MÉCANISME DU TRAVAIL
Les divers temps du mécanisme de l'avortement ne méritent, au point d vue de la pratique, aucune mention spéciale. Dans Taccoucliement à iem^'les mouvements que subit le fœtus sont déterminés par les résistances liseuses, qui l'obligent à contracter avec le bassin des rapports délermine^
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s ravortcnieiit, celte nécessité n'existe plus, en raison du faible volume produit de la conception. Il est donc expulsé sans qu'on puisse formuler règles de son évolution. La partie qui se présente à Forifice utérin est ! qui sort la première ; elle ne subit d'autres changements de situation reiiY qui lui sont imprimés par la contraction utérine, et parfois le fœtus doublé sur lui-même, surtout dans les quatre premiers mois. * iiis les premiers temps de la gestation, les rapports du fœtus avec le désnpèrieur sont vagues et mal déterminés ; il en résulte que, dans l'avor- 'nt. l'expulsion par une région autre que le sommet est beaucoup plus )('nte qu'à terme.
1 peut donc diviser le mécanisme du travail de Tavortement en deux )$ seulement : i** expulsion du fœtus, 2° délivrance ; car les complications surWennent sont surtout dues à l'expulsion du placenta. Pour cette rainons examinerons la délivrance d'une manière spéciale. éiivrmnee. — L' expulsion du placenta présente des différences extrêmet notables, selon l'époque où se produit l'accident, et, sous ce rapport, il noler trois périodes distinctes. La première comprend les deux premiers ^ de la gestation; la seconde, le troisième et le quatrième mois; la troile, le cinquième et le sixième mois.
remière péiHode. — Pendant les deux premiers mois, les relations vascuis qui unissent le placenta à lutérus n'ont point encore acquis tout leur iloppement. Les villosités sont courtes, et la muqueuse utèro-placentaire pas entièrement subi ses modiRcations. Il en résulte que les connexions unissent ces différentes parties manquent de la solidité qu'elles acquer- :plus tard. L'œuf se détache entièrement, et, soit qu'il se rompe ou reste et, tout est expulsé à peu près en même temps.
enxiême période. — Pendant les deuxième et troisième mois, les conions sont plus intimes. Les villosités se sont accrues, les sinus utérins sont Uitués ; mais le placenta, qui (*.ouvre une assez large surface, n'a qu'une le épaisseur, et le point d'appui qu'il offre à la contraction est insuffisant r qu'il se détache sous son influence. C'est là la véritable cause qui emhe son décollement. Il est certain qu'il n'est pas plus adhérent, comme l'a dit, que dahs la période suivante, où il se sépare plus facilement de èrus; seulement, à cette époque, il a davantage de volume, et la con- :tion agit sur lui d'une manière plus efficace pour déterminer sa sépaon de l'utérus.
•a eontractation s'épuise sur l'œuf, les membranes peu résistantes se ^pent, le fœtus est expulsé. La faible énergie des contractions et le défaut insistance du placenta déterminent le plus souvent son décollement partel il se produit, par les sinus utérins béants, mie hémorrhagie persisi. en général, jusqu'après la délivrance, qui peut n'avoir lieu qu'au bout plusieurs jours.
'hémorrhagie présente des nuances assez variées; elle peut être tellement '^e et tenace, que la vie de la femme s'en trouve menacée. Si le décollent s'est opéré seulement sur une petite étendue, les sinus, oblitérés par le i^it de l'organe, laissent échapper une faible quantité de sang, dont l'écou-
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lement cesse ou augmente brusquement, selon les phases du travail, if s'accomplit sourdement.
11 arrive parfois que Tadhérence placentaire persiste. Qu*elle soit dui
une résistance anormale des moyens de connexion ou à la faiblesse d'acùi
de r utérus, le résultat est le même. L'avortement entre alors dans une pha
spéciaiev qui mérite d'être surveillée avec attention, car elle renferme d
dangers de mort.
Encore ici se présentent à l'étude des nuances parfaitement distincte».
P L'hémorrhagie peut persister pendant quelques jours ou reparaître api
sa suppression, comme point de départ d'une délivrance tardive, maisquii
fait naître chez la femme aucuns phénomènes généraux. Chez une dame «
ceinte de quatre mois, qui avorta de deux jumeaux, la délivrance ne ïp
qu'au bout de quarante jours. Le double placenta, qu'il m'avait été lntp<
sible d'extraire au moment du travail, fut expulsé pendant que cette <iai
était debout et livrée à ses occupations. 11 ne s'était pas écoulé de sang di
les jours qui précédèrent la délivrance, qui ne fut nullement douloureuses
considère le fait comme exceptionnel. {
2° L'hémorrhagie s'arrête plus ou moins complètement, et un écouleo^
fétide se fait par la vulve. Le col utérin, refermé, a repris sa longueurs
placenta, en partie décollé, subit la décomposition des tissus mortifiée eif
ses à l'air libre. 11 survient des frissons, la fièvre s'allume, et, si l'on U(> fi^
vient pas à secourir la femme, elle ne tarda pas à succomber à Tinfecd
putride. \
3^ La mort du fœtus, dans cette période, mais surtout dans celle que ai
avons étudiée tout à l'heure, n'entraîne pas inévitablement sou expulsi^^u
même un commencement de travail ; lorsqu'il est très-jeune encore, le I
peut être résorbé. Le placenta reste adhérent et subit des modifications
culières. 11 peut continuer à s'accroître; mais, le plus souvent, il se
forme en môle hydatique. (Voir cet article.) |
i^ Enfin on a admis comme possible la résorption du placenta. Tous j|
faits de cette nature n'ont pas l'authenticité désirable, et le phénomèni e^ij
peu explicable dans l'état actuel de nos connaissances physiologiques, qi;e
n'hésiterais pas à le nier absolument si Nœgele n'affirmait pas Tavoir ob>enJ
Velpeati, malgré les raisons personnelles qui le portent à croire à larésorpn^
du placenta, se montre médiocrement convaincu, et madame Boi>ii'i|
restée tout à fait incrédule.
Il est fort difGcile d'affirmer que le placenta n'ait pas été expulsé tâni ment, parce qu*on n'a pas été témoin du fait. J'ai cité tout à Theure l'ul»! vation de celte darae qui aiaissé échapper un placenta double au bout àe semaines, étant debout, sans qu'aucun phénomène précurseur notable ait J pelé son attention. Supposons que cet incident se soit produit pendant U i fécation, il fût passé tout à fait inaperçu pour la malade elle-même, et jf i serais cru autorisé à admettre la résorption. Nous n'avons d'autre èlemi de conviction que les renseignements fournis par la femme, et, de la nieiilt;^ foi du monde, elle peut nous induire en erreur. Oans les questions de cette nature^ où les apparences peuvent égan^r ii
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rateur le plus sagace, on doit soumettre les faits au contrôle des lois phyogiques. Examinons donc la possibilité du phénomène. Lossitét après Taccouchement, la circulation cesse dans le placenta. Les seaux utéro-placentaires, dont on admettait la présence, n'existent pas, tre de fait général. (Voir p. 222.)
l'organe, privé tout à coup de la circulation active qui concourt à«a nutri- 1, tire de Tutérus, seulement par imbibition, le peu d'éléments nutritifs l'empêchent de se mortifier. Est-il admissible que de pareilles relations nt assez actives pour en déterminer la résorption? Cela n'est guère proie, car la résorption exige avant tout, pour se produire, et quels que soient Héments qui la subissent, une circulation très-active. D a cité, pour faire admettre le phénomène, ce qui se passe dans un lot sanguin perdu dans nos tissus. Cette comparaison porte sur des ses entièrement distinctes. L'organisation du caillot sanguin est nulle; il é$agrége facilement au contact de la circulation active qui agit sur toute nasse ; il est donc bientôt repris par les capillaires, qui l'emprisonnent s leur réseau.
c placenta dont l'organisation est fort complexe présente des parties trèsactaires à l'absorption, telles que la gaine des vaisseaux, leurs tuniques, nembrane lamineuse et la fraction de cordon qui lui reste adhérente. Au d'être complètement enveloppé par une active circulation, il reçoit par ibition une petite quantité de liquide blanc, et cela uniquement sur une «s faces. Il est évident que la face fœtale, protégée par la membrane laleuse, et bientôt en contact avec la muqueuse de nouvelle formation, ne t subir aucune action de cette nature. De plus, la résorption, dont l'ac- I se produit d'abord sur les points de contact, aurait pour premier résultat faire disparaître les moyens d'union qui fixent le placenta et d'en déterler le décollement, et consécutivement l'expulsion ; car le placenta détaché mtréfie inévitablement, et, s'il n'est pas chassé de l'utérus, il devient la rce de dangers que nous avons signalés toute l'heure. Viles sont les raisons qui me portent à douter de la possibilité de la résorpi du placenta.
^rmième période, — Du quatrième au sixième mois, la délivrance de Taleraent ne présente guère de différences avec ce qui se passe à terme. Le cenla est assez épais pour que la contraction utérine, plus énergique aux époques antérieures, prenne sur lui un point d'appui suffisant pour en Ter le décollement.
Voir, pour compléter ce chapitre : Délivrance artificielle.)