une teinte ' Ire qui rappelle le premier degré de l'ecchymose. Cette coloration ne tre l'objet d'aucun soin spécial, elle s'efface spontanément et disparaît manière passagère sous la pression du doigt, parfois elle persiste un Iqs longtemps sur les pieds et les mains de l'enfant, mais on ne doit 7 )er aucune importance à moins cependant qu'elle ne s'accompagne ! infiltration œdémateuse.

>( da pools. — La première période de Texistence n'est point à Tabri maladies, et souvent il est nécessaire de constater l'état du pouls, afin )récier la valeur de certains phénomènes qu'on observe. Diverses causes ?nt cette exploration extrêmement difficile. Les difficultés tiennent à la ^^^ de l'artère ; à son peu d'ampliation sous l'effort de l'ondée san-

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guine; à 1 épaisseur du tissu cellulaire qui la recouvre; à UsensilBliiéaij tanée, qui fait que la moindre pression irrite le nouveau-né, qui cherche pu ses mouvements désordonnés à échapper au contact qui l'incommode. Ced sensibilité se manifeste surtout vivement lorsqu'il existe une certaine dinèreoc de température entre le doigt qui explore et la peau de Tenfant. Billard a si gnalé un dédoublement du pouls du nouveau-né, qui bien que rare, augmenk quand il existe, les obstacles à l'exploration.

11 est donc fort difficile de constater l'état du pouls par Texamen de la r, diale. L'auscultation du cœur n'est pas beaucoup plus praticable, il tai déshabiller l'enfant, et l'application de l'oreille ou du stéthoscope sur lapa tiîne fait naître des cris et une agitation qui empêche de se rendre ead ment compte du nombre des battements. Le procédé d*expi(»ratioa le;É exact consiste à glisser le doigt sous la manche de Tenfant pour atteidR au pli du coude, l'humérale dont les pulsations se font sentir lorsqa'A ne sont pas perceptibles à la radiale. On peut nombrer les pulsatioos ï médiatement après la naissance ; cependant d'après Letoumeau, dai&i tiers des cas, cela n'est possible que dû deuxième au quatrième jour. ^ dernier auteur sur un total de 72 observations recueillies sur des esfa depuis le moment de la naissance jusqu'au trente et unième jour, a recon que la moyenne était de 124 pulsations par minute. Avec un minimon 96 et maximum de 160, les résultats sont analogues à ceux indiqaêâi Trousseau et Garham.

ExfoUatioB de i*épid«mie. — L'enveloppe cutanée du foetus sobil contact de l'air une modification caractérisée par l'exfoliation de l'épider D'après Billard, ce phénomène se manifeste à une époque assez variabh est rare qu'il commence à se produire dans les trois premiei*s jours qui vent la naissance ; c'est en général du quatrième au huitième qu'il se a tre actif. Sa durée est également variable et elle se prolonge parfois jusf trentième ou quarantième jour. L'exfoliation est plus lente et plus marq chez les enfants maladifs que chez ceux qui ont une santé vigoureuse chute de l'épiderme est ordinairement insensible, il tombe sous forioe petites écailles furfuracées. Parfois, au contraire, indépendamment de c forme, l'épiderme se soulève par plaques d'un diamètre variable, et f observe sur les surfaces larges et planes ; ou par lignes qui se nK>ali surtout au niveau des plis articulaires.

Ce phénomène ne réclame aucun soin particulier, et si parfois Ja fo que nous avons signalée en dernier lieu est notée plus paiticulièrea chez les enfants en état de souffrance, on peut également la constatera les conditions les plus favorables.

Chute dm eordon. — Après l' accouchement, la partie du cordon adbén à l'ombilic du nouveaU-né devient un corps étranger ; privé de ^e et circulation, il se détache spontanément du quatrième au sixième jour, r ment plutôt, exceptionnellement le huitième ou le neuvième. Lorsq» ii Irès-infiltré de tissu lamineux, sa chute est tardive.

Du premier au deuxième jour» le cordon commence à ae flétrir, soo i derme et le tissu lamineux qu'il contient se desséchent; il diminue dî

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e, brunit et se vrille. Ce dernier phénomène ii*appartient qu à Tenfant vii; chez le mort-né, le cordon se putréfie sans subir cette modification. Q examinant attentivement la peau de la région ombilicale, on voit, surchez les nouveau-nés congestionnés, une différence très-sensible entre iscularité du tégument abdominal et Fabsence des vaisseaux sur Tenvce du cordon. Il existera la base de cet organe un cercle vasculaire tressé et qui est en connexion avec la veine et Tartère tégumenteuse abdode. Les fins rameaux qui en émanent s'arrêtent brusquement sur ce point, aisseaux se recourbent en anses pour former un réseau très-élégant. Au du cercle vasculaire, la couleur de la peau change brusquement et de e devietft grisâtre. Lorsqu'on tend le cordon, la limite qui sépare les i teintes, est bien apparente. C'est là que doit s'opérer la séparation, car seulement l'enveloppe du cordon n'a de circulation propre à aucune {ue, mais encore les capillaires de ses vaisseaux qui existent dans leur porintra-abdominale s'arrêtent brusquement au niveau de l'ombilic. Il en Ite que tout élément de nutrition fait défaut dans la tige ombilicale. Sa t survient au moment où sa fonction cesse, et elle se sépare du nouveau- )dr le mécanisme d'élimination qui sépare les parties mortifiées des ores ayant vie. Tel est le mécanisme de la chute du cordon et il n'est pas îssaire pour l'expliquer de faire intervenir, ainsi que le veut Richet, l'acd un sphincter ombilical opérant la section des vaisseaux comme le ferait ligature. Robin a démontré que le sphincter ombilical est une erreur tomique ; Tanneau ne contient pas d'éléments contractiles, a petite plaie qui succède à la chute du cordon est le siège d'une légère puration qui peut se prolonger pendant quelques jours lorsque la tige bilicale était volumineuse.il est prudent, pour éviter les inflammations dont ^ plaie pourrait devenir le siège, de la protéger au moyen d'un pansent jusqu'à ce que la cicatrisation soit complète.

•e premier phénomène qui se produit sur la portion intra-abdominale des sseaux du cordon est une rétraction, qui éloigne de l'anneau leur extréé libre. Elle commence dans les artères avant la séparation du cordon, et iiième jour aprèsla naissance, la distance peut être déplus d'un centimètre. ^ ce point, l'artère n'est plus représentée que par sa tunique adventice, moyenne en se rétractant a entraîné l'interne. La cavité qui résulte de ce fait est souvent remplie par un caillot de sang assez consistant et qui teint parois de la tunique adventice. Cette disposition a une grande importance Uique au point de vue des hémorrhagies tardives dont nous parlerons tout l'heure.

^ rétraction des vaisseaux entraine en dedans la peau du bourrelet ombilil> qui forme bientôt une espèce d'infundibulum. La dépression [ombilicale p'»t pas circulaire, mais limitée par deux lèvres, Time supérieure, plusvolumiîase que l'autre, mférieure. Elles sont adossées, et limitent une fente en crois- ^^^ dont la concavité regarde plus souvent en bas que dans le sens opposé. ^^«orriMflciiomiBiUeaies uurdlves. — Nous avons VU que la chute du cor- ^u produisait une plaie qui se fermait régulièrement après quelques jours ( suppuration. Mais il peut se faire que la cicatrisation soit incomplète et que

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l'ombilic du nouveau-né devienne le siège d*une hémorrhagie, A peu près certainement mortelle, car Grandidier n'en signale qu'un cas de gaéhsoD spontanée sur 202 cas. L'accident survient ordinairement au moment de la chute du cordon ou dans les six premiers jours qui la suivent. On Ta obsmé dans un cas tout h fait exceptionnel au cinquante-sixième jour.

La disposition des vaisseaux ombilicaux, que ilous avons signala, et k persistance de leur calibre qui s'oblitère très-tardivement, permettent de comprendre la possibilité des héraorrhagies survenant après la chute dn cordon, et on conçoit que la cicatrisation peu solide ou incomplète de l'anneao ombilical soit une faible barrière à l'issue du sang. Cependant il faut igooUT à cette disposition l'action d'une cause déterminante qui est le*plus sounot constituée par un obstacle qui s'oppose d'une manière persistante ou passigère à l'intégrité de la circulation. On a signalé, à ce point de vue, des vm de conformation ou des affections de Tappareii hépatique, du c<£ur, la |le^ sistance du trou de Botal ou du canal artériel ; des efforts violents, des coi* vulsions, l'hémophilie héréditaire, etc.

Dans l'hémorrhagie ombilicale, le sang s'écoule en nappe et semble soiIinA artériel. On l'a observée plus fréquemment chez les garçons que chez )4 filles, et dans la proportion de 35 à 40.

Cette accident est assez rare, Rover n'en a observé qu'un seul cas sur lO.OW nouveau-nés ; Hooker, 1 sur 2,885, et Fearing, i sur 4,000. Cependant Smitll en a réuni 75 cas et Grandidier 202. Ce qui prouve que l'accident n'est pas absolument aussi rare que pourraient le faire croire les statistiques des pitmiers auteurs que nous avons cités.

Le traitement de l'hémorrhagie ombilicale doit être immédiatement èn&' gique, car parfois les enfants succombent rapidement. Il faut donc mettre H côté les différents moyens styptiques et la compression qu'on emploie dans les hémorrhagies Iraumatiques. Il est absoluipent inutile de chercher à pratiqoef la ligature des vaisseaux ; la rétraction qu'ils ont subie rendrait leur recherche illusoire et les manœuvres qu'on pourrait mettre en usage pour obtenir it résultat présenteraient de sérieux dangers.

Le procédé indiqué par P. Dubois, pour remédier à l'hémorrhagie orobili^i cale, me parait préférable à tout autre. Il le décrit de la manière suivante:! l'enfant est couché sur le dos et soulevé par un oreiller de manière à fiirt' saillir l'abdomen. On traverse avec une épingle, la peau du bourrelet ombilical, puis une seconde épingle est placée perpendiculairement à la premier?. On fait avec un fil ciré un huit de chiffre sur chaque épingle, et on assure enfin l'effet de la ligature, en étreignant la base du bourrelet avec des cirailaires de fil passant au-dessous des épingles, qui pourront être retirées du quatrième au cuiquième jour, on laissera la ligature en place jusqu a ce quelït tombe spontanément. Pour éviter les douleurs extrêmes qui résulteraient pour l'enfant d'une constriction énergique, les fils ne seront serrés qu'autant qu« cela sera nécessaire pour arrêter l'écoulement du sang.

INminiitioa Bormale du poids de l'enfant. — Dans les premiers jour» qui suivent la naissance, le nouveau-né perd un peu de son poids. Boucbaaii évalue cette diminution à environ 65 grammes pour le premier jour et à 3^ po"'

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cond. Ce phénomène est normal et ne doit inspirer aucune inquiétude, ndant si la diminution ne s'arrêtait pas vers le quatrième jour pour faire ^ à^ un accroissement progressif, il faudrait rechercher s'il n'existe pas [ue eau se morbide de dépérissement. Pendant les premiers mois, le nouné augmente de 130 à 160 grammes par semaine. On conçoitqu'il existe :e point de grandes variations et que ces chiffres n'expriment que des nnes. Après le quatrième mois, l'accroissement suit une .proportion s rapide.

ALLAITEHBNT

llaitement joue, au point de vue de la santé de l'enfant, un rôle si imporlu'on, doit examiner avec une grande attention tout ce qui s'y rattache, question n'est pas aussi complètement résolue sur tous les points qu'on le le croire. Les préceptes abondent, mais il s'agit de savoir s'ils sont Dasès sur l'expérience et l'observation, ou s'ils tirent leur origine d'une ion dont la valeur est contestable. On a déjà débarrassé l'allaitement de roup de préjugés, mais il reste encore quelques broussailles à enlever que le terrain soit entièrement défriché. Si certains préceptes sont parlient justifiés, il en est d'autres, non moins importants, qui ont besoin bir un examen attentif et rigoureux pour acquérir une valeur scientifl- Il vaut mieux avouer une ignorance ou une indécision qui sollicitent de îUes recherches, que d'accepter comme résolues des choses au moins luses et qui ne semblent pas d'accord avec les lois de la physiologie ou lygiène. Rien n'est indifférent dans la nourriture du premier âge. J'in- !rai donc les points qui me paraissent exiger de nouvelles recherches, aminons d'abord le lait qui doit servir d'aliment exclusif à l'enfant penles premiers mois.

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