‹ Traité complet d'accouchements (volume 2)Chapitre 247 sur 277 · MOUTS SUBITES · texte numérisé non relu

MOUTS SUBITES

du reste le seul cas de mort subite qu'on puisse reprocher aux douches, et l'explication de Depaul n a pas toujours été invoquée comme cause de l'accident. Nous reviendrons tout à l'heure sur Tintroduction de l'air dans les veines.

Morderet, sous le titre d'apoplexie nerveuse et d'asphyxie idiopathique, rappoile, dans son mémoire, un certain nombre d'observations de morts subites. Il est évident qu'on ne peut accepter comme probants les faits, au nombre do douze, qui n'ont pas été vérifiés à l'autopsie; le dépouillement de ces observations permet de croire que dans un certain nombre il s'agit d'embolies, dont l'auteur n'a pas suffisamment exposé le mécanisme. Dans huit autres cas de mort suivis de nécropsie, les lésions ont manqué, une fois seulement on a trouvé un état griûsseux du cœur. Les malades ont succombé à la suite d'un travail laborieux, par épuisement nerveux ; pour d'autres, l'accouchement a été facile, et l'on peut invoquer comme cause de mort une émotion, la peur, des pressentiments sinistres, etc. Eu général, la terminaison funeste est survenue presque immédiatement ou peu d'heures après l'accouchement.

Dubreuilh cite deux faits de même nature, mais l'absence d'autopsie leur enlève une grande partie de leur valeur.

La sidération du système nerveux par une commotion ou une impression morale violente détermine la syncope ; a un degré plus grave, cette syncope est la mort. Il existe trop d'exemples de cette nature dans la science, en dehors de la puerpéralité, pour qu'on ait besoin de les citer. De pareilles causes rencontrent de puissants auxiliaires dans les modifications que la gestation in> prime à l'organisme ; il est fort probable que pour un certain nombre de cas mortels demeurés sans explication, ces modifications ont joué un rôle important, bien qu'on ne puisse en déterminer exactement la valeur, et que les mêmes phénomènes survenus en dehors de la puerpéralité n'eussent pas eu pour la femme des conséquences aussi funestes.

Morderet rapporte trois cas de mort attribués à la présence de l'air dans les veines ; deux fois il s'agissait de femmes enceintes et il serait impossible d'invoquer pour elles une autre cause qu'un développement spontané de gaz. Dans la troisième observation la femme était accouchée. M'Glintock a reproduit neuf faits de même nature relatifs à des accouchées. Je le répète, il est fort possible que ces productions gazeuses soient dues à la décomposition ca« davérique.

Il est évident que la pression que subit le sang dans les vaisseaux est supérieure à la pression atmosphérique. Si les sinus étaient béants il surviendrait une hémorrhagie très-rapidement mortelle et non pas une introduction de l'air dans les veines. Que l'on observe un pareil phénomène quand il s'agit de grosses veines, comme les jugulaires sur lesquelles les mouvements du cœur exercent un appel énergique, cela se comprend ; mais les sinus utérins ne sont pas dans de semblables conditionsi et lorsque la contraction utérine n'obUtérc pas leur calibre, la pression due à l'action du cœur chasse le sang au dehors. Sans nier la possibilité de l'introduction de l'air dans les veines après l'aa'ouchement, on peut dire que le fait n'est |ias suffisamment démontré et la décomposition cadavérique fournit au floute un argument assez plausible*

i200 TATHOLOGIC.

L*apoplexie peut élre une cause de mort subite dans Tétat puerpéral; cependant, je ne connais pas de faits, vérifiés par Tautopsie, où il soit établi que l'accident ait eu Heu pendant le travail et sous Tinfluenœ des efTorU généraux qui raccompagnent. Si la mort survient par hémorhagie cèrébraW plusieurs jours après la délivrance, on ne peut guère attribuer sa production à la puerpéralitè.

Horderet cite quatre observations de mort résultant de la rupture du ccpor ou des gros vaisseaux. Une seule fois Taccident est arrivé pendant le travail et il est évident que la cause immédiate a résidé dans les efforts de lapulurition. Trois fois la mort est survenue plusieurs jours après la délivrance el ici la relation de cause à effet devient moins certaine. Pour d*aulre> faib relatifs à des maladies du cœur ayant déterminé, non pas une mort subie. mais cependant assez rapide après Taccouchemeut, on peut croire qoe la puerpéralitè a hâté le terminaire fatale.

Une hémorrhagie utérine interne ou externe à marche foudroyante peut encore faire succomber la femme d'une manière presque subite (voir p. %^i

L'urémie est également une cause possible de mort subite. Ordinaireinefll des symptômes précurseurs mettent le praticien en garde contre rimminend' des accidents. Mais parfois ils se développent d'une façon presque instantanée. Je me rappelle avoir entendu raconter par Depaul, l'histoire d'uii^ femme en travail à laquelle il fit une applicati .n de forceps. L'état gèoèrtl était satisfaisant ; tout à coup elle fut prise d'une seule convulsion qui ^ termina par la mort. Très-probablement cette fenune succomba h une manifestation foudroyante de l'intoxication urèmique.

En ces derniers temps on a signalé une cause de mort subite à peu p^l'^ inconnue des anciens et qui cependant parait la plus fréquente de toutes C'est l'obstacle mécanique à la circulation déterminé par un caillot san^nik engagé dans Tartère pulmonaire.

La production de ces caillots a lieu sous l'influence de deux causcd lii^ tinctes : l"* par coagulation spontanée du sang, en dehors de toute iiiflamma tion ou lésion du système vasculaire ; 2^ par migration d*un caillot iibnueia. provenant d'une phlébite.

En général, dans les autopsies, quelle que soit la cause du décès, on trou^^ dans le cœur des caillots qui se sont formés pendant les derniers inomeob de l'existence ; mais ces caillots sont mous, noirs, et ne présentent msu» trace d'organisation. Lorsqu'il s'agit d'un embolie mortelle, il n'en est plî^ de même : les caillots sont durs, organisés, ils ont une forme allongée et sobplus ou moins décolorés.

CoAGULDM SPONTANÉ DU SANG. — Par lo fait de la gestation, il se produit d<> modifications (p. 384) dans la composition chimique du sang : Tune deiie^ porte sur la proportion de la fibrine qui augmente d'une manière noUblt* Elle est de 2,2 à l'état de vacuité, et s'élève à 3,5 pendant la grossesse. Il»:'' résulte une disposition beaucoup plus grande à la formation des caill<^' Cette modification est en quelque sorte physiologique, puisqu'on l'otfctf** chez toutes les femmes encehites ; mais elle peut être encoi'e 9uffS0^^ lorsqu'il se fait une hémorrhagie pendant le travail, le sang devient f^

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