‹ Traité complet d'accouchements (volume 2)Chapitre 212 sur 277 · LEVIER · texte numérisé non relu

LEVIER

Le levier est un instrument abandonné de nos jours, et qui n'a véritablenent plus sa raison d'être. Il est évident que le forceps, qui prend sur la ètp du fœtus deux points d'appui, est infiniment supérieur, comme agent de raclion, au levier qui n'en prend qu'un.

Le levier pourrait être utile pour redresser la tête dans les présentations nclinées du sommet ou pour déterminer dans l'excavalion le mouvement de lexion qui se- ferait trop attendre. Mais pour remplir ces indications, un infiniment spécial n'est nullement nécessaire, et une branche du forceps est ^rfailement suffisante.

On appliquerait la cuiller sur le point qu'on veut mobiliser, et une main placée au niveau de l'articulation servirait de point d'appui, tandis que l'autre ^Kîrait à rextrémité libre de la branche.

^iuelques modernes ont voulu réhabiliter le levier. En admettant qu'ils aient rencontré dans son usage tous les avantages qu'ils signalent, cela prouve ^Aut au plus qu'ils se sont adonnés d'une manière toute spéciale à son i'iiide et qu'ils ont acquis une habileté personnelle qu'on ne peut transmettre Psi* la description aux praticiens qui n'ont que rarement l'occasion de se ^*^ir des instruments. Rien n'indique qu'ils n'eussent pas employé plus ef- ^cacement leur habileté dans Tintérôt de leurs malades, s'ils avaient eu lei'ouis au forceps avec la m'mo adressi».

<074 QP^^RATIONS.

LEVIBR

BoDDAKRT, De l'emploi rationnel du forceps et du levier. Aunai. et Buiîet. 4e kêscir uèéd. de Gond, 1859. — Goppéb, Quelques considéntions pratiques sur l'emploi do k^ Ànnat. et bullet. de la soc, méd. de Gand, 1K59. — Dexmah, Aphorismes sur TapplîaùfXKtj forceps et du levier. Londres, 1793; — Dcs«bhaiix, Levier. DêcUoan, «n 38. — Gebiu. Programma de vectis obstetricalis usu dubio. Lips., 1789. — Rechbuger, De vecii emeoihiidb Viennx, 1 779 . — SfïTraorr, Vectis Roohuisenis historia et u.su. Gotting. , 1 786.

EMBRYOTOHIE

Comme toutes les questions dans lesquelles l'idée religieuse peut joua un certain rôle, Tembryotomie pratiquée sur l'enfant vivant a été dibculrt» avec beaucoup de passion. Ses adversaires, bien peu nombreux aujourd'hui, ont invoqué pour la repousser : la religion, la morale et la légalité. Eu cas de nécessité, ils admettent qu'on doit pratiquer ropéralion césarienne el ^âuvrt d'abord Tenfant.

Je ne veux point discuter la question à ce triple point de vue. Lorsqu'il .s'a^i d'un cas de conscience, il n'y a pas de transaction possible, et les arguiueil^ ont peu de chance d'être écoutés. Cependant je veux démontrer que les m»tifs d'opposition sont loin d'avoir la valeur qu'on leur a attribués.

1* Au point de vue de la religion el de la morale, on a invoqué Yopim des casuistes. Il en est qui se montrent, il est vrai, hostiles à Tenibryol^Jini^ pratiquée sur l'enfant vivant*, mais ils sont loin d'être unanimes sur ce^ujd el Rousseau-Pommeret cite les opinions de saint Alphonse de Liguori, Tbt*mas Sanchez, Gousset, Sylvestcr de Pinerio, Bartholomaeus Fumus, l^pef rf .Saint Antonin, qui sont d'un autre avis. Les plus sévères pensent qu'on iImI entièrement s'en rapporter au jugement de l'homme de l'art.

Le praticien cherche les motifs de ses déterminations dans un autrp ordn' d'idées, et les formules générales, extra-scientifiques, malgré leur cami^ respectable, s'effacent devant les indications qui surgissent des cas parllfyliers. En présence du conflit de l'opinion des casuistes, le méder in re^î*' maître de choisir le mode d'intervention qui lui parait le plus comeiwWe

ti" Au point de vue légal, l'homme de l'art ne relève que de sa consriflftv et de la science, et la justice ne pourra jamais* en pareil cas lui demindci compte de sa conduite, à moins qu'on ne puisse lui repi'ocher inie faB*«* lourde, une impéritie évidente ; alors il encourt la responsabilité de drpii commun. Il ne serait mênro justiciable que de l'opinion publique, s'il a**' pratiqué l'opération sans une nécessité bien évidente et en l'absence de tvu^ conseil de ses confrères. Cette dernière circonstance serait regreltiWe, t'*^ lorsqu'il s'agit de décider cette grave question de la mort du foplus, le |h^^

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rien doit, à moins d'impossibilité, mettre à l'abri sa responsabilité morale on s'entourant d'avis éclairés.

Les partisans de Tembryotomie pratiquée sur Tenfant vivant ont invoqué, de leur côté, en faveur de cette opération, un intérêt social. Us préfèrent sacrifier un enfant dont l'existence est précaire et l'avenir fort incertain, en reportant les chances favorables sur la mère, qui se rattache à la vie par des liens de famille et par les services qu'elle peut rendre à la société.

Cette opinion est partagée par l'immense majorité des praticiens, et l'opération césarienne est réservée pour les cas où Tembryotomie fait courir à la mère des dangers d^mort trop redoutables.

Cependant, il ne feut pas faire de ce principe une loi absolue : à chances g aies, il faut préférer le salut de la mère ; mais il peut survenir des cirronstances qui fassent pencher la balance de l'autre côté ou qui deviennent la source de sérieuses hésitations.

Une première cause d'incertitude résulte des dimensions du bassin. Quelques auteurs posent pour limites h la céphalotripsie les rétrécissements inférieurs à t> centimètres, d*autres l'admettent à T). Enfin Pajot la déclare encore possible, au moyen de son procédé, à 27 millimètres. J'ajouterai que la mensuration rigoureuse du diamètre rétréci n'est pas possible. Voilà évidemment une première cause d'hésitation, car les dangers de l'opération s'accroisssent avec le degré d'angustie, et l'on court parfois le risque de sacrifier d'une manière à peu près certaine la mère et l'enfant.

L'époque du travail a encore sa part d'infltience sur la détermination qu'on peut prendre ; l'écoulement complet du liquide amniotique et la rétraction énergique de l'utérus ne sont point des obstacles A l'embr^otomie, mais ils ivndent l'opération césarienne moins praticable.

Lorsque la mère est atteinte d'une affection nécessairement mortelle, <^onime le cancer, la phthisie, ou qu'elle se trouve au milieu d'un foyer d'épidémie puerpérale, il est certain que la céphalotribe doit être repoussée, et <|ue l'opération césarienne .sera préférée si l'enfant est vivant.

Nous avons vu (p. 1066), que la proportion générale de la mortalité consécutive à l'embryotomie s'élevait à 65 pour 100. Les faits consignés dans ces ^statistiques appartiennent à des praticiens habitués aux graves opérations obstétricales, possédant les instruments nécessaires et les plus propres à fournir de bons résultats. 11 n'est pas douteux que les résultats ne soient en- <ore beaucoup plus funestes entre les mains de quelques praticiens exerçant « la campagne, privés d'instruments spéciaux, et n'ayant sur les manœuvres difficiles, ^qu'ils n'ont peut-être jamais eu l'occasion de voir pratiquer, d'autres reaseignements que les descriptions qu'ils trouvent dans les traités d accou- *'hements. Certainement qu'ils devront préférer l'opération césarienne, car si <*!!« échoue constamment à Paris, elle réussit parfois à la (*ampagne, même tMitre des mains peu expérimentées.

Il faut donc tenir compte du milieu où on opère et des ressources qu'on l>os8ède avant de prendre une détermination.

En ce qui concerne la pratique des grandes villes, où les hommes habiles ^t les instruments convenables ne font pas défaut, je crois qu'on peut poser

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les limites inférieures extrêmes de Fembryotomie entre 4 et 5 coitîm^res. L'embryotomie comprend plusieurs opérations . qu'on pratique sur b tété du fœtus : perforation du crflne, céphalotripsie» eéphalatoroie; ou sur le tronc: ^^tion du cou, division du tronc.

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