MARCHE ET TERMINAISONS
La grossesse abdominale est la seule forme des gestations extra-utérines i puisse aller jusqu'à terme sans que le kyste se rompe; dans toutes les très, cet accident survient à une époque plus ou moins rapprochée du.détt mais qui dépasse bien rarement le quatrième mois. La faible étendue des [ânes qui servent de siège au fœtus permet de comprendre qu'ils ne issent se laisser distendre au delà de certaines limites. le diviserai à ce point de vue, la grossesse extra-utérine en deux classes : celles qui peuvent aller jusqu'à terme ; 2<^ celles qui sont interrompues dément dans leur cours par la rupture des kystes. C'est véritablement la le classiGcation qui présente une importance pratique. Les diverses fors que j'ai énumèrées, pour me conformer à la tradition» n'ont qu'un intérêt 'ement anatomique, et encore souvent après la mort il est impossible d'en erminer le siège exact.
iOrsque l'œuf extra-utérin s'est développé dans un des points de la trompe sur 1 ovaire, il se rompt du premier au quatrième mois ; l'accident déterle une hèmorrhagie et une péritonite traumatique rapidement mortelles, m vditalors se développer les symptômes que nous avons exposés (p. 884) traitant des ruptures de l'utérus. Cependant il est possible que la femme lappe à cette cause presque inévitable de mort, et que le fœtm s'enkyste )s le péritoine ; c'est ce que Dezeimeris appelait grossesse abdominale seidaire. Il se peut que le kyste fœtal soit le siège d'une rupture assez oite pour ne livrer passage qu'au liquide amniotique, qui s'épanche dans le iloine avec le produit de l'hémorrhagie ; cet épanchement suffit pour déminer des accidents mortels.
Parfois le kyste contracte des adhérences avec les organes voisins; il s'oui alors dans la vessie, le rectum, l'estomac ou à travers la paroi abdonaie. Les débris putréfiés s'échappent par fragments par ces diverses ies acccidentelles ; on a été plusieurs fois obligé de pratiquer la taille pour traire de la vessie les os du fœtus qui s'y étaient logés par ce mécanisme. Le plus souvent, la mère succombe à l'épuisement dans le cours de ces suprations si longues et aux inflammations accidentelles qui surviennent au ornent de Fextraction. Parfois elle échappe à tous ces dangers et guérit roplétement ou en conservant des fistules.
H peut se faire encore que le fœtus succombe à une période très-peu avane ^e son développement et qu'il reste indéfiniment enkysté sans que le sac li le contient s'enflamme.
964 DYSTOCIE FŒTALE.
Les grossesses péritonèales suivent fréquemment leur cours jusqu'à ten&f . Alors il se produit des douleurs semblables à celles du travail nonnuU M^ durent quatre ou cinq jours, puis se calment. Si la gestation se prolonge plih sieurs années, il n*est pas rare de les voir se reproduire pèriodiqueme&t j des intervalles variables.
Dezeimeris a noté qu'il s'écoule pendant ce faux travail des mucosité, à sang et même des débris de caduque. Il signale également un commencemeu de dilatation du col qui se contracterait sur le doigt qui pénètre daii5 .«â ca vite. On a également dit que le kyste fœtal était le siège de contradioQsj C'est là un fait fort peu probable et qu'il est, du reste, à peu près impossible de démontrer.
A celte époque de la gestation, la femme éprouve une fièvre de réactif laiteuse, et ses seins laissent écouler du lait comme après l'accouchexH normal. Le fœtus succombe à une époque variable, mais qui peut dépe?^ le neuvième mois. Cazeaux * rapporte que Grossi a, dans un cas, con^tatf I vitalité jusqu'au quatorzième mois. Après sa mort, le produit de la cono.f tion subit différentes modifications : l"» les liquides de l'œuf sont résorber, I fœtus se dessèche, se momifie et ses parties molles se changent en iUTZsi cadavre. Dezeimeris croît même qu'elles peuvent subir une transforraslki crétacée et osseuse. Les enveloppes de l'œuf s'épaississent, se durcissent,'! on admet aussi pour elles la transformation cartilagineuse et osseuse. Pâr>d nue à cet état, la grossesse extra-utérine peut se prolonger plusieurs aunas on en a cité qui ont duré cinquante ans. Il est rare que la femme, dans r< conditions,Jouisse d'un état de santé exempt de trouble et de douleurs. Pu fois elle succombe au bout de quelques années à une inflammation on â oa rupture tardive du kyste. On a même vu la mort survenir par une espèce d> puisement et sans qu'aucune lésion anatomique des enveloppes fœtal es e\vi\ quât l'accident. I
La grossesse extra -utérine n'exclut pas la possibilité d'une nouvelle ièc«-\ dation, et l'on a constaté que des femmes présentant cette anomalie i^BÏM eu plusieurs fois des grossesses normales dont la terminaison a été faToraWr.
Enfin les kystes de la grossesse extra-utérine peuvent contenir deuï jomeaux. Haydon en a observé un cas.
2° Le fœtus mort, le sac qui le renferme s'enflamme et se transforme iî un véritable foyer purulent ; le produit de la conception se putréfie, il ^ fait des adhérences avec les organes voisins, et l'on voit se produin» te accidents d'expulsion que nous avons signalés plus haut.
Les Bulletins de [a Société anatomique (1846) contiennent une stalistiq»? concernant l'état de 84 fœtus provenant de grossesses extra-utérines. 45 ètai^^ morts depuis trop peu de temps pour avoir subi aucune transformation. Sar les 59 autres : 8 étaient desséchés, 7 pétrifiés, 4 encroûtés et les 20 .luIre* putréfiés.
anatom'ie pathologique
Il est inutile de rappeler les différents sièges que peut occuper le Mf fœtal extra-utérin. Il correspond aux divers points que nous avons signab
GROSSESSE EXTRA-CTÉniNE. 965
éhumérant les formes de cette anomalie. Son volume est extrêmement riable, car il continue à s'accroître jusqu*à sa rupture ou jusqu'à la mort I fœtus ; alors il entre dans une période de transformation. Dans la grossesse abdominale, on a constaté des adhérences du kyste avec Térentes régions du tube intestinal, avec la vessie ou -avec la paroi de Tabmen.
En exposant la marche et la terminaison des gestations extra-utérines, nous )ns examiné les modifications que subit le fœtus. Nous n'avons donc plus lous occuper que du kyste et des phénomènes que son évolution fait naître. L'œuf extra-utérin est nécessairement constitué par deux membranes fonsientales : le chorion et l'amnios ; elles sont absolument indispensables au ieloppement du fœtus. L'absence de Tune de ces membranes n'est qu'aprente ; elles peuvent échapper à une observation inhabile ou se trouver conidues avec la paroi externe du kyste, par suite de son altération; mais leur stence, je le répète, est intimement liée au développement de l'enfant. Cependant ces membranes manquent lorsqu'après la ruptiire du kyste le :us change de place et se met en rapport avec de nouveaux organes. C'est qu'on a bien mal à propos nommé grossesse abdominale secondaire, A ce ment, le fœtus cesse de vivre et en admettant que de nouvelles enveloppes forment autour de lui ; on ne peut donner le nom de gestation secondaire à pareil enkystement.
^a caduque manque dans les grossesses extra-utérines. On sait que la ca- |ue appartient à l'utérus ; elle possède une organisation particulière qui peut se reproduire dans les organes où se développe accidentellement le us. Les parois de la trompe, du péritoine et les autres régions qui cntoutle kyste, peuvent contracter avec lui directement, ou par l'intermédiaire n tissu cellulaire accidentel , des adhérences et lui fournir une troisième mbrane, mais son organisation n*a aucun rapport avec la caduque. Sur points où se greffe l'œuf, la circulation devient active, des vaisseaux nbreux et volumineux apparaissent pour nourrir le nouvel être. Voilà ait apparent. Quant au mécanisme intime des connexions vasculaircs, ou est réduit aux suppositions. On ignore s'il se forme de véritables sinus, bien si les villosités sont simplement implantées dans les tissus épaissis bngueux qui entourent l'œuf.
,es observations de grossesses extra-utérines sont excessivementnombreuses, ne sont pas les faits qui manquent, mais les bons observateurs ; et depuis ! la constitution de l'œuf est très-exactement connue, on ne rencontre pas, is les faits publiés, tous les détails qui pourraient éclairer ce point inté- »ant de la question.
lependant Hélie de Nantes a fait connaître un fait très-remarquable de ssesse tubaire terminée par rupture à deux mois et demi. Les villosités vraient encore toute la surface de l'œuf, ce qui n'existe plus à cette époque s la grossesse normale. Elles étaient courtes, mais touffues, dans les trois rts de l'étendue du chorion, ettrès-développées dans le troisième quart où es voyait pressées les unes contre les autres. C'était sur ce point que s'imitait le cordon ombilical.
ioi'uy Acc. Ci
966 DT8T0CIE FŒTUJS.
Il semblerait, d*après cette observation, que les yQlosités de la périphérie qui doivent s'atrophier persistent beaucoup plus longtemps que dans U| grossesse utérine, en raison de Tinsuffisance des Taisseaux mat^nek de>-i tinés à la nutrition, et que pour le même motif le placenta se circonscrit pltb! tardivement. |
Le fait d'Hélie met en outre en relief une circonstance intéressante e« jusqu'ici incomplètement déterminée relative à la caduque. Le volume dJ l'utérus était considérablement augmenté, son tissu plus mou ei les Sbre^ musculaires en voie d'évolution. La muqueuse était gonflée et mameJois^ née. Intimeanent unie à la couche musculeuse dans ses deux tiers supé^ rieurs, dans le tiers inférieur, elle était au contraire détachée du tissu soQs-i jacent par une véritable exfoliation. Elle formait sur ce point un eiUoiiB>ii: flottant percé d'un trou de trois millimètres correspondant à l'orifice du cU. Sa séparation de la muqueuse du col existait sur la limite où cela s'obsen< dans la grossesse normale. Cette disposition est fort évidente sur un deâk bien exécuté que le savant professeur a bien voulu m'adresser.
Il est donc hors de doute que, dans la grossesse extra-utérine, la muqurosc de la matrice peut s'exfolier et former au moins une caduque partielle qiL est expulsée à une époque indéterminée. Dans ces cas cette membrane ik peut être que pariétale, elle n'a pas de feuillet réfléchi.
La vascularité considérable qui se développe sur le kyste fœtal expliq-ik les hémorrhagies mortelles qui se manifestent au moment de sa rupture.
Lorsque la grossesse se prolonge, les enveloppes du kyste s'épaississent d subissent une transformation cartilagineuse ou crétacée. Les viscères qui se trouvent en contact avec lui sont souvent unis par des brides celluleuse:s q» bientôt s'organisent de manière à ce qu'il soit fort facile d'en isoler latumecr Enfm quand l'inflammation s'empare du kyste, il se fait des perforations q^i le font communiquer avec les organes creux avec lesquels il se trouve ib rapport.