‹ Traité complet d'accouchements (volume 2)Chapitre 248 sur 277 · MORT SUBITE · texte numérisé non relu

MORT SUBITE

xoagulable encore. Alors, qu'il survienne un ralentisseipent de la circulation ou un arrêt complet, comme dans la s.yncope, et il peut immédiatement se former un caillot fibrineux qui détermine une asphyxie plus ou moins rapide en obturant Tartère pulmonaire.

Les faits vérifiés par Tautopsie, et qui appartiennent à ce groupe, présentent ce caractère commun et essentiel : que la mort est arrivée plus ou moins subitement dans un état de santé entièrement bon. Aucun symptôme de phlébite ou de lésion quelconque du système vasculaire, ne vient éveiller l'attention. Pas de frisson antérieur, pas de douleurs locales vers le bassin ou sur un autre point. L*état général de Taccouchée inspire une sécurité complète. Tout à coup, à la suite d'un mouvement ou d'un effort, la femme est prise d'agitation; une anxiété profonde se manifeste, on observe de la dyspnée, de l'orthopnée, la malade étouffe, les inspirations se multiplient jusqu'à atteindre 40 ou 50 par minute. Les battements du cœur, violents et tumultueux, s'affaibUssent bientôt et sont très-fréquents ; le pouls faible, filiforme, disparait rapidement. La face est pâle ou cyanosée, couverte d'une sueur froide et visqueuse', les extrémités sont glacées.^Parfois on observe quelques mouvements convulsifs, et la malade succombe avec toute son intelligence ou dans une prostration profonde.

Dans quelques cas, un amendement passager se manifeste : les symptômes alarmants se calment pour reparaître une ou plusieurs fois après des intervalles variables ; enfin une dernière crise emporte la malade. Cependant on a \vt, dans un cas de Jacquemier, cité parCharcot, la guérison survenir.

Parfois, les symptômes que nous venons d'énumérer manquent, la malade pousse un cri, un peu d'écume monte aux lèvres, et la mort est instantanée.

Ce sont là des accidents terribles que nul ne peut prévoir, et contre lesquels la science est absolument impuissante.

Simpson cite deux faits de cette |nature. Dans l'un d'eux, cependant, on avait noté chez la malade un œdème de la cuisse gauche quelques jours avant l'accouchement, mais il n'en existait plus aucune trace au moment de la mort. Nul doute que cet œdème ne fût le point de départ du caillot dont la migration se fit huit jours après la délivrance. H'Clintock rapporte également deux observations semblables : les malades, a valent été prises d'hémor* rhagies graves tiu moment de la délivrance, elles succombèrent cinq jours après l'accouchement. Dans le travail de Morderet, on trouve des faits analogues, et, bien que l'autopsie n'ait pas été pratiquée, les symptômes permettent de croire qu'il s'agissait d'embolies survenues spontanément et en dehors d'inflammations veineuses.

Dans les cas que nous venons de citer, il est évident *que les caillots se sont développés à une époque plus ou moins éloignée du décès, car leur organisation était aussi avancée que dans le groupe que nous allons examiner. Le point important de la question, c'est la .manière sourde dont ils se sont produits, et qui ne permet pas de soupçonner leur existence.

Embolie résultant db phlébites — Les observations qui appartiennent aux embolies résultant d'une phlébite sont assez nombreuses pour qu'il soit

lOULlM ACC. 7S

inutile d'en citer. Virchow, Morderet, Dawson, Charcot, Simpson, elc^ et rapportent de nombreux exemples. Le praticien peut, sinon empêcher l'accident, au moins le noter comme possible, et mettre à couvât sa responsabilité vis-à-vis de la famille en lui indiquant la terminaison qu'on peut redouter.

Les symptômes mortels de cette forme de Tembolie sont exactement eem que nous venons d'indiquer plus haut ; seulement ici la cause est connoe, é ses conséquences doivent faire partie du pronostic. Nous ne reviendrons pas sur les altérations des veines qui constituent la plUegmatia, et sur lif^me et la constitution du caillot obturateur. Nous avons examiné ces points de b question en parlant de cette maladie. Il nous suffira d'ajouter que hporlios libre de ce caillot, dont l'extrémité est conoïde et flottante, pénètre parfois dans une collatérale ou dans l'iliaque. Cette portion se trouve en quelque sorte usée par le courant sanguin qui l'enveloppe ; elle subit un ramollissement favorable à sa rupture, et bientôt elle suit le cours du sang qui latraîne vers le cœur ; de là elle passe dans l'artère pulmonaire dont elle oblitère le calibre. Pendant les derniers monîents de la vie, le sang formel au ctiDot fibrineux, une dernière couche peu adhérente et dont la couleur indique l'époque récente de sa formation. Les coagulums de cette nature remplissari parfois les subdivisions de l'artère pulmonaire.

Les embolies sont, dans la plupart des cas, le résultat d'une jàlegmHk ùiba dolens; mais, parfois aussi, elles ont succédé à une phlébite utérine.

Les accidents qui résultent de l'embolie sont tellement au-dessus des ressources de l'art, qu'il serait puéril d'indiquer un traitement^ môme lorsque la mort ne se produit qu'après des attaques successives. II existe un obstade mécanique au cours du sang ; nous n'avons aucun moyen de modifier ce obstacle, et les excitants externes ou les alcalins à l'intérieur, qui ont été proposés, ne méritent aucune confiance.

L'indication pratique consiste à faire, garder à la malade atteinte defkUlr matia alba ou de phlébite, un repos aussi longtemps prolongé que possible. On peut espérer ainsi que la régression des caillots ou leur destruction moléculaire sera terminée quand la patiente conmoiencera à se lever; mais je ne me dissimule pas qu'on obtiendra difficilement une obéissance suffisante pour atteindre un pareil résultat. Il est douteux qu'une femme qui ne souffirc pis consente à garder le lit pendant im mois ou deux ; il faut avouer, du reste, que nous ne possédons pas de signe certain qui nous fasse connaître Tétat exact du caillot, et lorsque la veine oblitérée forme un cordon dur, nou^ ignorons si le caillot peut encore se déplacer.

Dans tous les cas, il faut recommander à la malade d'éviter les efforts et les mouvements violents pendant un certain temps après qu'elle a quitté ie lit. Je ferai, du reste, remarquer qu'on n'a pas noté d'accidents dus à l'efflbolie après le 50* jour qui suit l'accouchement ; c'est donc une limite ^ semble devoir écarter tout danger.

Il faut surtout que le praticien s'abstienne d'explorer avec persistance k trajet de la veine enflammée ; le contact des doigts pourrait contriboff ^ détacher une portion du caillot qui serait entraînée par la circulation.

INFLÂMMATIOJV DES SYMPHYSES. 1203

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