‹ Traité complet d'accouchements (volume 2)Chapitre 226 sur 277 · ALBUMINURIE. — URÉMIE · texte numérisé non relu

ALBUMINURIE. — URÉMIE

>as toujours sous la main un tube à expériences. On opère donc dans un rase quelconque allant au feu, et Ton verse ensuite son contenu dans un ^erre à Champagne.

Le coagulum est insoluble dans l'acide nitrique ; la soude et la potasse rustique en opèrent la dissolution.

Les urines albumineuses sont presque toujours acides, mais dans le cas )ù elles présenteraient une réaction alcaline, ce qu'on peut constater avec le papier de tournesol , on les acidifierait avec quelques gouttes d'acide azotique, pour éviter l'erreur provenant de la précipitation des sels terreux, qui pourrait se faire dans ces conditions. Du reste, ce précipité se distingue par sa pulvérulence de celui fourni par l'albumine, qui est floconneux. L'acide phosphorique libre, parfois contenu dans l'urine, est un obstacle à la coagulation, par la chaleur, de l'albumine qu'elle contient. Quelques gouttes d'acide nitrique suffisent également pour détruire cette propriété.

Lorsqu'on emploie l'acide azotique comme réactif, on le laisse tomber goutte à goutte sur l'urine qu'on examine, et le coagulum albumineux se manifeste comme lorsqu'on a recours à la chaleur.

Les urines refroidies, contenant beaucoup d'urates, se troublent bientôt et laissent déposer une partie de ces sels. Quand on les chauffe elles s'éclaircissent, alors l'acide nitrique ne les trouble pas, mais si on porte leur température jusqu'à l'ébuUition, elles se troublent et laissent déposer le précipité albumineux.

Dans les cas douteux, il est bon d'avoir recours successivement à la chaleur et à l'acide nitrique, on évite alors les erreurs qui peuvent se montrer dans chacun de ces procédés employés séparément.

Lorsqu'on a constaté chez un malade l'albuminurie, on peut éviter de lui faire subir tous les jours l'opération du cathétérisme. Pour contrôler les variations journalières qui surviennent dans la quantité du produit morbide, on opère sur les urines qu'on fait mettre en réserve. Seulement, on doit tenir compte de cette circonstance, que celle qui occupe le fond du vase est plus chargée d'albumine que celle qui occupe les couches supérieures du liquide ; il faut donc agiter d'abord l'urine pour répartir également l'albumine dans toute la masse. Après l'avoir soumise à l'ébuUition, on la conserve dans des verres à Champagne pour établir la comparaison journalière. C'est encore dans un verre à Champagne qu'il faut recevoir l'urine qu'on veut examiner au microscope, on attend qu'elle soit bien reposée, puis on la décante pour conserver seulement les parties situées au fond du verre, et qui sont plus chargées d'éléments caractéristiques. Dans ce cas on opère bien entendu sans avoir préalablement recours aux réactifs.

L'examen microscopique de Turine albumineuse ne fournit pas des résullats très-importants. On y trouve des globules sanguins et des lamelles d^èpithélium déformé. L'élément le plus caractéristique est constitué par ce qu'on a appelé des cylindres fibrineux, qui ressemblent à des tuyaux moulés ^ rintërieur des canaux urinifëres, dont ils représentent le diamètre. Us sont transparents ou d'une teinte foncée. L'épithélium qui les tapisse est normal ^u bien a subi la dégénérescence graisseuse.

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On a voulu s*appuyer sur la présence ou Fabsence de ces tubes, pour diSèrentier la néphrite albumineuse , dans laquelle on les obsene ov^èm rement, de Talbuminurie puerpérale sans altération des reins, qui n'ei présenterait pas. Hais on est loin d*étre d'accord sur ce sujet, quel([Q6 observateurs prétendent en avoir trouvé dans tous les cas. D'un autre cdtê on rencontre ces cylindres dans des affections étrangères à ralbuminoiie.

ProM»aU«. — Le pronostic est toujours sérieux, pour cette raison que li femme albuminurique est exposée à l'intoxication urémique et à ses fujôestes conséquences. Toutes n'y sont pas condamnées, puisque sur 41 albumine riques examinés par Blot, 7 seulement eurent des attaques d*cclamp$ie. Mais comme rien ne peut faire prévoir l'avenir, si quelque circonstance penoettait au praticien de constater pendant la grossesse la présence de Talbamine dans les urines, il préviendrait la famille des complications qui pourraient survenir.

On n'est pas d'accord sur l'action de l'albuminurie sur la marche de li grossesse et la vie du fœtus. 11 est probable que c'est seulement dans les (U graves qu'on pourrait, en dehors de l'urémie, avoir à redouter ^aTO^ tement.

Traliement. — Je dirai peu de chose du traitement, pour ce motif, que l'albuminurie puerpérale, à peu prés constamment, se révéïeparlesaccideol^ urémiques qui présentent des indications spéciales. Ou a préconisé leà saignées et les purgations. Je ferai simplement remarquer que Vnn des dangers de la situation tient à la désalbumination du sang, et que ce genre de traitement aurait pour résultat d'augmenter encore la soustraction d'albumine. La rareté des faits ne permet pas d'affirmer que telle ou telle médication soit efficace, et dans l'ignorance où nous sommes de la cause intime de celle lésion de sécrétion, l'expectation me parait le parti le plus sage.

TermiiiaiMiis. — Dans un grand nombre de cas, la terminaison de l'albuminurie est spontanée, soit avant, soit après l'accouchement, et il est probable que souvent elle disparait avant qu'on ait soupçonné sa présence. Hais il n'en est pas toujours de même, et Ton voit survenir l'intoxication urémique avec toutes ses conséquences que nous allons examiiien

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