UNION DES DEUX GERMES
Le contact matériel du sperme et de l'ovule, animés de leur vitalité, est la condition essentielle de la fécondation, et la fusion intime de ces im éléments est seule capable de donner naissance au nouvel être. Nous avons ^^i que le coït n'est pas indispensable et que le spasme erotique de la femme ne joue absolument aucun rôle dans la fécondation ; mais, si un obstacle quelcoih que empêche le contact des deux germes, la conception est impossible.
Les anciens, dans leur ignorance de cette nécessité, avaient expliqué Tin^prégnation au moyen d'hypothèses. Harvey ne croyait pas a la pénétration dw sperme dans l'utérus et pensait qu'il exerce son influence sur cet ofganc pai une espèce d'action magnétique. Fabrice de Hilden croyait à quelque chose de semblable qu'il appelait aura seminalis; Gardien, parmi les accouclicun^ français, fut le dernier défenseur de cette doctrine. Enfin Chaussier admettait que le sperme absorbé par le vagin arrivait ù l'ovaire par le torrent de la circulation.
Ces hypothèses étaient, jusqu'à un certain point, pardonnables à des hommes t|ni n'avaient jamais pu constater la présence du sperme ni dans ruténis» ni dans les trompes, et qui, de plus, avaient noté des cas de grossesse chcî ^ t l'hymen, complètement intact, prouvait qu'elles n'avaient
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jamais sibî le coit. Hais ces faite, rares du reste, ne pouvaient atténuer en hea les oiisenratioiis des nombreux auteurs qui, depuis Leuwenhoeck, avaient constaté la présence du sperme dans Tutérus, les trompes et jusque sur Tovaire.
Les belles expériences de Spallanzani, en i787, auraient 4û cependant iospàer anx modernes des idées plus vraies et éclairer un peu leur ignorance des (èénoménes intimes de la fécondation ; mais, au milieu du conflit des disossions, elles ont été oubliées, et l'on doit à Prévost et Damas, qui lesoflt reprises en 18S4, d'avoir établi expérimentalement l'impossibilité de I BDpr^natîoa à distance. Ces observateurs ont placé des ceufs et du sperme et grenouilles dans des verres de montre plate et superposés de manière à ne laisser entre les deux élémente qu'une distance aussi faible que possible ; jamais dans ces conditions, malgré l'évaporation sensible du liquide, la fécondation n'a été obtenue. Ces mêmes œufs, au contraire, touchés par de faibles, qoantités de sperme, ont donné naissance à des êtres vivante.
Hajton, en i797, avait également démontré la nécessité d'un contact ma*lèriel, en liaol chez une lapine la trompe d'un seul cêté ; la copulation ne déiennina l'imprégnation que sur l'ovaire dont la trompe était libre; de Kaotre côté, les œub restèrent stériles. Nunck, Grasemeyer, Blundel et Hausseman virent le même résultat se produire à la suite d'expériences analogues..
ktian du sperme sur VoBuf. — Nous avons vu que le liquide spermatique éiail composé d'élèmente assez complexes dont il n'était pas facile de détermber le rôle spécial. Aussi deux opinions qui ont encorel'une et l'autre aujourd'faai des partisans ont été émises sur ce sujet. Spallanzani, Vallisneri, Bory, Saint-Vincent. Valentin, BischofT, etc., n'accordaient auxspermatozoaires qu'on rMe très-secondaire ; pour eux, c'était le liquide testiculajre qui agissait dans la fécondation, abstraction faite des difTérente fluides qui s'y Déient dans le parcours des organes génitaux. Leuwenhoeck, Prévost et Damas, Barry, Coste, Courty, Gerbe, Longet, etc., considèrent seulement ce liquide comme une menstrue destinée à faciliter les àiouvements des spermatoaoaires, élément essentiel.
Spallanzani crut avoir obtenu la fécondati<m au moyen du sperme privé d'ammalcoles. On sait qu'il en existe dans une seule goutte un nombre prodigieux; il est donc difficile d'admettre que, même dans un état de dilution edréme, la liqueur fécondante n'en contenait pas quelques-uns qui ont échappé à son attention. Prévost et Dumas en opérant avec plus de précision, sont arrivés à un résultat tout à fait opposé. Us ont filtré, dans cinq filtres emboîtés, le liquide séminal, et le produit obtenu mis en contact avec les œa& les a laissés stériles, tandis qu'au contraire la fécondation a été déterminée au moyen du produit resté sur les filtres, fait déjà constaté par Spallanxani, qui n'en a pas assez apprécié ia portée. Les mêmes observateurs ont cherché la confirmation de ce résultat dans d'autres expériences moins conduanles ; ils ont tué lesspermatozoairesau moyen d'une décharge électrique ; par la dessiccation ; ils ont employé le sperme trente-six heures après son émission, mais ils s'étaient placés dans des conditions trop anormales pour qne les résnltate négatif qu'ils ont obtenus aient une grande importance