‹ Traité complet d'accouchements (volume 2)Chapitre 258 sur 277 · ERGOT UE SEIGLE · texte numérisé non relu

ERGOT UE SEIGLE

■istori^pae. — Cainerarius(1668) signala le premier, et sans leur accorder beaucoup de confiance, les propriétés tociques de Tergot de seigle, que les matrones de son temps employaient dans les accouchements. Un siècle plus tard, Parmentier, dans une communication à rAcadémîe des sciences, rapporta la lettre d'une dame Dupille qui administrait le seigle ergoté pour hâter l'accouchement, lorsque la présentation de Tenfant était favorable et le travail trop lent. Elle tenait ce remède de sa mère. Il est évident que Tergot de seigle, connu seulement des médecins comme un agent toxique déterminant la gangrène, était employé depuis un temps fort long et indéterminable par les matrones comme un moyen de hâter Taccouchement.

Desgranges, de Lyon (1777), Stearnes, de Washington (1807), etPrescott, introduisirent dans la pratique ce précieux agent, dont ils devaient également la connaissance aux confidences des sagesTfemmes.

Ce médicament, qui est Tagent le plus indispensable de la thérapeutique obstétricale, fut fort mal accueilli en France. Gardien, Desormeaux, Chausser, Lachapelle et Capuron s'en montrèrent les adversaires, et ce ne fut qu'après les travaux de Villeneuve et de Goupil, qu'il conquit son droit à la confiance. On s'est élevé avec raison contre les abus qui ont été faits de l'ergot de saglc en obstétrique ; mais tous les bons esprits s'accordent à reconnaître son importance et les services qu'il est appelé à rendre aux accoucheurs.

Histoire naiiireUe. — L'ergot est une altération du grain de seigle, produite par la présence d'un champignon parasite. Cette opinion a été adoptée, avec des nuances, par de CandoUe, Fries, etc. D'après Léveillé, on voit d'abord se développer, au sommet de l'ovaire, un suc mielleux, formant un corps mou, visqueux et difforme, au-dessous duquel l'ovaire non fécondé, altéré, apparaît comme un point noir et se développe d'une manière anormale en formant l'ergot. En sortant de l'épi, il pousse devant lui le champignon (sphacélie),qui bientôt se dessèche, tombe en poussière en laissant seulement sur l'organe son tubercule d'implantation. Fée pensait que le champignon se développait, à la base de la fleur de seigle, entre l'ovaire et son péricarpe, et qu'il enveloppait l'ergot d'un réseau filamenteux à mailles irrégulières. Guibourt, tout en admettant l'existence de la sphacélie sur l'ergot, professe qœ ce dernier n'offre rien de l'organisation primitive, ni de la nature chimique (lu gram, et qu'il présente au contraire les principes et la texture des champignons. L'ergot ne serait donc lui-même qu'un champignon. L'examen microscopique et l'analyse chimique ont conduit Robin à des conclusions analogues.

11 se montre surtout dans les années humides et pluvieuses ; et dans les pays à seigle, il se trouve mélangé en quantité considérable à la farine el

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