‹ Traité complet d'accouchements (volume 2)Chapitre 38 sur 277 · VOL06IE ET EMBRYOLOGIE · texte numérisé non relu

VOL06IE ET EMBRYOLOGIE

saillies par un cheval, donne naissance à des chevaux qui accusaient daii$ leurs formes quelques signes d'hybridilè.

Simpson, d'Edimbourg, a note qu'une femme blanche, accouchée d'an nmlâtre, à la suite d'une cohabitation avec un nègre, donna plus tard naissance à une fille qui portait des traces évidentes de sang noir, bien que $on père appartint à la race blanche.

Faut-il conclure de ces faits que l'imprégnation a lieu dans l'ovaire et qu'elle peut avoir lieu en quelque sorte par anticipation? Je ne le crois pas. Les faits relatifs aux mammifères ne sont point assez nombreux, ni asseï concluants, pour qu'on en puisse tirer une semblable conclusion. Et si le doute n'est plus permis pour quelques oiseaux ou crustacés, on doit en ce qui concerne les mammifères attendre des éléments de certitude plus évidents avant d'admettre l'imprégnation intra-ovarienne. Je crois qu'il serait peut-être imprudent de formuler sur ce point de U génération des lois trop générales, l'induction pouvant conduire à l'erreur, tant sont grandes les différences qu'on observe sur le mode dont la fécondation s'opère dans les difrèrente5 classes du règne animal.

En résumé, nous acceptons la théorie qui admet la fécondation sur l'ovaire et dans la première portion de la trompe.

Cause de la progresswn des spermatoxoaires. — Nous nous trouvons encore ici en face d'hypothèses et d'opinions opposées; mais les difficultés qui entravent la solution de cette question sont en quelque sorte artificielles. Lesspermatozoaires jouissent d'une grande motilité et d'une faculté de progression qui n'est pas niable, puisqu'on est d'accord pour reconnaître qu'ils peuvent parcourir un espace d'un centimètre en quatre minutes; mais quelques auteurs leur ont refusé l'animalité, c'est-à-dire la volition, l'instinct directeur; ils les ont considérés comme de simples corpuscules subissant l'impulsion du milieu où ils se trouvent. 11 a donc fallu inventer pour ce milieu une force d'impulsion qu'on refuse aux animalcules.

Muller a invoqué, pour expliquer la progression du sperme, l'action des aïls vibratiles de la muqueuse de l'utérus et des trompes. Cette cause ne peut être admise, par cette raison que l'ondulation de ces éléments anatomiques a lieu dans un sens opposé à la progression ascendante; elle se fait toujours de dedans en dehors, c'est-à-dire dans le sens de l'expulsion, ce qui constitue un obstacle au Ueu d'une condition favorable.

Pouchet, acceptant sur ce point la doctrine des anciens adoptée par Bischotr, croit à un spasme convulsif de la matrice; pendant le coit l'organe expulserait les mucosités qu'il contient, et par un mouvement d'aspiration consécutif il absorberait le fluide séminal déposé dans le vagin. Je crois que cette opinion n'est pas soutenable par les raisons suivantes : l^parce qu'on n'a jamais démontré sur l'utérus à l'état de vacuité ces contractions brusques qui ne trouvent point leur explication dans la constitution musculaire de l'organe à cette époque ; S"* si le spasme aspirateur existait, ce ne serait pas au bout de douze à quinze heures qu'on trouverait le sperme dans les trompes et et sur l'ovaire, mais au bout de quelques minutes ; 3® il arrive très-souvent ne le spasme erotique fait absolument défaut chez les femmes pendant un

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cuit fécondant; 4* Cosie a démontré que le liquide q>ennatique n*est point, comme les anciens le croyaient, lancé dans FuténiSy mais qu'il est sim* planent déposé dans le ^agin et qu'il s'écoule de vingt à trente minutes tfint que les spermatozoaires s'engagent dans l'orifice externe du col ; 5" enfin nous avons signalé des cas où le liquide spermatique simplement déposé à l'orifice vnivaire suivait cependant la route tracée par la nature et arrÎTal sar Tovaire pour opérer la fécondation. Il est certain qu'on ne saurait croire au spasme utérin dans de semblables circonstances.

Coele admet l'ascension du sperme sous l'influence de la capillarité. Il ^tNnptfe les deux surfaces de l'utérus en contact, à deux lames de verre ou é des tubes capillaires.

U me parait impossible de trouver une analogie sérieuse entre les parois «rétantes de l'otérus et des surfaces capillaires inertes. Ce serait méconnaître les propriétés de la matière vivante et active. La muqueuse utérine est munie d'un épithéUum vibratile constamment en mouvement et représentant une force qui imprime une direction aux corps mobiles en contact avec elle, et nous "'.TOK que cette direction est de dedans en dehors et non pas ascendante. Il est bien certain que l'action des cils vibratiles, qui est parfaitement démontrée, suffirait largement pour détruire l'effet de la capillarité, en supposant fi'ette existât. J'invoquerai une autre preuve pour combattre les théories de Ctfisle. Si la rapilkorité joue un rôle dans l'ascension du sperme, il est évident ({u'on n'en saurait limiter l'action à cette seule circonstance, car c'est une force dont l'activité est incessante. On la verrait donc se produire sur le lancDstecrété par le vagin, sur Teau des injections, le sang des règles, les lodM de Taccouchement. Ces liquides, au lieu d'être expulsés par la vulve, Mraent au contraire dirigés en haut et aspirés par les trompes, qui sont de têriiables tobes capillaires, et versés enfin dans le péritoine. Je n'ai pas bt^oîo de dire qu'on n'observe rien de semblable, même après l'accouchement, époque où l'absence de l'épithétium vibratile de l'utérus constituerait unedroonstance favorable à l'action de cette capillarité.

Je crois donc pouvoir conclure que la capillarité ne joue aucun rôle dans U oâgration du sperme. Je pense que sa véritable et unique cause tient au moarement des spermatozoaires ; et on se demande en vain dans quel but la nature les aurait doués d'une motilitè aussi active, si elle ne devait pas leur "^mir à la progression, à lutter contre les obstacles semés sur leur route et contre les changements dans les milieux qu'ils doivent traverser; car les fonditions de surbœ ne sont pas les mêmes dans le vagin, l'utérus, les trompes et sur l'ovaire.

S Ton examine ce qui se produit pour le germe femelle, qui n'a pas de inoorements propres, on constate qu'il doit sa progression à une action ménmqoe dont les agents, placés en dehors de lui, sont bien plus faciles à dftenniner. L'œuf est saisi par la trompe, qui l'embrasse complètement. On •'omprend les contractions de ce canal mince et flexible, pourvu d'éléments mincalaires plus parfaits que ceux de Tutérus à l'état de vacuité, et qui trouvant encore un auxiliaire dans les ondulations des cils vibratiles. L'ovule, fl»n5sa progression, ne change pas de milieu, et la force motrice cesse d'agir

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a« moment où il arrive à sa destination, c'est-à-dire dans la cavité utérine. Pour le sperniatozQaire, on n'observe rien de semblable ; il doit trouver dans sa motilité les éléments de progression pour parcourir les difTérente milieux qu*il traverse, et dans son instinct la direction qu'il doit suivre pour arriver à l'ovaire, dont il est parfois séparé par une distance de prés de 25 centimètres vlorsqu'il est déposé prés de la vulve.

J'ajouterai que pour les animaux à fécondation extérieure on ne peul invoquer une autre cause que l'instinct directeur qui les pousse vers l'œuf auquel ils doivent doimer la vie; car au moment de lem* émisHion ces dem germes sont séparés^ dans le milieu liquide où ils sont déposés, par un intervalle parfois relativement assez considérable.

Xfrës la copulation, le spermatozoaire séjourne dans le vagin, pub, au bout de vingt à trente minutes, il s'engage dans la cavité utérine et dans les trompes ; ce voyage s'accomplit dans l'espace de huit à douze heures. Arrivé à l'extrémité libre de la trompe, il parvient sur l'ovaire] au moyen de Iji frange qui unit le pavillon à cet organe. Nous verrons plus tard que si la migration du sperme se fait au moment de la déhiscence de l'œuf, le contact des spermatozoaires avec l'ovaire est facile, car il est embrassé à ce moment par le pavillon de la trompe. Aussitôt que les animalcules touchent l'œuf, ils l'entourent et le suivent dans sa migration; chez les animaux, où il s'enveloppe d'une couche d'albumine, on les voit s'agiter entre l'ovule et cette couche, puis subir la dissolution que nous avons signalée plus haut.

Époque de la fécandatiofi. — La vitalité persistante des animalcules permet de comprendre qu'un coït pratiqué en dehors des périodes menstruelles de la femme devienne fécondant à cette époque ; il se peut faire que le germe du mâle déposé, dans l'organisme de la femelle un certain temps avant la déhiscence de l'œuf, se joigne à lui au moment où il quitte l'ovaire. Il est plus difficile, si on admet la rapide décomposition de l'œuf après son expulsion de la vésicule, d'expliquer les fécondations qui ont lieu plusieurs jours aprè> cette déhiscence. Faut-il admettre avec Coste la fécondation intra-ovarienne, hypothèse que je n'ose accepter, ou. une autre explication qu'il a donnée des fécondations inter-menstruelles?

« Le rut, dit cet auteur, est le signe de la déhiscence ; chez la femme la cohabitation permanente peut ramener plus souvent la phlogose amoureuse et la chute de l'œuf qui en est la conséquence, c'est-à-dire des omdatùmssuppU' mentaires se produisant dans les époques inter-menstruelles. La déhiscence de l'œuf détermine une hémorrhagie; mai^ , ajoute-t-i), on ne doit pas oubli«^i qu'ici la cause même qui contribue à provoquer la chute de l'œuf est aussi celle qui le féconde, et qu'en le fécondant elle fait avorter l'hémorrhagit* avant même qu'elle ait eu le temps de se manifester. »

Je crois que cette opinion de Coste n'est pas admissible, en voici la raison r Chez beaucoup de femmes, l'orgasme vénérien reçoit des satisfactions journalières; or si l'excitation génitale déterminait l'ovulation avec ses cons4^ quences, il faudrait de toute nécessité, pour expliquer l'absence d'hémorrhagie, que la femme fût presque constamment en état de gestation; une grossesse succéderait à l'autre, à de faiblQ9 intervalles. Ou si elle échappait à a'tt<*

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sitoitioii, elle subîrail inévitablemenl des menstruations à chaque instant répéttoetqoi seraient la conséquence de la chute d'un ceuf non fécondé, ce qui est manifestenient en désaccord arec Tobservation.

L'èpoqne la plus favorable à rimprégnatkm est celle des règles, ou au moimln quelques jours qui les précèdent et les suivent. Ce fait a frappé même les médecins de la période antique. Mais il n'est pas moins vrai qu'on a sonvent observé aussi la fécondation pendant tous les jours intermédiaires à eette période. D est peu d'accoucheurs qui conservent des douteis sur ce* poiiit, et les statistiques de la Clinique peuvent en fournir la preuve basée sur une large échelle.

li&ot avouer que dans i' état actuel de la science il est difficile d' explique^* œ phénomène, à nmins d'admettre la fécondation intra-ovarienne, ou bien qae l'eeaf chez la femme conserve sa vitalité plus longtemps que celui des autres mammifères.

les anciens croyaient que la fécondation s'opérait instantanément et au BMNient du coït ; ce que nous venons de dire nous dispense de réfuter eette erfev. Les deux actes sont séparés au moùu par le temps que les animalcules nvltent à accomplir leur migration à travers l'utérus et les trompes. Le €01 fécondant ne se révèle par aucun phénomène spécial, la femme n'a pas (XÊsàeate de l'imprégnation et le^ assertions qu'elle formule sur ce point M des prédictions après l'événement, auxquelles il ne faut attacher aucaoe importance. Cependant il en est de tellement fécondes, que lorsqu'elles i#(nt les précautions qui les met à l'abri d'une grossesse elles peuvent JBsqolan certain point annoncer l'imprégnation: cette prévision est le résul- Ut, DM pas d'une sensation spéciale, mais uniquement de leiir expérience.

Depuis l'antiquité on a fait de stériles efforts pour découvrir la loi mysté- 'icve qui préside à la procréation des sexes. Hippocrate pensait que chacun t'es testicules était destiné è un sexe spécial ; que celui du cAté droit fomiail ks miles et qu'il fallait le lier avant le coit pour obtenir des filles. Les travaux <le Godard ont confirmé ce qu'on savait depuis longtemps : c'est que des moiVMrchides ont donné naissance à des filles et à des garçons. Hiilot, à la fin dn dernier siècle, a attribué cette influence aux ovaires ; le droit fournirait te oeufs mâles, et la femme qui veut des filles devrait pour concevoir se coucher sor le côté gauche pendantlacopulation.Cette hypothèse n'est pas mieux Wèe que la précédente, et les preuves sur lesquelles il prétend l'appuyer n'ont aucune valeur. Les femmes qui accidentellement ou de naissance ont ^^ privées d'un ovaire ont eu des enfants de l'un et l'autre sexe. Girou de Bu- ^^i^singuesa prétendu que la vigueur de l'un des parents déterminait le plus ^>ent le sexe de l'enfant, et qu'un père vigoureux procrée surtout des mâles. •^oos exposerons les idées de cet auteur au paragraphe consacré à l'étude de ^^ proporliofi des sexeê dam les naissances.

STÉBILITÉ

I^ Stérilité est l'inaptitude â la fécondation, état fort distinct de Timpuis- ^ce qui est caractérisée par l'impossibilité d'accomplir la copulation. Chfiz

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