OPÉRATION CÉSARIENNE
L'histoire de l'opération oésarienne ne présente qu'un médiocre intérêl, elle a été préconisée ou attaquée avec tant de passion par se^ partisans et se» adversaires, qu'il est difficile de trouver la vérité au milieu de leurs eiagérationv Même de nos jours, on n'a pas encore pu écloircir le point important de b question, c'est-à-dire la proportion des revers et des succès. Il est ù craintlrr qu'on ne parvienne jamais à la connaitre exactement.
Les statistiques régulières de cette nature ne peuvent guère être faites que dans les hôpitaux où tout s'enregistre : décès ou guérisons. Mais dans i^ Maternités les conditions sont extrêmement défavorables, et les résultats quA\e^ fournissent ne donnent pas une mesure exacte de ce qu'on peut obtenir. Suce point il n'existe plus d'exceptions pour Paris. J'ai relevé tous le> faiti» amnus d'opérations césariennes pratiquées à Paris' depuis le seizième siècle, etk^ s'élèvent à 67, et sur ce nombre 6 femmes seulement ont échappé à la inor^ Le dernier succès appartient à Lauvergeat et remonte à i 787.
A la campagne et en dehors des grands centres, les résultats sont mmconstamment funestes, mais on ne les comiait que par les communicatiun^ des praticiens qui sont heureux de publier l'issue favorable d'une opéralit'iî qui réussit peu. Lorsqu'elle échoue, ils se gardent naturellement d'en parl<T l^s insuccès ne sont donc pas tous connus, tandis qu'aucun .succès n'est pa^v sous silence. 11 en résulte que les éléftients d'une statistique sérieuse m»quent complètement.
Cette incertitude nous oblige à reléguer l'hystérotomie dans la catégorie' ée> opérations désespérées auxquelles on n'a recours, que lorsque toute autn^ est impossible, ou qu'elle présente des chances de mort presque certai»^ pour la mère et pour l'enfant.
Cependant, il m'a paru utile de grouper quelques-unes des grand» ^ tistiques qui ont été publiées sur ce siiyet. Elles sont fort imparfaites, pour 1^
* Seizième siècle, 3 opérations, 3 morts. ^ Dix-septième siècle^ 6 opérations, onwt^' »»uiUème siècle, 3i opérations, 6 succès (Soummain, 1; Deleurye, 2; lillot. i;^ \ 2). — Dix-neuvième siède, 27 opérations, p. s un succès.
EMBRYOTOMIG. 1085
lour la mère les blessures qu'il détermine lorsqu'il iàclie prise. 11 faut donc le epousser quand on peut se procurer des instruments plus parfaits. Mais je ne aurais trop le répéter, il ne faut pas envisager la question seulement au point e vue de la pratique des grandes villes, où l'accoucheur trouve au besoin ce ni manque à son arsenal obstétrical. Le médecin de campagne n'a parfois DUS la main que son forceps et les crochets qui en font partie. Il sera bien bligé, surtout si l'enfant est mort, d'avoir recours aux crochets, car l'opéra- OH césarienne ne doit être tentée qu'à la dernière extrémité, si elle n'offre, as au moins la compensation de la survie de l'enfant. Le crochet est dangereux, mais il ne l'est pas autant qu'on le dit dans nos ivrages modernes. Churchill, dans un relevé de 800 accouchements termi- '8 de cette manière, a noté 140 décès pour la mère, soit i7,6 pour 100, et ) pour 100 en tenant compte de la mort des enfants, qui sont tous sacii-
Au premier abord, ce résultat semble préférable à celui fourni par la cépha- Iripsie, dont la mortalité est de 30 pour 100 pour la mère et de 65 pour 100 l'on tient compte des denx existences. Mais lorsqu'on examine attentiveent les choses, on ne tarde pas à reconnaître qu'il n'en est pas tout à fait mi. En Angleterre, on a trop souvent recours à la mutilation du fœtus sans icessité. On opère sur des femmes qui n'ont point encore subi cet ébranment funeste qui accompagne nn travail très-laborieux, cause si fréquente ! la mortalité des accouchées. Il en est même qui pourraient se délivrer ontanément ; ainsi dans la statistique de Sinclair et Johnston, on voit la âniotomie pratiquée pour des cas de prolapsus du cordon, de rigidité de l'oîice utérin, d'hémorrhagies, d'éclampsies, d'obstacles appaiienant aux irties molles, etc. Gollin, dans des conditions identiques, sur 10,654 acudienients, a employé 118 fois le crochet tandis qu'il n*a eu recours que fois au forceps et au levier ! Clarke, qui l'a précédé à l'hôpital des fcnmie> couches de Dublin, sur 10,199 accouchements, a fait 49 applications du croet et seulement 14 du forceps.
Kn France, on n'a recours à la crAniotomie que dans les circonstances les (is graves, et la condition des patientes est trop ditTérente dans les deux ys pour qu'on attribue la même valeur aux résultats fournis par les croets en Angleterre, et par le céphalotribe en France. 11 est bien certain que l'on employait ce dernier instrument dans les conditions relativement nnes d'un travail qui n en exige pas l'emploi et pouvant être terminé par s moyens moins violents, la mortahté qu*il cause serait fort amoindrie. Je dois dire que tous les accoucheurs de la Grande-Bretagne ne méritent s le juste reproche de faire trop peu de cas do la vie du fœtusi Tyler-Smith, urchill et quelques autres praticiens ont protesté avec éloquence contre Ite pratique inhumaine qui compte encore trop de partisans dans leur yst
En résumé, si Ton met de ci^té la prédilection des Anglais pour le crochelt
voit que ce moyen d'inteiwention n'est pas aussi dangereux qu'on le ré^
le en France; La statistique que je viens de citer» portant sur 80(1 cas, ne
nuet pas d'invoquer les séries heureuses^ et il peut entrer sans ti*op de
i084 OPÉRATIOKS.
désavantage eu comparaison avec le cépbaioiribe. El à la rigueur, uo prath cien dépourvu d'autres instruments pourra y avoir recours dans les dêfornn- Uons du bassin de médiocre intensité, après avoir pratiqué la cràmotoim€.
Le crochet doit être toujours fixé sur les parties extérieures du crâne. H jamais en dedans; s*il cédait, les parties mateinelles seraient attdnle»; enl^ portant successivement sur différents^ points on peut diviser les os de la ïnt* du crâne et rendre cette région très-reductible. Une précaution indispen^li' consiste à maintenir le manche d'une manière ti^s^exacle dans la uièine direction : si l'instrument lâchait prise, il pourrait subir sponlanéniait un mmvement de rotation sur son axe et la pointe se dévierait du côté des pattu^i matenieUes. Lorsqu'on sent que l'instrument cède^ il faut l'appliquer de ïakii sur un auU*e point, lie crochet aigu qui fait partie du forceps est mms> ]m disposé pour diviser les os du crâne que celui à pointe un peu largeet courlN qu'employaient les anciens.
C'est surtout dans l'emploi du crochet, que le praticien doit se montra prudent et réservé ; la plus grande somme des dangers ne peut être ôcaiV^ qu'en substituant l'adresse à la force. Il faut se rendre compte d'une di^ nière très-exacte de la situation de la tête et diriger la pointe de VïnM ment vers la cavité crânienne.
Churchill, dans un relevé portant sur 859,178 accouchemrals, indique! fréquence relative de l'appUcation du crochet dans diverses contrées, n a rt employé :
Eu Angleterre, sur. . 173,625 acoouch. 565 fois' = 1 sot '^
En France (avant la découverte du cépbalotribe)
et en Italie, sur 58,908 — 69rois = lsur *
En Allemagne, sur 646,645 — 386 fois = 1 surir
H est certain que, dans les contrées où l'on se montre plus sobre de 1^* ploi du crochet, on a recours à des opérations présentant des chance> p' favorables pour la mère, car elles sont moins dangereuses.
CÉPHAIOTOMIE.
Les résultats fournis par les instruments que nous venons de décrirf ^^' assez peu encourageants. La tète constitue, par son volume et son irri'rf»'^^ bilité, l'obstacle essentiel à la terminaison du travail dans les bassin? n;*^ cis. On a donc tenté différents moyens pour la diviser au moyen d*inf^' tion régulière selon son diamètre vertical.
Parmi les instruments imaginés dans ce but, le forceps-scie de van ^^^' a seul fourni des résultats cliniques sufBsants pour qu'on puisse en app cier la valeur. Il se compose d'un forceps à cuillers un peu étroites, H ^^ nies, à leur face interne, de tubes servant de conducteurs à une scie à ài^ En imprimant un mouvement de va-et-vient aux poignées qui termina" chaîne, on divise les parties qu'elle rencontre. Une tige à pignon, siiM^f* rallélement à la branche à mortaise, met en mouvement les voaà^f^
r::il]IRYOTOMIk:.
(jui font pi'ogresser la scie de rariiculation vers rextréinité des cuillers. La lêlc saisie entre les branches du forceps se trouve bientôt divisée verticale- # inenl en deux moitiés qu'on extrait séparément.
Ce forceps est appliqué et articulé :omme dans les conditions ordinaires ; )ui$ on place la chaîne au moyen de îes conducteurs qui pénètrent dans es tubes fixés aux branches. Un .aide ulelligent tourne avec mesure la tige {ui imprime à la scie son mouvement le progression, de manière à ce que :oltc dernière n'agisse pas à vide, oiu pielle ne soit pas arrêtée dans sa narche par une pression trop éner- [iqiie sur les os crâniens. La section eniiinéc, on opère des tractions avec e forceps sur une des parties diviêes pour l'extraire. En cas de résisance, on a recours aux pinces à os, •u à la main. On retire l'instrument, n démontant d'abord la scie, puis en lésarliculant comme dans les cas orlinaires. Le peu de largeur des cuilcrs permet de l'appliquer dans les rérécissements de 4 1/2.
Les parties maternelles sont penlanl l'opération à l'abri de toute ateinte, et les dangers ne paraissent >as devoir être sensiblement plus ;rands que dans une appUcation de orceps ordinaire. Malheureusement, il »'en est pas ainsi. En réunissant les aits recueillis par Verrier, dans ses liverses communications sur ce siiget,
eux de Didot et d'Agudio, on trouve un total de 89 applications du forcepscie qui donnent les résultats suivants :
Fig. 145. — Fui'ceps-scie de vaii Huevel.
1 ta>»
Marinus »... 7—3 iiioits.
Simon 7—2 —
Van Huevel 35—6 —
Billy 2 —
Verrier 2 — 1 —
Ressems. 1 —
Agudio 31—7 —
lUUUN ACC.
0l*ftRATI0n8.
Dix-neuf femmes ont sueconibé, ce qui donne une pi*opoi1ioude!SI,5[K)ir 100. Ce résultat est assez favorable si on le compare à celui fourni par le efpbiotribe dont le chiffre de la mortalité s'élève ù 30,4 pour 100, seolemenl pmir la mère : mais on est surpris qu'il ne soit pas plus favorable encore $i \t^. compare l'innocuité apparente du forceps-scie avec la manoeuvre du cèphalitribe. 11 faut noter du reste que les chances mauvaises s'accroissent cmsx pour le céphalotribe avec la gravité de l'angustie. En résumé, le forceps-scie donne 9 guérisons pour iOO de plus que le n-
phalotribe, et c'est là un résultat assez important pour qu'on adopte ^in^tn^ ment de van Uuevei ii moins dans tons les hôpitaux d'accondieroent. I) fA i*egrettable qu'en Franrpp!
n'ait point encore tenlê df l'appliquer et Ton doit f^^ liciter Verrier des effort^ qu'il a faits pour en Ttlganser l'emploi parmi doqn On n'a pas le droit de nmontrer indifférent p^^ur une opération qui sacr> mohfis de malades «p celle qu'on a l'habitude d* pratiquer ; la mutioe r pareil c^s devient de i'iubumanité.
Duval de Luxeuil a inuginé, en 1852, un iii>tniment très-analogue à céi de van Huevel et destinr remplir le même but; i^ gnore s'il a jamais étë K pliqué.
J'ai fait fabriquer par B«" bertet CoUtn en f 8fô> x' le nom de diviteur céfk^" que, un instrument dftéi'
Fig. 146.
Diviseur céphalique de Jouliii.
à agir sur le fœtus, comme le for<;eps de van HueveL
11 se compose : l"* de la canule A de l'aide-forceps, s'aKiculanteii D. <^^ *i^ un bec d'écraseur linéaire K, assez long pour arriver au détroit safènff^^ 3« d'un porte-fil, L, courbe et très*flexible, monté sur un manche et p^^' d'un trou 0, à son extrémité terminée eu olive. Le trou laisse passer un ùlî* ^ 4» une forte chaîne d'écraseur, N, dentée sur un de ses bords ; une foi> ' place elle passe par le bec de Técraseur et s'articule par sen extréniitêR»
ËMBRYOTOMf£. fU87
•oifil 0, du bec de l'écraseur, par son extrémité P, avec le tâcjuet mobile B de I canule. Cette chaîne fonctionne oomme la chaîne de l'écraseur ordinaire, sulement elle marche en sciant, son extrémité R, étant immobilisée. La !te fœtale se divise avec facilité et sans présenter la moindre esquille. Dans les rétrécissements extrêmes, qui ne permettent pas à la main de pè- Hrer dans Tutérus, la seule difficulté de l'opération consiste à placer le fil i\ doit entraîner la chaîne. C'est pour cela que j'avais fait le porte-fil qui »vait contourner la tête du fœtus, et ressortir du bassin par un point opposé son introduction, en laissant le fil sur k région pré-trachléemie. J'avais fait ir le cadavre de nombreuses expériences, et cette partie de la manœuvre ne •ésentait pas de difficultés trés-sérieuses. Sur le vivant, il n'en ftit pas de éme, et la seulefois que j'opéraisur une femme en travail, à la Clinique, j'eus malheur de déterminer une perforation de l'utérus, la femme succomba le idemain. Le rétrécissement était de 5 centimètres. Malgré la souplesse et lasticité de la tige, l'olive terminale en pressant sur le tissu de la matrice vait traversé. Cette malheureuse tentative que, bien entendu, je n'ai jamais le désir de renouveler, montre le danger qu'entraîne l'introduction dans cavité de l'utérus d'une, tige même trés-flexible et en apparence inoffene, qui doit parcourir un trajet mal déterminé d'avance, lorsque la main ne itt la guider complètement dans ce trajet.
Malgré ce fait malheureux, je crois que le diviseur céphalique est appelé à idre des services ; l'msuccès fut dû au porte-fil ; c'est un dangereux auxiire de l'instrument qu'il faut entièrement repousser, mais cet auxiliaire tst plus nécessaire dans les bassins d'au moins 55 millimètres qui permetil l'introduction de la main dans la cavité utérine. Le fil peut être porté •ecleraent sans le secours d'aucun instrument sur le lieu qu'il doit occuper. Taltache à l'extrémité du médius de la main dont la région [lalmaire corpoiid à la face antérieure du fœtus, qui est en général tournée dans ces iditionsvers un point inteimédiaire aux diamètres obliques et transverses. |
> doigts rasant un des côtés de la léle, pénétrent sur la région trachléenne, et les retirant du côté opposé, entraînent le fil, qui demeure placé en rapport u* la partie antérieure du cou. L'opération ne présente plus alors aucune i
iiciilté ; en tirant sur le fil on lui substitue la chaîne, la division de la tète I
père sans que les parties maternelles soient exposées à la moindre lésion. Font cela parait facile, mais il est nécessaire que les résultats cliniques ,
nnenl en aide aux expériences d'amphithéâtre. ' |
SECTION DU COU ET DU TllONC.
ïaiis les présentations du tronc, lorsque les membranes sont rompues et I
eaux écoulées depuis longtemps, et que la contraction utérine énergique et
sislante ne permet plus de pratiquer la version sans faire courir à la femme
i chances de ruptures de l'organe, on est parfois obligé d'avoir recours à
'section du cou de l*enfant»
iPtte opération permet d'extraire le tronc asseï facilement, soit en tirant
' le bras procidé, soit en accrochant le creu* deraisselle. La tête, restée
1092 OFÉBATHMS.
Des dîTerses opérations obsléfjricales. Tk, ée Parié, 4858. -- Saha, Vtrii perfontiioisMi descripU etoBarrati. Carisruhe, 18%. ^ Scuucjitirg, Embryulcia noTa delecU, etc. bâ. 1747. — SawEiBEB, L'embryotomie est-elle permise sur le fœtus vivant? îieMeZfittck {. Geb.f t. XXI. — SuiP805, Crftnioclaste. Gaz. hebd., iWSS. — Suvoght. De embr^eia ïâ^xs lena, 1709. — Stabi, De perforationis et perforatorii historia. lena. 182S. — Tha-Skr. Sur le rejet de la cr&niotomie toutes les fois que l'enfant est vivant ou viable. Tlmu. oféA Sœ. of LmdoUy 4860. — Uxgbr, Perforatio et cephalotripsia collât». Borni, 1S46. — ^i Lvimif, An liceat vim in ferre fœtui, ut servetur mater. Giessen, 17S0. — ^Vas Hcevu, Héoi. su les divers moyens de délivrer la femme en cas de rétrécissements du baasin et sur leiûreeff scie (avec planches). Bruxelles, 184i. — Do Mftic, Considération sur rembryotnuiie et l'ofé^ ration césarienne suivie d'obs. d'applic. du forceps-scie. Arch, 4e la méd, Mge, 1850. - WicusuNG, De capitis abrupti et in uteri relict. variis extrahendi modia. Heidel., 1757. - Viaaica, De forcepa-scie des Belges. Th, de Paru, 1863. — Du Hfiae, Deux ohsemi. àe cépbalot. exécutée par le forceps-scie. Gaz. de. hôp., 1866. — Du Maas. Parallèle entre W cépbolotribe et le forcepa-acie. Paris, 1866. - Viiicbiit Gesod, Des droits à la vie de lamèrr et de l'enfant. Th, de Sirasbour'g, 1857.
OPÉRATION CËSARIBiNNE
L'histoire de Topéraiioii césarienne ne présente qu un médiocre intérM, elle a été préconisée ou attaquée avec tant de passion par ses partisans et ses ativersaires, qu'il est difficile de trouver la vérité au milieu de leurs exagéraiiom Même de nos jours, on n'a pas encore pu éclidrcir le point important de la question, c'est-à-dire la proportion des revers et des succès. Il est à craindh qu'on ne parvienne jamais à la connaître exactement.
Les statistiques régulières de cette natin*e ne peuvent guère être faites que dans les hôpitaux où tout s'enregistre : décès ou guèrisons. Hais dans )^ Natemitésles conditions sont extrêmement défavorables, et les résultats qu'el]^ fournissent ne donnent pas une mesure exacte de ce qu'on peut obtenir. S:ir ce point il n'existe plus d'exceptions pour Paris. J'ai relevé tous le> faits connus d'opérations césariennes pratiquées à Paris ^ depuis le seizième siècle, eU^ s'élèvent à 67, et sur ce nombre 6 femmes seulement ont échap|>è à la mârt Le dernier succès appartient à Lauvergeat et remonte à 1787.
A la campagne et en dehors des grands centres, les résultats sont moî&^ constamment funestes, mais on ne les comiait que par les communicaticm^ des praticiens qui sont heureux de publier l'issue favorable d'une opérati<'i> qui réussit peu. Lorsqu'elle échoue, ils se gardent naturellement d'en parier liCS insuccès ne sont donc pas tous connus, tandis qu'aucun succès n'est pâsv sous silence. Il en résulte que les éléftients d'une statistique sérieuse imnquent complètement.
Cette incertitude nous oblige  reléguer l'hystèrotomie dans la catégorie d<^ opérations désespérées auxquelles on n'a recours, que lorsque toute lotrr est impossible, ou qu'elle présente des chances de mort presque certai»^ pour la mère et pour l'enfant.
Cependant, il m'a paru utile de grouper quelques-unes des grandes ^tistiques qui ont été publiées sur cesi^et. Elles sont fort imparfaites, pour '<'
^ Seizième siècle, 3 opérations, 3 morts. -^ DixHseptièrae siècle, 0 opéralioas, o mad^ " Dix-huitième siècle, 31 opérations, 6 succès (Soumniain, 1; Deleuryc. «; Millot. 1;^ vergeal. 2). — Dix-neuvième siède, 27 opérations, p. s un succé?.
EHBRTOTOinE. 1680
P. Dubois divisait le Ironc, par le procédé qu'il employait pour la décollion. La section était faite au moyen des ciseaux courbes qu'une main préablement introduite dirigeait.
Le procédé de Posta me parait préférable. Il fait tendre et relever le bras
ocidê, s'en sert comme d'un guide pour parvenir au creux axillaire. Il it sur ce point, au moyen d'un bistouri convenablement disposé, une incion de deux ou trois travers de doigts, puis par cette ouverture il introduit 18 pinces et enlève les organes thoraciques et abdominaux. Enfin il termine )pération par une version ; le volume du tronc est assez diminué pour relie devienne possible.
Dureau, Dubreuilh et Gaubrie pratiquèrent l'éviscéralion de la même man'e, mais le bassin rétréci (8 centimètres) les obligea à sectionner la co- •nne vertébrale afin de pouvoir extraire le tronc, La tête fut tirée au moyen • Il crochet.
Ce sont là, je le répète, des opérations où l'imprévu joue un trop grand rùle Dur qu'on puisse les régler à l'avance. Le plus souvent elles sonl extrêmelent pénibles et difficiles.
Tarnier a fait fabriquer un crochet mousse construit sur le principe de la Mide de Belloc. Le ressort devait faire saillie à la vulve, en passant derrière le onc du fœtus. Un fil fixé au ressort eût servi de conducteur pour diviser
tronc au moyen d'une chaîne d'écraseur. Hais la difficulté consiste à faire ïsser le ressort qui doit entraîner le fil, et Tarnier semble avoir été découragé 51* cette difficulté.
Pajot, dans le môme but, a fait disposer en cupule l'extrémité de l'un des 'ochets du forceps, de manière à recevoir une balle de plomb qui se trouve aintenue dans cette cupule au moyen d'un fil tendu le long de la branche Il forceps. Cette branche introduite en avant est dirigée vers la partie posrieure du bassin. Alors on lâche le fil et la balle entraînée par son poids, )it tomber dans le vagin. Cela réussit parfaitement sur le cadavre, mais laiid l'utérus est contracté, il forme un obstacle à la chute de la balle. Je ' connais pas d'application de ce procédé sur le vivant. Pajot terminait la iction du corps d'une manière assez singulière. En retirant la balle, il atchait une ficelle au fil conducteur, le corps du fœtus se trouvait entouré.
imprimait à la ficelle un va-et-vient énergique, et divisait le corps en nix parties. Un spéculum en bois protégeait les parties maternelles contre s frottements.
RÉSIME
IBRTQTOHIB
Ui légitimité de rembryotomie pratiquée sur l'enfant vivant est accepta par l'im- «-nse rnsycrité des praticiens. — A chances de survie égales pour la mère et pour •iifant, il faut toujours préférer l'intérêt de la mère. — On doit cependant hésiter, eu [hne préférer Topération césarienne à l'embryotomie, lorscfue le degré du rétrécisse
1092 OFÉlUTHNfS.
Des diTersas opérations obsiéCiricales. Th, ée Perte, 1858. — S«hjb, Varii peiierttiaaisBiè descripU eteBoirati. Carisruhe, 1836. — Scbuoitiiig, £robryulcia nova détecta, ete. lé 1747. — SaiREiBER, L'embry otoraie est-elle permise sur le fœtus virant? fieueZeUKUa.i Geb., t. XXI. — Simpson, Crftnioclaste. Gaz. hebd., 18H3. — Slbvoqut. De embiTulda Hippa. lena, 1709. — Stabi, De perforationis et perforatorii historia. lena. 183S. — TTLo-Son Sur le rejet de la criniotomie toutes les fois que l'enfant est vivant ou viable. Tmt. «ftk Soe. of Umdm, 1860. — Usoer, Perforatio et cephalotripsia colUte. Bonn, IMO. -Vi i.«Tmii, An liceatvim inferre fœtui, ut servetur mater. Giesscn, 17iO. — Vas flocvu, Vém. scr les divers moyens de délivrer la iemme en cas de rétrécissements du bassin et sur leforee^ scie (avec planches). Bruxelles, 184i. — Du HteB, Considération sur rembryetomie «t l'opération césarienne suivie d'obs. d'applic. du forceps-scie. Areh. de lu méë. belge, 18S0. - WicBstrNG, De capitis abrupti et in uteri relict. variis extrahendi modis. Heîdel., 1757. - Vdaibr, De forceps-scie des Belges. Th. de Paris, 1863. — Do Même, Deux ol^rat. de cépbalot. exécutée par te forceps-scie. Gaz. de. hÔp., i866. — Do Même. Parallèle eDireV' céphoiotribe et le forceps-scie. Paris, 1866. - VincBirr Gbjiod, Des droits à la vie de U méiY et de l'enfant. Th. de SiroMbomrg.i^Sil.