ALBUMINURIE. — URÉMIE. H
iavorabies ; mais il serait à désirer que des faits plus nombreux encore, fassent connaître d'une manière plus large la proportion des revers et des succès qu'on peut espérer de l'emploi de l'anesthésie dans le traitement de l'éclampsie. ♦
Horand, qui considère le chloroforme comme un véritable spécifique des convulsions puerpérales, veut qu'on l'emploie, non-seulement au début des accès, mais d'une manière permanente. H veut que son administration soit continue avant, pendant et après l'accès ; que la malade en soit saturée. Le coma et les menaces d'asphyxie ne sont point pour lui des contre-indications, car la respiration et la circulation reprennent dans ces conditions leur marche régulière sous l'influence de cet agent.
Saigrées. — Les saignées ont été prodiguées à outrance dans le traitement de l'éclampsie et on les recommande encore assez généralement. Ce n'est pas une raison absolue pour croire à leur efficacité. Au temps de Broussais, la doctrine dite physiologique, en usait de même et le bon sens médical a lutté bien longtemps avant de faire reconnaître que cette pratique était inutile et souvent dangereuse.
Les accoucheurs du siècle dernier considéraient les saignées générales^ comme une espèce de spécifique applicable à presque toutes les indisposi** fions ou maladies de la grossesse. La réaction s'est faite contre leurs idées, et cependant c'est d'après leurs préceptes, qu'on cite volontiers, que la médecine moderne a conservé la saignée dans le traitement de l'éclampsie.
L'autorité des noms ne dispense pas de l'examen des faits. Nos connaissances physiologiques se sont assez profondément modifiées depuis un siècle, pour qu'on soumette à une révision sérieuse les résultats ayant pour base des principes reconnus aujourd'hui entièrement erronés.
Les anciens voyaient dans les accidents éclamptiques une manifestation de la pléthore. L'étude toute moderne des causes véritables de l'éclampsie nous oblige à rejeter absolument une pareille manière de voir. Les phéno^ mènes congestifs qui donnent à la face des femmes atteintes de convulsions, une teinte bleuâtre, ne sont nullement dus à la pléthore, ils résultent d'un état asphyxique, déterminé par un trouble profond de la respiration, et cet état est absolument indépendant de la pléthore ou de l'anémie. Il n'en faut donc pas tenir compte à ce point de vue.
Bien loin d'être pléthoriques, les éclamptiques sont atteintes d'hydroémic à un haut degré, comme le prouvent les analyses du sang, les épanchements et les infiltrations séreuses. L'albuminurie est toujours accompagnée d'une diminution des éléments solides du sang, et cette disposition est encore plus accusée chez les femmes enceintes qui ont déjà ce liquide appauvri par le fait de la grossesse.
Voilà certainement un état qui justifie assez mal les saignées, surtout lorsqu'on soustrait, même chez les femmes infiltrées, comme le fait Depaul, jusqu'à 2,000 grammes de sang dans l'espace de quatre heures.
Une des conséquences de l'albuminurie est la diminution de la quantité normale d'albumine que contient le sang ; les saignées ont pour résultat,^ surtout quand elles sont aussi démesurément copieuses, d'enlever encore à
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la circulation une quantité considérable d*albuniine, alors que la diminol£A de cette substance constitue déjà un des dangers de la maladie.
Enfin, quel que soit Tagent toxique : urée, carbonate d'ammoniaque, urdchrome, ou matières extractives, il est admis par tout le monde qu'il eiiâe dans l'urémie un empoisonnement du sang. Qui donc oserait encore à notre époque considérer la veine ouverte, comme un robinet par où s*écbappeiep(Nson? Depuis la polémique expérimentale, soutenue par Rognetta et (Mi, à l'École pratique, la question est jugée ; la saignée dans l'empoisonoemeoi, non-seulement n'est pas un moyen utile au malade, mais c'est un aunliaire propre à activer les ravages du mal.
Tels sont les arguments que la théorie, basée sur l'examen physiologique des faits, oppose à la pratique de la saignée.
L'empirisme a-t-il raison contre la théorie, et les saignées ont-elles reifiacité que leur accordent ses partisans ? Je l'ignore, les documents nous manquent, et dans une affection aussi capricieuse et qui cesse souvent spootanément alors qu'on n'a fait aucun traitement, ce n'est que d'après des statistiques régulières et portant sur un grand nombre de cas qu'il est permis tk se faire une conviction. Pour ma part, les résultats que j'ai vu obtenir par les saignées ne me portent guère à les tenter dans ces conditions.
Swayne sur 11 éclampsiques traitées par les saignées a sauvé 10 mêmei 7 enfants; Behm, sur 20 cas a obtenu 17 guérisons. Voilà certainement de$ résultats fort encourageants. Mais d'un autre côté, de Soyre a relevé ^6 et d'éclampsie recueillis à la Clinique et traités par les saignées, et sur o: nombre on compte 12 morts. Dans le travail de Liegard contenant 28 observations, on voit dans la plupart des cas les saignées inutiles, on voit mèm que les accès se manifestent ou se répètent après l'ouverture de la veine.
P. Dubois, Moreau*,Cazeaux*, Jacquemier* et Chailly* se sont montrés pa^ tisans des saignées modérées ; trop abondantes, ils les considèrent comm dangereuses. C'est également l'opinion de Teyler Smith, de Churchill el de presque tous les praticiens qui acceptent ce mode de traitement, l^epaul à peu près seul parmi nous, se montre partisan des saignées à outrance. Il n'hésite pas à faire perdre deux mille granunes de sang en quelques heure» aux éclamptiques. J'ignore si les résultats qu'il obtient sont assez favorablef pour justifier une pareille hardiesse, mais son exemple n'a pas étéjusquâ présent très-contagieux. Cette pratique du reste n'est pas nouvelle, et hx a vu en Angleterre Denman tirer de la veine 1,250 grammes de sao&^ Davis 1,500 et Blondel 1,850; et cependant les praticiens de la Grande- Bretagne ont abandonné ces exagérations, pour ramener le traitement i des conditions moins effrayantes.
Si la saignée dans l'éclampsie a ses partisans, elle a également des adversaires. Trousseau la repousse entièrement; Braim est du niéniearisrt Horand la considère comme dangereuse pour la mère et pour l'enfant
Les adversaires de la saignée sont, comme on le voit, beaucoup moiK nombreux que ses partisans. Mais ces derniers ont donné leur opinion avanl que la nature des convulsions urémiques fût bien coimue. 11 est probable ç* si maintenant ils étaient appelés à se prononcer, leur avis serait diJBreflt