MENSTRUATION
eedie, turgescence des vaisseaux ; 3® Tutérus, hémorrhagie et desqua- Ide répithélium.
I spontanée. — Lorsqu'on examine les ovaires, non-seulement des s, mais de tous les êtres de la série animale qui en sont pourvus, I certaines époques passagères et périodiques, ces organes devenir le ) vitalité plus grande. La vésicule de Graafa subi un lente évolution, 15 et quelquefois 20 millim. de diamètre. Elle forme une saillie hèric de Torgane, et refoule le tissu ovarien sous-jacent. Vers le mo- ^ la ponte, la vésicule la plus mûre devient le siège d'une surexcitaprésente presque les caractères de Tinflammation. Au début, ses ent diaphanes, on y voyait à peine quelques capillaires; elle con- I fluide incolore albumineux. Sous Tinfluence de l'excitation elle dc-
ue, distendue par de ; sa surface s* en- ^^
e, les capillaires dent très-nombreux et nt une couleur fc intense; un épanche- Ide sérosité rougeâtre Nngsefait peu à peu ïu cavité. Le sang s'ad'abord en couche
^ dsiK la W»<rîrkn tlfn ^**f* ^- "" R«l*TOnE Dl U VtilCCLE DE GftAAF ET DiHISCKNCB bB
' ««» la m^iuii pro- ^,^^^ ^ Vésicule de Graaf. - 2, T» et 6. Granulations de
» d même, selon Pou- >» membrane granuleuse et du disque proligère. — 4, Vé-
U*- u'a a sicule. germination. — 5. Ovule.
envahit souvent
s la cavité de la vésicule sous la forme d'un caillot rouvre sombre; celte
>orrhagie provient des capillaires. Le moment de l'expulsion est arrivé;
Itissos adjacents sont très-vascularisés, le sommet de la vésicule s'amincit > ^liaseaux capillaires qui étaient si nombreux sur ce point s'atrophient - sparaissent. Bientôt les fibres de la couche ovigéne s'écartent, et il se Inné une petite ouverture qui s'agrandit lentement. Aussitôt qu'elle peutlipo* passage à l'ovule, il s^y engage avec les débris de la membrane granu- ■«se et s'échappe au dehors.
w forme d^ la déchirure varie peu, ordinairement c'est une simple fente ?"Jn'aque 5 ou 4 millim. Mais parfois elle en mesure 8 à 10. Pouchet en * ^« qui embrassaient toute la partie libre et dont les lèvres, excessivement *^rtées, laissaient voir entre elles la surface du caillot qui les divisait. ^ bords de la déchirure, examinés avec des instruments grossissants, sont "•également dilacérés comme on l'observe sur un tissu arraché. Voilà pour- ^«01 la disposition de l'ouverture offre tant de variétés.
rendant la formation du caillot dans la vésicule, le liquide qui 4'occupait ^^fouve résorbé ou mélangé avec le sang, de telle sorte que lorsque la rup-
•[e a lieu l'ovule sort seul, accompagné d'une quantité insignifiante de li- ^"'de, le caillot semi-solide reste dans la cavité qu'il a envahie. Lorsque l'ol^le est expulsé, un travail de résorption se fait dans la vésicule, et on observe
^^olulionducorpgjaiww!. Il n'existe pas d'ordre régulier pour la déhis-
i04 PHYSIOLOGIE.
de sa tâche et en remplir les pénibles devoirs? Non, car la nubilité n'est pas \enue, et c'est alors seulement que le développement complet des organes, des forces et de l'intelligence, lui permettra de suffir à la tâche^ Le Code civil autorise l'union matrimoniale lorsque la femme est âgée de quinze ans et l'homme de dix-huit ; mais la loi civile n'est pas d'accord avec la loi physiologique, et la race qui naîtrait d'unions aussi prématurées ne tarderait guère à dégénérer. On ne doit pas fixer une limite générale , comme on le fait, à la nubilité ; que cette limite soit 18, 20, ou 22 ans, de trop nombreuses exceptions échapperaient à ce niveau commun.
Lorsque je suis consulté sur l'opportunité d'un mariage pour des sujets trop jeunes, j'ai coutume de répondre aux parents : qu'ils ne doivent marier leur fille, c'est-à-dire l'exposer à devenir mère que lorsque depuis une année au moins sa taille aura cessé de s'accroître. C'est l'époque que je fixe pour la nubilité ; l'embonpoint poqrra ajouter au volume des organes, mais la nature n'ajoutera rien à leur développement.
HENSTBCATION
Définition. — La menstruation est une hémorrhagie utérine physiologique, coïncidant périodiquement avec la rupture des vésicules de Graaf.
Causes, et mécanisme. — L'histoire des causes de la menstruation est tout à fait moderne. 11 y a cinquante ans, on en était encore sur ce point de physiologie à la période d'hypothèses ; quelques-unes de ces hypothèses, il est vrai, se sont trouvées à peu près d'accord avec les faits, mais elles avaient été émises comme de simples conjectures et n'étaient pas le résultat de l'observation. Cependant Power, en 1821, isns son Essai sur V économie de la femme^ a nettement formulé la théorie actuelle de la menstruation, non pas comme on l'a dit, d'inspiration et sans preuves^ mais d'après l'observation de faits assez nombreux. Girwood, cinq ans plus tard, communiquait à Graef les ré.sultats de recherches semblables, et publiait en 1843, sans prétendre à la priorité, dans the Lantet^ des observations qui remontaient à 1852. Mais ces doctrines repoussées par R. Lee restèrent dans l'oubli, et ce n'est véritablement qu*à l'apparition du livre de Négrier, en 1840, Hecherdies sur les ovaires dans Vespèce humaine, et du Traité philosophique de médecine de Gendrin, qu'on entrevit clairement la relation qui existait entre la ponte ovarique et l'écoulement des règles. Pouchet, Bischoff et Raciborski ont attaché leur nom d'une manière durable à cette belle découverte. Rouget, en 1858, a ajoutée la question un élément nouveau et fort important, en publiant ses Rercherches sur les organes érectiles de la femme. Dans ce remarquable travail, il mit en lumière le fait anatomiqne qui relie d'une manière intime les deux actes phy* Biologiques dont on avait noté la connexité.
La cause de la menstruation comprend trois ordres de phénomènes qui se produisent simultanément et s'enchainent d'une manière intime pour concourir au même but.
Ces phénomènes ont pour siège : l*" l'ovaire, ponte spontanée; S'^l'appa-
MENSTRUATfON. 105
reil êrecdle, turgescence des vaisseaui ; 5"^ l'utérus, héniorrhagie et desquamation de répithéUum.
i* Ptmte spontanée. — Lorsqu'on examine les ovaires, non-seulement des maminifères, maïs de tous les êtres de la série animale qui en sont pourvus, on voit, à certaines époques passagères et périodiques, ces organes devenir le siège d'une vitalité plus grande. La vésicule de Graafa subiun lente évolution, et mesure 15 et quelquefois 20 millim.de diamètre. Elle forme une saillie à II périphérie de l'organe, et refoule le tissu ovarien sous-jacent. Vers le moment de la ponte, la vésicule la plus mûre devient le siège d'une surexcitation qui présente presque les caractères de l'inflammation. Au début, ses parois étaient diaphanes, on y voyait à peine quelques capillaires; elle contenait on fluide incolore albumineux. Sous Tinfluence de l'excitation elle devient opaque, distendue par son liqnide ; sa surface s' en- ^.^
Qamme, les capillaires deviennent très-nombreux et lui donnent une couleur rooge intense ; un épanchement de sérosité rougeâtre 00 de sang se fait peu à peu dans sa eavité. Le sang s'amasse d'abord en couche
mince dan«i la rAcrînn nrn- ^'^* ^- ~ Ro"""^ de la v.:iiccLE de Gnur et démiscbrce m
lumce aans la région pro- ^.^^^ ^ vésicule de Craaf. - 2, r. et 6. Granulations de
fonde, et même, selon Pou- l^ membrane granuleuse el du disque proligère. — i. Se-
.L^ ., , -^ . sicule, germination. — 5. Ovule.
«let, il envahit souvent
toute la cavité de la vésicule sous la forme d'un caillot rouue sombre; celte hemorrhagie provient des capillaires. Le moment de l'expulsion est arrivé ; les tissos adjacents sont très-vascularisés, le sommet de la vésicule s'amincit ^ les vaisseaux capillaires qui étaient si nombreux sur ce point s'atrophient ^ dbparaissent. Bientôt les fibres de la couche ovigénc s'écartent, et il se forme une petite ouverture qui s'agrandit lentement. Aussitôt qu'elle peutli- TTer passage à l'ovule, il s^y engage avec les débris de la membrane granuleuse et s'échappe au dehors.
La forme de la déchirure varie peu, ordinairement c'est une simple fente qui n'a que 5 ou 4 millim. Mais parfois elle en mesure 8 à 10. Pouchet en ^ vu qui embrassaient toute la partie libre et dont les lèvres, excessivement «cartées, laissaient voir entre elles la surface du caillot qui les divisait. I^bords de la déchirure, examinés avec des instruments grossissants, sont «également dilacérés comme on l'observe sur un tissu arraché. Voilà pour- <P>oi la disposition de l'ouverture offrje tant de variétés.
Pendant la formation du caillot dans la vésicule, le liquide qui 4'occupait s€ trouve résorbé ou mélangé avec le sang, de telle sorte que lorsque la ruptare a lieu l'ovule sort seul, accompagné d'une quantité insignifiante de lipide, le caillot semi-solide reste dans la cavité qu'il a envahie. Lorsque l'o- ^^le est expulsé, un travail de résorption se fait dans la vésicule, et on observe 1 évolution du corp^jattti^. Il n'existe pas d'ordre régulier pour la déhis-
cence de Tœuf sur chaque ovaire ; ces organes ne fonctionnent pas toujours alternativement, et on peut observer la maturation d*un œuf en même temps de chaque côté.
Les phénomènes dont l'exposition précède s'observent chez les femmes et les animaux unipares. Chez les femelles multipares les choses se passent de même manière ; seulement plusieurs vésicules au lieu d'une seule présentent en même temps les particularités signalées plus haut.
L'ensemble de ces phénomènes constitue Tovulation spontanée qui se produit chez la femme tous les mois, en dehors de toute excitation sexuelle. Ce fait est un des mieux établis de la physiologie de la femme ; tout concourt à démontrer la relation qui lie les corps jaunes à révolution de l'œuf, L'inspection 8es ovaires de la femme fournit la preuve que les vésicules de Graafse développent, non pas silmuUanément, mais successivement; on en trouve à tous les degrés d'évolution, depuis l'état rudimentaire, jusqu'à la période de maturation complète. La démonstration du phénomène ressort encore de l'inspection des cicatrices qui succèdent à la rupture de la vésicule de Graaf, et dont la période de réparation si variable correspond aux époques des ruptures antérieures.
Il est également hors de doute que ces phénomènes ont lieu en l'absence des rapprochements sexuels, puisqu'on observe les corps jaunes chez les vierges et chez les animaux qui n'ont jamais subi l'approche du mftle. Il est seulement admis que le coït peut hâter la chute de l'œuf, ou même produire des ovulations plus fréquentes.
Cette doctrine repose sur un ensemble de preuves imposantes, et elle est unanimement admise ; comme il est admis que l'ovulation s'acccmipagne de phénomènes hémorrhagiques utérins.
Nous allons examiner ce qui se passe dans les organes érectiles; nous y trouverons l'explication de la congestion et de l'hémorrhagie ovariqne qui précède la chute de l'œuf. Nous y trouverons également la cause et le mécanisme de l'hémorrhagie utérine qu'il nous restera à exposer ensuite.
2° Phénomènes qui se produisent dans les organes érectiles, — Je dois d'abord rappeler les dispositions des vaisseaux utéro-ôvariens. L'artère tubo-ovarienne, qui donne au col utérin des rameaux rares et pen flexueux, fournit au corps de l'organe, dans le voisinage des trompes, un grand nombre de bouquel^s d'artères roulées en spirale, et si pressées quelles couvrent presque complètement les angles et le fond de l'utérus. Le bord supérieur de l'artère fournit également au bord inférieur de l'ovaire une douzaine de branches qui naissent toutes à la suite les unes des autres ; ces branches s'enroulent, s'err- Fig. 37. - BocQiET AnTÉwEi chevêlrent et pénètrent dans le parenchyme de
ou PLEXUS (JTiniK. 1* • < 11 r A J • I
1 ovaire ou elles forment encore des spirales. Le système veineux est composé d'une énorme masse de canaux, larges et fréquemment anastomosés, qui se déchargent en bas dans les veines honteuses, au milieu dans les utérines, et à sa terminaison dans les veines ova-
M£KSTRCATIOf(.
n((ues. Ge plexus présente deux renflements principaux ; l'un, placé derrière larcade pubienne, se prolonge souvent entre le rectum et le vagin, qu'il entoure parfois complètement à sa partie inférieure, dans une hauteur de 3 à T) ctiàm. (bulbe du vagin). L'antre renflement, plus volumineux, couvre la partie eitra-vaginale du col, surtout en arrière. En dehors de ces masses veineuses il existe des formations èrectiles dans toute l'étendue du corps de
m;. 1S. — lïOCLES BITBIIISÈQUES IT VAlS<iEAOX DE l'aPPJIRKIL CÊMÉnATELR, d'api'és ROCGET (l'illérUS et Ip
^Kin sont tus par leur fiice postérieure). — Vaisteani. —I. Renflement semi-lunaire du plexus Tannai. ^ 5. Plexus cervieo-ulérin. — 3. Plexus utérin. — 4. Artères hélicines du corps de l'utérui».
- ^ Artères hélicines du hile de l'ovaire. — Faisceaux muêculairei. — 6. Inseilion des faisceaux ■o^iaires da vagin au pubis. > 7. Faisceau de la même tunique provenant de la symphyse sa- ^To-Uiaqae, — 8. Faisceaux musculaires de l'ulérus, qui accompagnent les précédents et qui con- »>>tvnten grande partie le Teuillét postérieur des ligaments larges. ~ 9. Ligament recto-utérin.
- W. Ligament rond pubien, s'étalant sur toute la surface antérieure de l'utérus. — 11. Ligament 'i*- l'oraire. — 12. — Ligament rond, supérieur ou lombaire, qui accompagne et enveloppe les vais- *»w spermatiques. — 13. — Faisceaux musculaires provenant du ligament de l'ovaire et s'entre- ^r^isanlaYec les suivants. — U. ~ Faisceaux provenant de l'ovaire. —15. Ligament tubo-ovarien. t»i Faisceaux amenés directement du ligament rond supérieur.
I ulénis et sous l'ovaire au niveau du hile. Le corps érectile de rutùrus pré- '^nïe, comme un moule intérieur, la forme exacte du fond et du corps de '^fgane, mais il cesse brusquement au niveau de rorifice supérieur du col, <>û les masses veineuses semblent le continuer, ^appareil érectile de Tutérus «^t complété par des veines enroulées formant souvent des spirales régu- ''éres. On y voit aussi de larges sinus anastomosés dont laspect rappelle ce- W des corps caverneux. Les dernières divisions des artères utérines ne com- «iuniquent avec les sinus que par l'intermédiaire de vaisseaux très-fins. Les
i08 PHYSrOLOGIE.
formations érectiles de 1 utérus communiquent largement avec les plexus veineux qui longent les bords de l'organe et le plexus ovarique. Le corps érectile de l'ovaire est allongé et aplati, sa longueur dépasse celle de l'ovaire, sa hauteur est d'un centimètre environ, sur une largeur égale. Il est formé par d'innombrables veines tortueuses, qui communiquent avec le plexus ovarique.
Lorsqu'on examine l'utérus normal sur le cadavre, il est dans un état de mollesse et d'affaissement qui le fait obéir à toutes les directions qu'on lui imprime. Si l'on injecte les corps spongieux de l'utérus et de l'ovaire de manière à en remplir complètement les mailles, le corps de l'utérus se redresse dans l'axe du col, il entre dans un véritable état d'érection, qui 'persiste aussi longtemps que l'injection le gonfle. Il se modifie dans sa forme, devient plus convexe en avant et en arrière. Son volume augmente au moins de moitié et les parois de sa cavité s'écartent. L'ovaire offre des phénomènes analogues, quoique moins prononcés. Il est soulevé par la tension des plexus veineux, et le corps érectile sur lequel il repose se gonfle comme l'utérus.
La trompe, qui ne présente pas de plexus vasculaires, ne subit aucune modification de forme et de volume, sous l'influence de l'injection.
Pour compléter sur le vivant le mécanisme de l'érection, il faut ajouter aux vaisseaux un appareil qui retienne temporairement le sang dans leur cavité : des faisceaux musculaires qui obstruent en partie leur calibre sur un point.
Dans l'utérus cet élément a été surtout mis en évidence par les remiarquablés recherches d'Hélie, de Nantes, qui a décrit le premier la couche moyenne du muscle utérin, et l'a montrée constituée par une série de fibres disposées en anneaux, pouvant étreindre les vaisseaux de l'organe en leur formant une gaine contractile.
Si nous jetons un coup d'œil rétrospectif sur l'anatomie de l'ovaire (p. 83) , nous allons également retrouver dans les ligaments larges un appareil analogue. On a décrit l'utérus comme un organe parfaitement limité dans ses éléments anatomiques et situé au milieu de tissus qui n'offrent pas de trace de sa structure. Cette description n'est nullement exacte, et il faut singulièrement étendre les limites qui ont été assignées à l'élément musculaire de cet organe.
L'utérus, l'ovaire et la trompe sont compris dans l'épaisseur d'une large membrane musculaire, qui double les ligaments péritonéaux. La partie moyenne de cette membrane n'est que la couche externe de l'enveloppe musculaire de l'utérus. Les faisceaux traversent la ligne médiane à la surface de l'organe en continuant leur route primitive et se pénètrent réciproquement. Dans leur marche oblique, les faisceaux ascendants sont en continuité avec les descendants du côté opposé.
Les fibres provenant du ligament rond s'étalent sur toute la hauteur de Tutérus, et s'entre-croisent avec celles du côté opposé. Les faisceaux du ligament de l'ovaire proviennent surtout de la face postérieure de l'utérus. Ils occupent toute la membrane qui enveloppe l'ovaire ; cependant ils sont beaucoup plus nombreux sur le cordon qui unit l'ovaire à l'utérus, et sont très-apparents sur le petit ligament qui relie le pavillon de la trompe à