OVULE
Nous avons examiné, en décrivant la vésicule de Graaf, le milieu dans lequel se développent l'ovule et les accessoires qui sont indispensables à sou mltttion. Au moment où il abandonne la vésicule, il est entouré par les granulations du disque proligére. Une fois qu'il a quitté l'ovaire, il dcvieni
Fig. ii. — RopToaE DK u vé^iciLE DE Ghaaf et dêui^cexcc pk L*(Bor. — 1. Vésicule dé Graaf.— % Set 6. Granulationi de la membrane granuleuse el du disque prûligi*»re. — 4, Vésicule, germination. — 5. Ovule.
148 OVOLOGlf: CT embkvoi/nsié.
libre de tout lien, et pendant une certaine période, que nous étudierons plus
tard, il changera de lieu, subira de véritables translormations, et, molécule inerte, il suivra cependant sa route sous Timpulsion mystérieuse de la nature, aussi sûrement que l'être qui se meut et raisonne.
Examinons Tovule au moment où il brise son enveloppe et avant qu'il n'ait subi des modifications.
La découverte de Graal resta stérile pendant une longue suite d'années. Un siècle après lui, Cmishanks aperçut les ovules dans la trompe d'une chienne ; mais il ne sut pas interpréter ce fait important et en tira des conclusions erronées. Prévost et Dumas, en 1825, virent sur l'ovule de la chienne l'oeuf dans la vésicule ; enûo, deux ans après, Baer mit un terme aux incertitudes de la science, et, par ses remarquables travaux, érigea en doctrine ce qui avait été entrevu à Fétatde faits isolés.
Cependant la découverte de Baer, (|iii s'est trouvée être une vérité, avait d'abord pris sous sa plume la forme d'une erreur. Ignorant l'existence de U vésicule germinative chez l'homme, il voulait trouver dans l'œuf humain une analogie complète avec celui des oiseaux. U considérait donc la vésicule de Graaf comme partie intégrante de l'œuf et l'ovule comme un élément identique à la vèsidule germinative que Purkinge avait découvert chez les oiseaux.
Coste, en démontrant chez les mammifères l'existence de la vésicule germinative, rendit aux faits leur véritable signification et compléta la découverte de Baer.
L'œuf humain est un petit corps sphêrique, parfois oblong, de couleur jaunâtre, présentant un diamètre de 0,1 à 0,2 dans l'état de maturité. Il occupe dans le follicule le point le plus voisin de la périphérie de l'ovaire. Coste expose ainsi sa genèse : Un globule moléculaire nait du stroma de l'ovaire et occupe une des loges de cet organe. D'abord plein et homogène , il se creuse bientôt et se transforme en vésicule transparente ; aussitôt un globule apparaît dans cette cavité et la remplit complètement; mais, progressivement, une matière granuleuse s'interpose entre la vésicule et le globule nouvellement formé et les isole ; ce dernier n'occupe bientôt plus qu'une place très-restreinte dans la vésicule distendue. Les découvertes récentes sur vigène de l'ovaire prouvent que la théorie de Coste doit être modi-
Fig. 43. — Œcr noMân. — 1. Moiubrane viteUine. — 2. Vitellus. — r». Vésicule germinative. — 4. Tache geiminalivc
fiée au BMMiis à propos da lieu où se développe Tovule. Sur le globule, on voit parfois une ou plusieurs macules.
Tébiant les éléments primitifs de l'œuf; ils se dessinent peu à peu et, sans se modifier, deviennent plus apparents à l'époque de la maturation. Alors l'flnif se compose d*une enveloppe : membrane vUelline, qui contient une sobstance granuleuse : viteUus ; dans le vitellus se trouve la vésicule ^ermimtm, sur laquelle on aperçoit parfois quelques corpuscules aggloméfô : tttAes germinativeê.
U membrane triteUine forme Tenveloppe extérieure de Tœuf ; elle est livalme, amorphe, transparente, étatique et fort résistante. Sa transparence est telle, qu'au microscope on aperçoit comme un double anneau les lignes qai limitent ses surfaces interne et externe. L'épaisseur de sa paroi est de 0,009 40,010. La résistance qu'elle oppose à la compression ne permet pas d'admettre qu'elle est constituée par une simple couche d'albumine.
La membrane vitelline est une vésicule close sans texture et sans vaisseaux, qui sert d'enveloppe protectrice à Toraf avec lequel elle n'a aucun lien de coDtîmiilé» et cependant cet organisme si élémentaire, si dépourvu des attribots de la vitalité, devient le siège de modifications qui annoncent une puissance vitale assez énergique : lisse et polie au moment de la rupture de la véâcale de Graaf, à son arrivée dans l'utérus elle se hérisse d'appendices TÎlloii qui servent à fixer l'œuf dans la cavité utérine, et probablement à le nourrir dans les premiers jours de son développement.
htvitdluM ou jaune est constitué par de très-fines granulations unies ensemble au moyen d'un liquide visqueux qui donne à la masse une certaine ^^ohérence. Lorsque l'eau pénétre par endosmose la membrane vitelline, son eontena subit un mouvement de retrait qui laisse un espace entre le vitellus €t son enveloppe. Cette particularité avait bit croire à tort qu'il existait une membrane plus interne appliquée immédiatement sur le jaune. Le vitellus n'est nullement identique au jaune de l'œuf des oiseaux, ni dans sa composition histologique, ni dans son usage. Le jaune des oiseaux est formé de Tésicules à noyaux et de grandes vésicules granuleuses qu'on ne rencontre jamais dans le vitellus de l'œuf humain. De plus, il n'est chez l'oiseau qu'un amas de madère nutritive destinée à alimenter le futur embryon, tandis que chez les mammifères il est un élément essentiellement germinateur ; la nutrition s'opère chez ce dernier au moyen de la circulation utéro-placentaire. Dans l'œuf des oiseaux, la partie véritablement analogue au vitellus des mammifères n'est pas le jaune, mais bien la cicatricule.
la vêsteule germinative transparente, incolore, très-fragile et parfaitement ^bèroîde, est située d'abord au milieu du vitellus ; mais, à mesure que l'œuf marche vers la maturité, elle se rapproche de sa périphérie. Son diamètre <*sl de 0,035 à 0,040. Elle contient un liquide limpide et albumineux. Elle sait de très-bonne heure. On la retrouve dans les œufs les plus petits qu'on ait observés, et son volume est alors assez considérable pour occuper la plus grande partie de la cavité. Plus tard elle ne suit pas le développement ultérieur de l'œuf f et augmente de volume dans des proportions beaucoup moindres. I^a vésicule germinative, découverte par Purkinge chez les oiseaux.
150 OVOLOGIE ET EMBRT0I.06IE.-
a été observée perur la première fois dans l'espèce humaine par Coste, en 1855. Le nom qu'elle porte ne doit point faire préjuger du rôle qu'elle joue dans la fécondation, ni de son importance, car elle s'efface aus»tôl que l'œuf a quitté l'ovaire ; elle semble donc en être un élément transitoire qui dis> parait à la maturité.
La tache germinaiive^ découverte par R. Wagner en 1836, forme sur h paroi de la vésicule que nous venons de décrire un noyau large de C007. R. Wagner lui attribuait une importance extrême dans la génération; il en faisait l'élément essentiel de l'cBuf. Cette manière de voir est loin d'être acceptée, et, malgré les hypothèses émises sur ce point par Bary, Vogt, Bischoff, etc., Coste et Courty refusent toute importance à la tache gerinina* tive, non-seulement parce qu'elle disparaît en même temps que la vésicule germinative, mais encore parce qu'elle présente dans les espèces des diftércnces telles qu'on ne saurait l'admettre comme un élément fondamental. Unique chez l'homme, elle manque chez un certain nombre d'oiseaux et de poissons, et semble multiple au contraire chez d'autres animaux d'ordrestrés-difTèrents. La tache germinative parait être simplement un élément transitoire de l'œuf qui se lie d'une manière inconnue à son dèveloppemenl.
Bonnet avait imaginé un singulier système pour expliquer la genèse di^ l'œuf. 11 prétendait que l'ovaire de la première femme contenait, emboités les uns dans les autres, dans un seul de ses œufs, les œufs de toutes les gêm''' rations qui doivent se succéder sur la terre jusqu'à la destruction de notre planète. Ce qu'il y a de plus étrange, c'est qu'une pareille niaiserie ait joui d'une rcrtaino importance et ait été acceptée par des hommes de la Pilleur de Spallanzani, Valhsneri et Haller.