‹ Traité complet d'accouchements (volume 2)Chapitre 199 sur 277 · ENFANTS VIVANTS · texte numérisé non relu

ENFANTS VIVANTS

PODR 100.

Clarck

Collins. . ■

Churchill

Roberton

Saxtorph. .....

Le total général de ce tableau fournit une proportion de 160 décès sur 10 vivants pour les enfants qui naissent avec une procidence du cordon. La cause immédiate de la mort du fœtus est Tasphyxie déterminée par la nipression de la lige ombilicale et l'arrêt de la circulation. On conçoit paritement que le cordon, pressé, souvent avec une grande force, entre la tète I fœtus et la paroi résistante du bassin, s'aplatisse et devienne imperméable

Je mentionnerai, sans y ajouter la moindre importance, l'opinion des au* irs qui ont voulu localiser la compression dans certains éléments du cordon, neux pensait que la veine seule était comprimée. Dans cette hypothèse, le tus périssait par anémie et syncope, parce que le sang qui s'écoulait par » artères ombilicales ne pouvait se renouveler par la veine qui se trouvait •litérée. Wigand et Ritgen soutenaient, au contraire, que les artères seules lient imperméables et que le fœtus succombait asphyxié par le sang qui rivait par la veine ombilicale sans pouvoir retourner au placenta au moyen s artères.

La disposition des vaisseaux du cordon, qui forment entre eux une spirale, permet pas de les isoler au point de vue de la compression ; tous la suprlent en même temps, et on constate un arrêt complet de la circulation. Depuis Mauriceau *, on a fait jouer un certain rôle au refroidissement du rdon. L'exposition à la température extérieure coagulerait le sang dans la :e ombilicale. Lachapelle * combat cette idée, que Velpeau * et Guillemot t acceptée. On ne peut admettre le refroidissement que comme un faible ntingent ; dans cette circonstance, la température de l'appartement des lunes en couche n'est jamais assez basse pour qu'on ait à redouter la coaguiion du sang. J'ajouterai que les accidents ne se montrent pas moins graves and le cordon est encore contenu dans le vagin, où il ne subit aucun refroi- >sement.

En résumé, c'est par asphyxie que l'enfant succombe. Nous avons déjà aminé cette question (p. 073).

Bien que le cordon boit peu résistant par lui-même, sa surface glissante lui rmei jusqu'à un certain point de fuir la compression ; on le rencontre en nèral vers les parties libres du bassin, en rapport avec l'articulation sacro«iatique. Cette situation tient aussi à ce que la tige ombilicale suit en s'échapnt les parties déclives, la femme étant située dans le décubitus horizontal.

984 DTSToae fœtale.

Cette circonstance est favorable et rend le danger moins immédiit. Mas lorsque rengagement est complet, Texcavation étant remplie parlefœtus.la compression devient plus inévitable.

Il est rare que le cordon prolabé soit en rapport avec la paroi antérieare du bassin, 1:\ où le contact des surfaces osseuses est plus intime. Parfois les deux points d'émergence du cordon sont réparés par l'épaisseur de la lète, c« du siège, et Tanse prolabée est en rapport, par ses extrémités, avec denirgions opposées du bassin.

Le pronostic est plus favorable lorsque l'accident survient à une époque avancée du travail et lorsqu' aucun obstacle ne s'oppose à l'expulsion R|nde du fœtus que dans les circonstance^ contraires.

Les vices de conformation du bassin, le volume considérable du tœtQsJa faible dilatation du col, la primiparité qui rend la période d'expul^on phe pénible, enfin tout ce qui est de nature à retarder la délivrance aggnTeie pronostic.

Nous rappellerons en passant que l'accouchement, dans les présentatioDs pelviennes est, dans tous les cas, compliqué de procidence du cordon, elqw c'est surtout à cette circonstance qu'est due la grande mortalité qu'on obsem dans ce genre d'accouchements.

Le traitement de la procidence du cordon ombilical présente plusieurs indications.

En cas de mort du fœtus, Tintervention est parfaitement inutile, et Ton doi abandonner entièrement le travail à la nature.

L'enfant vivant, si le diagnostic a été posé avant la rupture des membnues il faut que la femme reste couchée ; elle s'abstiendra de faire des etTorls, é on prendra soin de ne pas rompre la poche des eaux avant la dilatation complète du col.

Quand l'accident survient avant que l'état du col permette de terminer k travail, on tente la réduction de l'anse prolabée dans l'intervalle d'une cuotraction, et cela au moyen des doigts en maintenant aussi haut que possiU^ la partie réduite jusqu'à ce que la tète vienne, en s'appliquant sur le col, s opposer à sa sortie.

Il est rare qu'on réussisse par ce moyen ; j'ajouterai qu'en cas desoc(«^ apparent, il n'est pas entièrement efficace. Lorsque la dilatation est peu a^sficée, il est impossible que les doigts pénètrent fort au delà du coi de Totè' rus ; la tige ombilicale se trouve donc comprimée entre le segment inférioor de l'organe et la tète du fœtus, ce qui n'est pas tout à fait sans dangeriprê la rupture des membranes.

Pour que la réduction soit parfaite, il faudrait introduire la main dans Tot^ rus. Mais alors il est nécessaire que la dilatation soit à peu près complète, et comme la manœuvre, dans ces cas, n'est pas ordinairement suivie de succès. car le cordon suit la main qui le réduit, il vaudrait tout autant terminer IV* couchement par la version quand l'état de l'enfant inspire des craintes à I'kcoucheur. Ce moyen est plus simple que celui indiqué par CrofI, qui ^^ qu'on aille accrocher l'anse prolabée, aux membres du fœtus.

Lorsque la chute du cordon survient à une période peu avancée du tn^*

HÉMORBHAGIE DD FŒTUS. 985

'intervention manuelle est donc inefficace» aussi on a inventé de nombreux nstruments pour obtenir la réduction. Le meilleur et le plus simple est celui proposé par Dudan ; je passerai les autres sous silence. On comprend dans un inneau en ruban le cordon plié en deux ou en quatre, selon la longueur de la lartie procidée ; cet anneau, peu serré, est introduit par l'un de ses points lans l'œil d'une sonde en gomme élastique, n<* 9 ; puis on pousse le mandrin, |ui agit comme un verrou, en maintenant le ruban en contact avec la sonde. In introduit alors aussi haut que possible la sonde dans l'utérus. Les doigts te la main libre, placés dans le vagin, aident et surveillent la réduction. La onde est maintenue en place jusqu'à ce que la présentation occupe le détroit upérieur; alors on retire le mandrin; l'anneau du ruban qui lenserre le cor- Ion se trouve libre ; puis on retire la sonde. Ce procédé fort simple peut être ppliqué tant que la tête n'est pas engagée assez profondément dans l'excaation.

La procidence du cordon est un accident qui exige parfois un traitement Dimédiat, et il se peut qu'on n'ait pas la sonde ou qu'on ne puisse de suite 'en procurer une. Dans ces cas, le praticien doit utiliser ce qu'il a à sa lisposition. Une nuit, pris au dépourvu, je coupai le fil de fer d*une sonnette, e le tordis sur lui-même, en laissant à son extrémité un anneau d'un centi- Qètre de diamètre ; je courbai cet anneau sur la tige de manière que sa partie Isse et unie fût dirigée en bas. Le fil de fer fut enveloppée d'un ruban, pour Xi faire disparaître les aspérités. L'anse prolabée fut attachée, pliée en louble, au moyen d'un gros fil, que je passai dans l'anneau de ma tige, et la èduction fut opérée. Lorsque la tête du fœtus occupa le détroit supérieur, je àchai le fil fixé à la base de mon conducteur, que je retirai en suivant le rajet du fil ; ce dernier, glissant dans l'anneau, resta en place jusqu'à la fin lu travail. La flexibilité de cette tige métallique lui permet de s'accommoder I la direction des régions qu'elle traverse.

Lorsque le prolapsus se manifeste pendant le travail marchant rapidement it exempt de toute autre complication, on peut attendre en surveillant avec oin i*état de la circulation fœtale.

Quand le col est entièrement dilaté, les membranes rompues et l'enfant en îtat de souffrance, il faut terminer raccouchement sans même tenter la réluction du cordon. Le forceps sera préféré à la version, en prenant garde de le pas comprendre dans les cuillers l'anse prolabée. Si la timidité du praicien, l'absence du forceps ou une présentation de l'épaule obligeaient d'avoir ^«ecours à la version, on réduirait le cordon avant de saisir les pieds, de malière à éviter au moins les compressions inutiles.

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